Motocyclisme: Moto2: toujours plus vite

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MotocyclismeMoto2: toujours plus vite

L'Italien Nicoló Bulega a écrit une page d'histoire vendredi au Mugello: sa Kalex a roulé à 300,6 km/h. C'est la première fois qu'une moto de la catégorie intermédiaire passe ce cap.

par
Jean-Claude Schertenleib
Mugello

«Et ce n'est pas fini», assure Tom Lüthi, très solide tout au long de la journée et finalement crédité du deuxième chrono, à 8 millièmes de l'équipier de Bulega, Luca Marini, le demi-frère de Valentino Rossi. «Pour cette première au Mugello avec les moteurs Triumph 765 cc qui propulsent désormais nos machines, j'ai été surpris des vitesses maximales atteintes. Et je vois bien ce record ne tenir qu'un ou deux jours, parce qu'aujourd'hui, nous avons rencontré un vent contraire sur la ligne droite et qu'en course, avec les aspirations, on devrait logiquement battre cette marque», explique Lüthi. Corollaire de cette augmentation de la vitesse absolue: le fameux piège de la fin de la ligne droite – une bosse au moment où les pilotes freinent pour se lancer dans le virage No 1 –, qui a déjà causé de sérieux soucis à des pilotes MotoGP (on avait eu très peur pour Michele Pirro, il y a douze mois), concerne désormais aussi les as du Moto2: «A cet endroit, la moto peut soudainement se mettre à louvoyer», ajoute Tom.

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UNE EXCELLENTE BASE

Tom Lüthi et son équipe avaient quitté le Mans avec des mines mitigées parce que, de tout le week-end sarthois, ils n'avaient pas obtenu la balance parfaite. Suivirent deux jours de tests en Catalogne: «Et si, là également, nous n'avons pas trouvé la solution miracle en vue du GP de Catalunya, les idées nouvelles, les choses essayées, bref, le travail effectué nous a permis d'entamer ce week-end italien sur une base bien plus élevée qu'en France. On sait généralement que le retard encaissé le premier jour ne se rattrape que difficilement; or, sur le Mugello, peut-être le circuit le plus fabuleux du monde, notre niveau est déjà très élevé. La vitesse pure est là, mon rythme est solide, j'arrive à aligner les très bons chronos avec des pneus usés, c'est une base excellente. Mais attention, il y a encore à faire», prévient Lüthi. Qui sait que, chez eux, les Italiens seront très, très gourmands.

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PANNE SÈCHE? OUI... ET NON!

C'est la dernière fois qu'on en parle: Milena Körner, la manager du team MV-Agusta Idealavoro Forward de Dominique Aegerter, a donné des précisions sur les soucis rencontrés par le pilote de Rohrbach dans le dernier tour du GP de France: «L'intérieur du réservoir est fait de plusieurs compartiments. Au Mans, une pièce s'est cassée dans celui de Dominique, provoquant la panne. Nous avions mis les mêmes quantités de carburant dans nos deux motos; dans celle de Stefano Manzi (l'équipier d'Aegerter), il restait un kilo, soit 1,3 litre, à l'arrivée.» Fin de l'épisode: dimanche, jour de fête nationale en Italie, les MV-Agusta et leurs pilotes porteront des couleurs spéciales, tricolores, bien sûr.

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LE MUGELLO EN TRIUMPH

Tom Lüthi n'ayant pas roulé en Moto2 l'an dernier, c'est bien Dominique Aegerter le mieux placé pour juger la différence de comportement des moteurs Honda qui équipaient les motos de la catégorie jusqu'à fin 2018, et les nouvelles motorisations, proposées par Triumph: «Comme le couple est plus important, j'ai l'impression d'avoir plus de plaisir cette année, même si nous commençons, après cinq GP, à nous habituer au nouveau caractère du moteur. Nous devons encore travailler sur le rétrogradage, car si on descend trop rapidement les vitesses, l'électronique coupe et on perd le frein-moteur.» Ce vendredi, Aegerter a utilisé un nouveau carénage MV-Agusta: «Les relevés disent qu'il y a amélioration. Maintenant, il faudra voir ce que ça donne en course. Et nous avons encore du pain sur la planche au niveau de la géométrie, car la piste change en permanence et elle va encore évoluer samedi et dimanche.»

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DES ROOKIES SANS COMPLEXES

Ils sont jeunes, ils découvrent le circuit «magique» du Mugello au guidon des motos les plus rapides du monde et ils ne se gênent pas de donner la leçon aux anciens: l'Italien et champion du monde Moto2 en titre Bagnaia (Ducati) et le Français Quartararo (Yamaha) ont été les plus rapides de cette première journée d'essais MotoGP. Une journée marquée aussi par l'exploit de Pol Espargaró, qui place la KTM en quatrième position et qui ne manque pas l'occasion d'envoyer quelques piques aux censeurs: «Jolie réponse à ceux qui croient qu'on n'y arrivera jamais avec notre cadre tubulaire!» L'équipier français du plus jeune des Espargaró, Johann Zarco (une chute), s'est approché (12e chrono). Cette hiérarchie particulière a des conséquences: Dovizioso (Ducati, 11e), le pilote de test Ducati Pirro (13e), Rossi (Yamaha, 18e) et Lorenzo (Honda, 20e), notamment, devront faire le boulot samedi matin s'ils entendent passer directement en superpole.

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ROOKIES CUP: DUPASQUIER EN DEUXIÈME LIGNE

Après Jerez de la Frontera (deux courses), le GP d'Italie accueille un nouvel épisode de la Red Bull Rookies Cup, «la» formule de promotion qui mène les meilleurs en GP. Le Fribourgeois de Sorens Jason Dupasquier (17 ans) s'élancera samedi, en fin de programme, de la deuxième ligne de la grille de départ. Jason a signé son meilleur chrono – le quatrième de tous, à 262 millièmes de la pole du Japonais Kunii – dans son ultime tour des qualifications. 25e temps pour le cadet du championnat, le Soleurois Noah Dettwiler, qui tient courageusement sa place, alors qu'il s'était fracturé un doigt en Andalousie il y a un mois.

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