Ski alpin: Murisier: «J'ai mal et tout n'est pas rose»
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Ski alpinMurisier: «J'ai mal et tout n'est pas rose»

Le skieur valaisan revient à son niveau après une énième blessure. Il doit faire avec des douleurs constantes.

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Sport-Center
A Beaver Creek, le Bagnard a retrouvé le top 10 pour la première fois depuis mars 2018.

A Beaver Creek, le Bagnard a retrouvé le top 10 pour la première fois depuis mars 2018.

EPA

Après une longue tournée en Amérique du Nord, l'équipe de Suisse a retrouvé le Vieux-Continent en début de semaine. Les géantistes seront de retour aux affaires dimanche sur la vertigineuse face de Bellevarde.

Justin Murisier a rejoint la Savoie avec une dose de confiance supplémentaire. La Valaisan, qui se remet d'une nouvelle blessure au genou, a décroché un excellent 10e rang à Beaver Creek dimanche dernier. Un «petit exploit» pour lui, qui souffre toujours.

Justin, vous revenez des États-Unis avec un top 10 en poche. Plutôt positif, non?

Oui, c’est clair que ça fait du bien. Je ne m’attendais pas à un tel début de saison. J’ai eu une préparation très difficile avant Sölden et je ne me sentais pas très bien. Entrer dans les points là-bas, c’était déjà un bon pas en avant.

On voit que vous n’êtes pas loin de votre meilleur niveau…

En course, c’est vrai. Mais à l’entraînement, pas vraiment. Je prends souvent des casquettes. Je suis toujours derrière. La grande différence, c'est que je protège tout le temps mon genou. En compétition par contre, j’arrive à me lâcher complètement donc c’est très bon signe.

Pourquoi cela fonctionne-t-il mieux en course?

Avec toutes les blessures que j’ai eues, j’arrive à savoir quand je dois prendre des risques et inconsciemment, je n’en prends pas à l’entraînement. Même quand j'essaie de me faire violence.

A Beaver Creek, après la première manche, vous sembliez marqué. C’était à cause des douleurs?

J’ai en effet pas mal souffert à Beaver Creek, mais pas forcément le jour de la course. Si j’étais marqué, c’était surtout parce que la course était à 3000 mètres d’altitude. Du coup, j'avais le souffle court. Mais j’ai dû prendre des anti-inflammatoires pour faire passer la douleur durant la préparation, les derniers jours avant la course. Ça a bien aidé.

Ces douleurs, vous inquiètent-elles?

Ça m'inquiète un peu dans le sens où avoir mal aux deux genoux à 27 ans, ce n’est pas idéal. Mais d’un autre côté, la douleur s’atténue quand même, donc j’ai l’impression que ça va dans le bon sens. J’espère que d’ici la fin de la saison ce sera derrière moi et que je pourrai repartir du bon pied la saison prochaine, sans avoir à «gérer».

Comment gère-t-on la douleur en compétition?

Mon planning est assez clair. Je me concentre sur les géants et les combinés. Sinon, je m'adapte aussi au niveau des entraînements. Les jeunes font cinq ou six manches par jour et moi, j’en fais plutôt deux ou trois. Je complète avec beaucoup de physio et de repos. Même en condition physique, je dois éviter les mouvements qui traumatisent mes genoux.

Ce n’est pas trop frustrant?

Ça l'a été lors de mes premières blessures, quand j’étais plus jeune. Maintenant, j’ai compris que les blessures prenaient du temps. Il faut accepter les hauts et les bas, sinon tu te mets dans un état dépressif.

Avez-vous peur que ces douleurs ne disparaissent jamais?

Non. Pour l’instant, j’ai mal et tout n'est pas rose. A mon avis, ça va s'améliorer. J'ai toujours eu beaucoup de blessures et cela s'est bien passé au final. Cette dernière blessure dure un peu plus longtemps mais ça va aller.

Habituellement, vous arrivez à skier sans médicament?

J’essaie le plus possible car les douleurs sont quand même des signaux que ton corps t’envoie pour te dire que tu ne devrais pas pousser plus. Je dirais même que je n’en prends jamais. Mais c'était trop compliqué de faire sans aux États-Unis.

Comment avez-vous préparé ce géant de Val d'Isère?

Cette semaine a été très particulière pour tout le monde. Certains ont décidé de s'entraîner à Sestrières et la piste était vraiment glacée. A d'autres endroits, la neige était plus molle. Personne n'a eu la préparation idéale. Nous avons choisi de se reposer, d'arriver frais pour la course. Ça ne sera peut-être pas un mauvais choix.

Est-ce que vous espérez faire aussi bien qu'à Beaver Creek?

Cette 10e place à Beaver, c'était presque un exploit. Je devrai accepter si cela se passe moins bien ici. J'ai toujours adoré Val d'Isère. Le mur est impressionnant et il faut engager à fond. La question est de savoir si je pourrais justement dompter cette face comme je le souhaite.

Ugo Curty, Val d'Isère

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