Actualisé 13.09.2016 à 14:28

FranceMutinerie dans une prison: détenus évacués

Des prisonniers ont allumé un incendie dans leur établissement, lundi. Onze personnes ont été hospitalisées.

Prison de Vivonne (France).

Prison de Vivonne (France).

Keystone

Une mutinerie s'est déroulée lundi à la prison de Vivonne, près de Poitiers dans le centre-ouest de la France, où plusieurs dizaines de détenus ont allumé un incendie et occupé un bâtiment, ont annoncé les autorités. Cinq membres des forces de l'ordre et six détenus ont été hospitalisés, en lien avec l'inhalation de fumées déclenchées par les mutins au deuxième étage d'un des bâtiments du centre pénitentiaire, a précisé la préfecture. Un des détenus hospitalisés a été victime d'un infarctus.

La mutinerie, qui s'est déclenchée à 17 heures, a pris fin vers 22h15 après l'intervention des forces de sécurité et la situation était sous «contrôle», selon le ministère de la Justice.

Les flammes, qui avaient envahi un des trois étages du bâtiment, avaient été éteintes en début de soirée par les pompiers, avait constaté sur place l'AFP. Tous les surveillants avaient pu quitter le bâtiment, qui abrite 178 prisonniers au total, avait dit à l'AFP Emmanuel Giraud, un responsable syndical.

Une soixantaine de détenus

«Deux détenus ont bousculé un surveillant et ont réussi à lui subtiliser son trousseau de clefs, ce qui leur a permis d'ouvrir toutes les cellules» du deuxième étage du bâtiment, a expliqué le syndicaliste. Après avoir «mis le feu aux coursives et à l'atrium» (le rond-point central), des prisonniers «ont tout cassé à l'intérieur», a ajouté Emmanuel Giraud, sans pouvoir préciser le nombre des mutins ni quelles étaient leurs revendications.

D'après une source pénitentiaire, il s'agissait d'une soixantaine de détenus qui avaient refusé de regagner leurs cellules.

L'incident aurait eu comme origine le refus de permission de sortie à un détenu, qui s'est rebellé, entraînant d'autres détenus dans son mouvement, a-t-on indiqué de source syndicale pénitentiaire.

Détenus en garde à vue

Deux détenus de 30 et 34 ans ont été placés en garde à vue. Les autres détenus de l'étage «ont été évacués vers le gymnase» de la prison. Des poursuites judiciaires devraient être engagées contre plusieurs détenus à mesure de l'éclairage sur la responsabilité des participants, a précisé le ministère à l'AFP.

Une dizaine de véhicules de gendarmes avaient été dépêchés sur place, tandis qu'un hélicoptère survolait le site.

Le centre de Vivonne, inauguré en 2009, est un établissement d'une capacité de 578 places, et hébergeait ces jours-ci 525 détenus, ce qui ne suggère pas de problème de surpopulation.

Détenus évacués

«Le bâtiment est inapte à recevoir du public», a expliqué à l'AFP Emmanuel Giraud, délégué régional du syndicat FO pénitentiaire pour la Nouvelle Aquitaine. Même si un seul des trois étages du bâtiment a été touché par les flammes, le ruissellement de l'eau déversée par les pompiers pour maîtriser les incendies a mis «hors service le système électrique et la vidéosurveillance pour l'ensemble du bâtiment», a-t-il précisé.

Par conséquent, une centaine des 178 détenus de ce bâtiment vont être transférés dans la journée vers d'autres prisons de la région (Uzerche en Corrèze, Neuvic en Dordogne et Villeneuve-sur-Lot en Lot-et-Garonne), a expliqué M. Giraud.

Selon lui, les détenus restants pourront encore être hébergés «pendant quelques jours» à Vivonne, mais une demande a été faite auprès de l'Administration pénitentiaire pour obtenir la fermeture du bâtiment touché le temps d'effectuer les réparations.

(AFP)

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