13.10.2020 à 11:12

TennisMurray rejoint Federer et Nadal au Conseil des joueurs

Suite à la démission de son président Novak Djokovic et de trois autres membres, le Conseil des joueurs de l’ATP a nommé des successeurs. Changement de cap.

par
Mathieu Aeschmann
Andy Murray et Roger Federer, ici en avril 2017 lors du Match for Africa 3 à Zurich, vont siéger ensemble au Conseil des joueurs de l’ATP. (KEYSTONE/Ennio Leanza)

Andy Murray et Roger Federer, ici en avril 2017 lors du Match for Africa 3 à Zurich, vont siéger ensemble au Conseil des joueurs de l’ATP. (KEYSTONE/Ennio Leanza)

KEYSTONE

Alors que sa «mini-saison» vient de basculer en indoor, l’ATP a communiqué lundi la nouvelle composition de son Conseil des joueurs. Une nouvelle d’importance suite au mouvement de sécession lancé par son président démissionnaire Novak Djokovic juste avant l’US Open. Accompagné de Vasek Pospisil, John Isner et Sam Querrey, le Serbe avait en effet annoncé la création de la «Professional Tennis Players Association» (PTPA), une association concurrente de l’ATP et de la WTA («pas un syndicat» selon le No 1 mondial) avec pour but de mieux défendre les intérêts de ses semblables. Quatre postes restaient donc vacants au Conseils des joueurs de l’ATP. Ils sont désormais occupés par Andy Murray, John Millman, Jérémy Chardy et Félix Auger-Aliassime.

L’arrivée de «Sir Andy» n’est évidemment pas anodine dans ce contexte tendu. Elle possède d’abord une force symbolique indéniable puisque après les retours en catastrophe de Roger Federer et Rafael Nadal juste avant Wimbledon 2019, trois membres du «Big Four» se retrouvent désormais à la table des négociations. On peut y voir un message fort d’unité envoyé aux sécessionnistes par l’ATP et ses figures les plus illustres.

L’autre enseignement exige d’observer l’ensemble du nouveau collège. Avec l’arrivée de John Millman (Australie) et de Jérémy Chardy (France) en plus d’Andy Murray (Grande-Bretagne), le «Players Council» possède un représentant de chaque fédération hôte de Grand Chelem (le coach américain Brad Stine siégeait déjà). On peut y voir un outil diplomatique d’importance puisque l’augmentation des gains en Majeur constitue un vieux serpent de mer et la revendication principale de la PTPA.

Un collège plutôt conservateur

Par ailleurs, l’âge moyen, le niveau d’expérience et les liens qu’entretiennent les membres du collège envoient également un signal fort à l’intention de ceux qui veulent remettre en cause le système. Avec Federer (39 ans), Nadal (34), Anderson (34), Melzer (39), Soares (38), Chardy (33), Murray (33) ou Millman (31), l’assemblée se compose en effet de joueurs qui ont vécu presque deux décennies sur le circuit, le connaissent parfaitement et sont plutôt connus pour leur souci du dialogue et du maintien des équilibres historiques (entre joueurs et directeurs de tournoi). En d’autres termes et malgré la présence de Félix Auger-Aliassime – 20 ans, présenté à New York comme signataire de la PTPA – il s’agit d’un conseil plutôt diplomate et conservateur.

Ce constat a priori plutôt rassurant en temps de crise n’a toutefois pas tardé à essuyer quelques critiques, notamment au sujet du mode de gouvernance qui a conduit à la recomposition du Conseil. «Lorsque la moitié d’une assemblée démissionne, un vote de l’ensemble des joueurs aurait dû être mis en place plutôt que de sélectionner à l’interne les remplaçants de ceux qui souhaitent du changement, a ainsi tweeté Sven Groeneveld, ancien coach de Haas, Sharapova, Stich ou Seles. Le conflit demeure et il continue de se voir.» Une position aussitôt soulignée par le «sniper» Dirk Hordorff, ancien vice-président de la fédération allemande et coach de Berankis. «À l’heure actuelle, seuls trois des dix membres du Conseil ont été élus, les autres cooptés. Il est temps que cela change et que les joueurs élisent leurs représentants.» Sans doute faut-il y lire la promesse que le tennis n’a pas fini de s’entre-déchirer au sujet de la répartition de ses richesses et de son mode de gouvernance.

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6 commentaires
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Rogé

13.10.2020 à 12:21

et Rogé, qu'attend-il pour prendre sa retraite, qu'on n'entende plus parler de lui ü

Milord

13.10.2020 à 12:20

En multipliant les fédérations on risque de suivre l’exemple des multiples fédérations de boxe. Ce processus a finalement fait perdre tout son intérêt du grand public pour ce sport.

S. Lenglen

13.10.2020 à 11:55

La bonne nouvelle pour moi, c'est surtout que Djokovid est sorti du comité ATP.