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FootballMuñoz: «Même Chagaev ne se mêlait pas de la composition de l'équipe»

Victor Muñoz a été écarté par Christian Constantin. Il explique les circonstances de son éviction du banc du FC Sion.

par
Florian Müller
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L'entraîneur espagnol est venu assister à la qualification de son ancienne équipe mercredi soir à Lausanne.

L'entraîneur espagnol est venu assister à la qualification de son ancienne équipe mercredi soir à Lausanne.

Reuters

C'est un homme blessé dans son orgueil qui a accepté de répondre aux questions du «Matin». Victor Muñoz reste néanmoins philosophe et chaleureux au moment de se

Victor Muñoz, êtes-vous toujours l’entraîneur du FC Sion?

Selon le président Christian Constantin, oui.

Et selon vous?

Je ne suis plus l’entraîneur du FC Sion depuis la mi-temps du match à Thoune (ndlr: défaite 4-0 dimanche dernier).

Que s’est-il donc passé à la pause de ce match dans les vestiaires sédunois?

Nous étions menés 3-0. La situation était compliquée, mais le match n’était pas encore perdu. Je voulais faire deux changements. C’est alors que Christian Constantin est entré dans les vestiaires pour m’empêcher de faire ces changements.

Comment avez-vous réagi?

J’étais devant le tableau, alors je lui ai donné mon feutre. A partir de ce moment-là, c’était lui l’entraîneur du FC Sion.

Cette situation était-elle intolérable pour vous?

Oui, car c’est moi l’entraîneur. A chacun son rôle. Les joueurs, comme l’entraîneur et le président. Les rôles doivent être définis clairement. Et le vestiaire est sacré: seuls les joueurs et l’entraîneur y ont leur place.

Aujourd’hui, que demandez-vous à Christian Constantin?

Je demande seulement le respect. J’ai été engagé comme entraîneur, et je suis un professionnel. En m’empêchant de faire mon travail, Christian Constantin me manque de respect. Je tiens à mon indépendance.

Avez-vous d’autres exemples de cette ingérence?

Lorsque nous sommes allés en Calabre pour le stage de préparation, la planification était déjà faite. Je n’ai pas été consulté. Nous avons dû nous entraîner sur un terrain synthétique. Plusieurs joueurs se sont plaints de douleurs aux articulations. Et Xavier Margairaz, un joueur-clé, s’est blessé.

Jusqu’à quand pourrez-vous tolérer cette situation?

Je n’ai pas dormi pendant trois nuits. Même à Xamax je n’ai pas connu ça. Au moins Chagaev, lui, ne se mêlait pas de la composition de l’équipe. Mais il ne connaissait rien au foot, ce qui n’est pas le cas de Constantin. Maintenant, c’est aux avocats de faire leur travail.

On vous a reproché la mise à l'écart de Vilmos Vanczak. Etait-ce un conflit de personnes?

Non, c'était un choix sportif. On manquait de présence et de vivacité sur les côtés, et Anthony Sauthier amenait plus offensivement par ses déplacements que Vanczak. Il n'y avait aucun problème avec lui, c'est un grand professionnel. Mais je suis un entraîneur et c'est mon métier que de faire des choix.

Gattuso comme entraîneur-joueur, c’est une situation saine?

Un entraîneur doit avoir la vision globale. Pour quelques matches, ça peut marcher, mais pas sur le long terme. Je l’ai dit au président, et je crois que lui-même en est conscient.

L’effectif sédunois a-t-il la qualité pour devenir champion?

Pour gagner le championnat, je ne pense pas. C’est une bonne équipe, mais, à mon avis, il y trois clubs avec un plus gros potentiel que Sion en Suisse.

Que manque-t-il au FC Sion?

Quelques joueurs, mais aussi du temps. A Saint-Gall, cela fait quatre ans qu’ils travaillent dans la continuité.

Sion peut-il un jour devenir champion avec une telle valse des entraîneurs à sa tête?

Un club de foot a besoin de continuité. Si tu achètes une maison, tu ne vas pas rénover la cuisine chaque année.

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