St-Sulpice: Municipal mobbeur: un complément d'enquête est exigé

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St-SulpiceMunicipal mobbeur: un complément d'enquête est exigé

Accablé par le personnel communal, l'élu de Saint-Sulpice (VD) n'est toujours pas fixé sur son sort. Le Conseil d'État peaufine les investigations.

par
Evelyne Emeri
Si le Conseil d'État décide de révoquer Jean-Pierre Jaton, le corps électoral de Saint-Sulpice (VD) aura le dernier mot et sera appelé aux urnes pour trancher.

Si le Conseil d'État décide de révoquer Jean-Pierre Jaton, le corps électoral de Saint-Sulpice (VD) aura le dernier mot et sera appelé aux urnes pour trancher.

Laurent Crottet

«Nous avons effectivement été mandatés par le Conseil d'État pour effectuer cette enquête. Nous espérons pouvoir rendre notre rapport courant février», indique, prudemment, Nicole Golay, directrice du groupe Impact, à l'État de Vaud. Chargée de gérer les conflits et de traiter les situations de harcèlement psychologique (mobbing) et sexuel au travail, l'entité n'a pas pu se limiter à une enquête préliminaire. Les faits, constituant l'affaire qui empoisonne la petite commune de Saint-Sulpice (VD) et sa gouvernance depuis l'été passé, ne sont pas si clairs et si simples.

Soupçonné de mobbing et de comportements déplacés par des employés communaux, le municipal Jean-Pierre Jaton avait d'abord dû s'expliquer en présence de la préfète de l'Ouest lausannois, Anne Marion Freiss, et du syndic Alain Clerc. Compte tenu des éléments estimés à charge, les quatre autres membres de l'exécutif l'avaient finalement enjoint à démissionner mi-novembre dernier. Face au refus du politicien assermenté, le collège municipal l'avait dénoncé au Conseil d'État, seul compétent pour le sanctionner (suspension, éviction). Ou, a contrario, pour le réhabiliter.

Fonctionnaires auditionnés

Le gouvernement vaudois ne traite pas l'affaire à la légère. Il a justement exigé un complément d'enquête. «Il y a deux semaines et demie, nous avons été informés que le Conseil d'État souhaitait plus d'informations avant de se prononcer», explique le syndic Alain Clerc. Ce qui corrobore les dires de la cheffe d'enquête, Nicole Golay: «Le cas est compliqué et délicat. Nous avons besoin de pièces. Nous devons entendre toutes les personnes potentiellement impliquées. Le sujet est sérieux. Nous menons donc une enquête complète qui nécessite des démarches plus larges.»

Deux audits avaient été ordonnés par la Municipalité de Saint-Sulpice avant que le canton ne soit saisi: l'un sur l'organisation de l'administration qui a fait ressortir des problèmes de sous-effectif notoire; le second sur les relations interpersonnelles que le présumé coupable conteste catégoriquement, jugeant ses conclusions blessantes et injurieuses à son endroit. En décembre, peu après la révélation de l'affaire par «Le Matin», l'ingénieur consultant de 63 ans a produit un certificat médical attestant d'une incapacité de travail de 35%, toujours effective. Celle-ci correspond à son taux d'activité à la tête du dicastère de l'aménagement du territoire, de la police des constructions, des bâtiments et des transports.

Connu pour son caractère entier, mais simultanément loué pour son investissement au service de sa commune, Jean-Pierre Jaton, qui a huit ans de Conseil communal derrière lui et dix d'exécutif, se dit toujours aussi serein et confiant quant à l'issue de cette procédure.

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