19.02.2016 à 19:21

OugandaMuseveni en passe d'être réélu, son opposant arrêté

Le président ougandais Yoweri Museveni se dirige vers un nouveau mandat. Des heurts ont eu lieu à Kampala entre policiers et partisans de son principal adversaire.

Le chef de file de l'opposition et plusieurs de ses partisans ont été emmenés dans un véhicule de la police.

Le chef de file de l'opposition et plusieurs de ses partisans ont été emmenés dans un véhicule de la police.

Reuters

Selon des résultats, portant vendredi en milieu d'après-midi sur 44,5% des bureaux de vote, M. Museveni était en tête avec 62,82% des voix, contre 32,72% pour son principal opposant, Kizza Besigye, a dit la commission. L'annonce de ces résultats a provoqué des heurts à Kampala entre la police et des partisans de M. Besigye, battu lors de trois précédentes élections. Son principal opposant a par ailleurs de nouveau été arrêté.

Un journaliste a vu les policiers tirer des grenades lacrymogènes devant le siège du Forum pour le changement démocratique (FDC), le parti de M. Besigye qui s'apprêtait à y donner une conférence de presse. Le chef de file de l'opposition, âgé de 59 ans, et plusieurs de ses partisans ont été emmenés dans un véhicule de la police, a-t-il constaté.

Selon les médias ougandais, l'action de la police pourrait être liée au fait que le FDC était sur le point de publier ses propres résultats pour l'élection présidentielle, ce qui est illégal. «Des mesures raisonnables ont été prises pour maîtriser des militants du FDC qui voulaient perturber l'ordre public et les élections», a déclaré un haut responsable de la police, Felix Andrew Kaweesi.

Arrêté trois fois

C'est la troisième fois cette semaine que M. Besigye est arrêté par la police, qui l'a à chaque fois rapidement relâché. Il avait été interpellé lundi alors qu'il tentait de faire campagne dans le centre de Kampala, et la police avait violemment dispersé ses sympathisants, faisant un mort.

Puis à nouveau jeudi devant une maison où, selon son entourage et son parti, des policiers et des membres du tout-puissant parti au pouvoir, le Mouvement de résistance nationale (NRM), étaient en train de truquer les élections en bourrant des urnes.

L'arrestation jeudi de M. Besigye a été condamnée par les Etats-Unis, qui y ont vu «un type d'agissement» remettant «en question l'engagement de l'Ouganda à mener une élection libre et transparente exempte d'intimidation».

Résultats samedi

Le premier tour de la présidentielle et des législatives, s'il est déroulé sans encombre en province, a été pour le moins chaotique à Kampala, réputée acquise à l'opposition. Le dépouillement a débuté jeudi après-midi dans la plupart des 28'000 bureaux de vote.

Les résultats complets de la présidentielle devraient être connus samedi.

Le scrutin s'est poursuivi dans le calme vendredi dans une trentaine de circonscriptions de Kampala et ses environs, où les électeurs n'avaient pu voter jeudi.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!