Actualisé 13.01.2020 à 19:36

ChroniqueMujinga Kambundji: «Il a fallu opérer un choix»

Découvrez la chronique tenue par la sprinteuse bernoise, médaillée de bronze sur 200m aux Mondiaux de Doha.

par
Sport-Center
Keystone

Pour la première fois depuis 2012, j’ai décidé de ne pas du tout disputer de compétition en salle cette année. La première raison de ce choix, c’est que j’ai fini la saison dernière plus tard que jamais. Normalement, on termine en août, et là, c’était début octobre, avec en plus l’objectif le plus important – les Mondiaux – pour finir. Tout a été d’une folle intensité et il était important, pour moi, de marquer une bonne pause.

Ce n’est pas tellement pour le corps que je dis cela, lui récupère en une dizaine de jours ou deux semaines au maximum. C’est surtout au niveau du mental que j’étais fatiguée, raison pour laquelle j’avais besoin de couper. Avec l’expérience, j’ai remarqué que le sprint, comme beaucoup de choses dans la vie, est une question d’équilibre.

Je n’avais pas la force de repartir tout de suite pour une année pleine, à bloc. J’avais besoin de fraîcheur dans ma tête, de penser à d’autres choses qu’à l’athlétisme. Je n’avais pas non plus envie de reprendre l’entraînement avant que cela ne me démange vraiment, que je ressente un manque. Je voulais m’accorder la possibilité de recommencer en douceur, sans stress, avec une certaine flexibilité. Si j’avais fait la saison en salle, j’aurais déjà eu des compétitions en ce mois de janvier – l’an passé, j’avais disputé quatre ou cinq courses en indoor, championnats de Suisse compris.

Pour 2020, j’ai songé à m’aligner sur une ou deux courses durant l’hiver. Mais les Mondiaux en salle n’étant qu’à mi-mars en Chine, avec un très long voyage à la clé, j’ai préféré renoncer. Soit je fais quelque chose comme il faut, soit je ne le fais pas. J’ai trop de peine à m’aligner dans une compétition si je ne poursuis pas de but précis. En l’occurrence, j’ai dû opérer un choix. J’ai préféré conserver de l’énergie, que j’aurai sous le pied pour la suite, d’autant que les Jeux de Tokyo arriveront relativement tôt dans l’été, suivis d’Athletissima à Lausanne, des championnats d’Europe, puis du Weltklasse de Zurich.

Si l’entraînement est fatigant pour le corps, la compétition use la tête. Avoir renoncé à ces deux mois de compétition supplémentaires m’a enlevé du stress. Cela m’a donné le temps de me reconstruire une base. Après avoir fini la saison passée un peu k.-o., j’ai pris le temps de bien me reposer. C’était une période très agréable, j’ai senti que j’avais beaucoup plus d’énergie pour tout le reste. Dernièrement, je suis allée toute une journée à Adelboden avec ma tante. Cela fait tellement de bien d’être à la montagne, avec le grand air et le soleil, lorsque la plaine est sous le brouillard! J’ai aussi eu davantage de temps à passer à la maison, à voir mes amis de façon plus spontanée, sans rendez-vous fixe. Rien qu’une journée type, où je me lève pour prendre mon café avant de rendre visite à ma grand-maman, c’est le bonheur.

J’ai énormément apprécié cette liberté et j’en ai d’autant mieux profité que je savais que cela s’arrêterait bientôt. En ce moment, je m’entraîne à la maison, à Berne, où je construis les bases de cette nouvelle saison. Fin janvier ou début février, je partirai pour un stage d’entraînement, à Tenerife ou ailleurs, afin de monter à nouveau gentiment en puissance. Il sera alors temps de me projeter vers le printemps et les premières courses en plein air, au mois de mai.

Mujinga Kambundji

Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Nico Hischier, Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat.

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