Italie: Municipales, un coup de semonce à Renzi
Publié

ItalieMunicipales, un coup de semonce à Renzi

Dans un scrutin à enjeu, le parti démocrate du chef du gouvernement est mis à mal à Rome et Naples.

L'avocate de 37 ans, Virginia Raggi, candidate du M5S à la mairie de Rome arrive bien en tête du scrutin de dimanche 5 juin, dans la ville symbole d'une certaine Italie empêtrée dans les «affaires». «Le vent tourne. C'est le moment», a-t-elle lancé aux premières heures lundi. (Image - 3 juin 2016)

L'avocate de 37 ans, Virginia Raggi, candidate du M5S à la mairie de Rome arrive bien en tête du scrutin de dimanche 5 juin, dans la ville symbole d'une certaine Italie empêtrée dans les «affaires». «Le vent tourne. C'est le moment», a-t-elle lancé aux premières heures lundi. (Image - 3 juin 2016)

AFP

Le mouvement antipartis Cinq Etoiles (M5S) arrive largement en tête dimanche à Rome à l'issue du premier tour des élections municipales italiennes. Il devance le parti démocrate du chef du gouvernement Matteo Renzi, de moins en moins populaire, et progresse fortement dans d'autres villes.

L'avocate de 37 ans, Virginia Raggi, candidate du M5S à la mairie de Rome, est créditée d'environ 37% des suffrages par l'institut Piepoli, après le dépouillement d'un échantillon représentatif de bulletins. Le candidat du parti démocrate (PD), Roberto Giachetti, est projeté au coude-à-coude avec la candidate de l'extrême droite Giorgia Meloni, avec chacun autour de 22% des voix.

Si aucun candidat n'emporte plus de 50% des voix, un second tour départagera les deux candidats les mieux placés le 19 juin. De nombreuses grandes villes devraient recourir à ce nouveau vote.

Cas emblématique

Le résultat dans la capitale est l'objet de toutes les attentions, car le cas de Rome est particulièrement emblématique d'une certaine Italie empêtrée dans les «affaires». Rome est administrée depuis octobre dernier par un commissaire extraordinaire, nommé par le gouvernement, depuis la démission d'Ignazio Marino.

Outre une percée majeure pour le mouvement fondé en 2009 par Beppe Grillo, une victoire de Virginia Raggi ferait d'elle la première femme à siéger à la mairie de la ville éternelle. «Le vent tourne. C'est le moment», a lancé la candidate à Rome, aux premières heures lundi.

Virginia Raggi promet de s'attaquer à la corruption, au clientélisme et jusqu'aux petites incivilités quotidiennes des conducteurs et usagers romains, qui sont devenues la norme dans la capitale.

PD en tête à Milan

A Milan, c'est le candidat du centre-gauche, soutenu par Matteo Renzi, et ancien patron de l'exposition universelle 2015, Giuseppe Sala, qui arrive en tête, avec plus de 43%, selon les sondages. Il est talonné par son adversaire de droite Stefano Parisi (37%).

A Turin et à Bologne, les candidats du PD caracolent également en tête, tandis qu'à Naples, le maire sortant Luigi di Magistris, indépendant et fortement critique envers le gouvernement, est arrivé très nettement à la première place avec plus de 42% des voix, toujours d'après les sondages.

Plus de 13 millions d'Italiens, répartis dans 1342 communes, étaient appelés à voter dimanche pour ces élections municipales partielles. Le taux de participation, quasiment définitif, avait atteint quelque 63% à minuit, en baisse par rapport aux dernières élections locales.

Référendum d'octobre

Comme il l'avait déjà fait en avril, le bouillant chef du gouvernement italien s'est évertué à recadrer les débats en répétant ces jours-ci que dimanche, il ne s'agit pas de voter «sur le gouvernement mais, ce qui est beaucoup plus important, pour choisir l'avenir de sa propre ville».

Pour Matteo Renzi, 41 ans, ces élections locales ne sont qu'une étape avant le référendum constitutionnel de cet automne qui fera office de vote couperet. En octobre, les Italiens seront en effet appelés à valider une importante réforme approuvée en avril par le Parlement. Le texte limite les pouvoirs du Sénat et est censé donner une stabilité gouvernementale au pays.

Or, Matteo Renzi l'a répété: si la réforme est rejetée, il quittera son poste de président du conseil des ministres.

(ats)

Votre opinion