Bosnie: Municipales sur fond de tensions entre groupes

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BosnieMunicipales sur fond de tensions entre groupes

Les listes proposées dimanche aux quelque 3,2 millions d'électeurs se sont bâties sur des bases communautaires.

Une passante devant une affiche électorale dans la ville de Banja Luka, au nord-ouest de Sarajevo. (Vendredi 30 septembre 2016)

Une passante devant une affiche électorale dans la ville de Banja Luka, au nord-ouest de Sarajevo. (Vendredi 30 septembre 2016)

Keystone

Les Bosniens désignent leurs maires dimanche 2 octobre dans un regain de tensions entre communautés, notamment entre serbes et bosniaques musulmans.

Dans la plupart des quelque 140 communes, les listes proposées aux quelque 3,2 millions d'électeurs se sont bâties sur des bases communautaires.

Une ville du pays, Velika Kladusa (40'000 habitants, nord-ouest), a de fortes chances d'être dirigée à partir de lundi par un criminel de guerre, Fikret Abdic, 77 ans, condamné par la justice croate.

Durant la guerre (1992-95), ce Bosniaque musulman, potentat local et chef de guerre, avait pactisé avec les Serbes contre les forces bosniaques loyales à Sarajevo, et proclamé une «région autonome de Bosnie occidentale». Il a recouvré la liberté en 2012 après avoir purgé les deux tiers d'une peine de 15 ans de prison.

Souvenir de la guerre

Le souvenir de la guerre sera également très présent à Srebrenica, ville-symbole de l'est où des candidats serbe et bosniaque sont aux prises. Une victoire du premier, donné favori, serait vécue comme un affront pour les musulmans, 21 ans après le massacre de quelque 8000 d'entre eux.

Les divisions intercommunautaires sont encore à blâmer pour l'absence de vote à Mostar (sud), divisée entre Bosniaques et Croates. Leurs principales formations, le SDA et le HDZ, ne sont pas parvenues depuis six ans à un compromis pour organiser le scrutin.

Les chefs politiques des Serbes de Bosnie comme des Bosniaques, Milorad Dodik et Bakir Izetbegovic, ont mené des campagnes agressives, usant de la rhétorique nationaliste.

Une semaine après le référendum des Serbes

Le scrutin municipal se tient une semaine après le référendum organisé par les Serbes de Bosnie qui ont décidé de continuer à fêter leur propre «fête nationale», malgré le veto de la justice et l'émoi des Bosniaques.

L'accord de Dayton, qui a mis fin à la guerre (1992-95, 100'000 morts), a consacré la division de la Bosnie en deux entités, serbe et croato-musulmane, reliées par un faible gouvernement fédéral.

A Banja Luka, la capitale de la Republika Srpska, Milorad Dodik, qui dirige l'entité, joue gros: son candidat est menacé par celui de l'opposition serbe. Cela fait 19 ans que le parti de Dodik dirige cette ville et une défaite l'affaiblirait.

Dans ce pays où 50% des habitants sont musulmans pratiquant dans leur quasi totalité un islam modéré, pour la première fois une candidate portant un niqab s'est présentée. Indira Sinanovic figure sur la liste d'un petit parti et a peu de chances d'être élue conseillère municipale de Zavidovici, petite commune du centre.

Les bureaux de vote ouvriront à 5H00 GMT et fermeront à 17H00 GMT. Les premiers résultats sont attendus dans la nuit.

(AFP)

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