02.09.2019 à 09:58

ChroniqueMujinga Kambundji: «Trois semaines, un déclic»

Découvrez la chronique tenue par la sprinteuse bernoise, médaillée de bronze mondiale en salle.

par
Mujinga Kambundji
Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Nico Hischier, Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat.

Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Nico Hischier, Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat.

Il y a des moments, dans une saison, où on se dit qu’il y a eu un déclic. C’est ce que je viens de vivre au cours des cinq semaines écoulées, depuis la parution de ma dernière chronique. Après Bydgoszcz, où je me suis imposée sur 200 mètres le 11 août aux championnats d’Europe par équipe, je suis rentrée un peu K.-O. à la maison. C’est pendant ma préparation aux championnats de Suisse que j’ai commencé à me sentir plus fraîche, plus réactive. Durant les dix jours qui ont précédé, à l’entraînement, j’ai pu constater que tous les ingrédients étaient réunis pour réaliser de bonnes performances. C’est impossible d’être à ce niveau-là dès les premières courses de la saison, mon staff et moi avions planifié les choses ainsi. Mais c’est vrai qu’entre se savoir capable de réaliser une grande performance et le faire vraiment, il y a une immense différence. Ce fameux déclic, je l’ai ressenti le dimanche qui a précédé les championnats nationaux.

L’explosivité, la réactivité, le rythme, la technique, les sensations en course: tout était là. On sent que les choses se mettent en place, que les pièces du puzzle s’imbriquent les unes dans les autres et, à partir de là, tous les éléments suivent. C’est évidemment très agréable pour une athlète de trouver cette forme d’harmonie. À Bâle, sur le 100 mètres de vendredi (ndlr: 23 août), j’étais déjà bien en jambes et j’ai réalisé le deuxième chrono de ma carrière en 11’’00, malgré des conditions qui n’étaient pas parfaites le soir. Et voilà que le lendemain, je bats ce record de Suisse du 200 mètres en 22’’26 (ndlr: le précédent, 22’’38, appartenait à Lea Sprunger depuis l’été 2016). C’était la première fois que j’en battais un depuis 2017, c’est toujours une belle émotion. Je me savais capable de courir un tel chrono mais on a jamais la garantie que ça fonctionne comme on le pense. Mais c’est pour ça que je suis très contente, c’est important un record et ce n’est jamais facile. Je sais que Lea était contente pour moi – elle m’avait envoyé un message, la veille au soir, pour me dire qu’elle imaginait perdre bientôt ce record.

Ces performances confirment, valident tout le boulot effectué depuis des mois. Cela montre aussi aux gens qui ont pu douter un peu de moi, lorsque mes résultats n’étaient pas très bons en début de saison, que je suis sur le bon chemin. Pour moi, c’est aussi une façon de dire: «Hé, regardez les gens, c’était cela dont je vous parlais. C’est là que je veux aller.» Jeudi soir à Zurich, le chrono n’était pas exceptionnel, mais dans une course comme celle-ci, presque au niveau d’une finale mondiale, c’est la place qui compte, pas le temps. Comme j’étais avec les meilleures, je suis heureuse, cela me donne beaucoup de confiance pour la suite.

La suite, c’est le meeting de Bellinzone ce dimanche sur 100 mètres (ndlr: où elle s'est imposée), avec une belle concurrence. Et puis ce sera la préparation en vue des Mondiaux de Doha, où j’ambitionne de courir sur les deux distances. Après une petite semaine de récupération, je reprendrai l’entraînement afin d’entretenir la forme, d’augmenter encore le niveau d’intensité, et de voir jusqu’où peut me mener ce déclic du mois d’août.

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