04.07.2020 à 15:29

Nadal était blessé en finale de Wimbledon 2008

Tennis

Dans un documentaire produit par Movistar, le Majorquin a admis avoir joué sous anesthésie.

par
Sport-Center
Rafael Nadal avec son trophée en 2008.

Rafael Nadal avec son trophée en 2008.

Keystone

C'est un aveu puissant et surprenant que Rafael Nadal a lâché lors d'un documentaire diffusé vendredi soir sur la chaîne Movistar+. Puissant parce qu'il concerne son état de santé lors du «match de la décennie»: la finale de Wimbledon 2008, arrachée à Roger Federer dans la pénombre. Et surprenant tant cette partie de légende a été de nombreuses fois revisitée sans que l'Espagnol ne mentionne une seule fois sa blessure.

«J'ai dû jouer cette finale avec le pied anesthésié, confie-t-il face caméra. Ce fut le cas durant plusieurs matches du tournoi et c'était nécessaire car je ne pouvais pas prendre appui sur mon pied.» Puis l'homme aux 19 titres du Grand Chelem de préciser que le scénario de la finale a encore compliqué la gestion cette précaution médicale. «Les deux interruptions à cause de la pluie ont compliqué un peu notre démarche. Heureusement, l’anesthésie a tenu la durée. Sans elle, je n'aurais pas pu jouer.»

Que faut-il penser de cette révélation? D'abord qu'Andrew Douglas et Tennis Channel, réalisateur et producteur du film Stroke of Genius, ont dû lâcher une grimace de dépit. Parce que ce film anniversaire - sorti en 2018 et coproduit par les agents des deux joueurs - avait pour vocation d'explorer tous les recoins du mythe. Or la blessure du futur vainqueur n'est pas exactement un détail.

Ensuite que la performance de Rafael Nadal n'en est que plus impressionnante. Implacable dans les deux premières manches puis bluffant de résilience au cinquième set après le tie-break miraculeux de «RF», le Majorquin a donc arraché sa première couronne de Wimbledon sans ressenti dans un pied. Au-delà du soulagement que l'anesthésie procure face à la douleur, celle-ci limite en effet les sensations si utiles lorsqu'il faut avoir confiance en son appui. Ce jour de juillet 2008, «Rafa» Nadal avait donc trouvé un moyen de faire avec. Une abnégation signature.

Mathieu Aeschmann

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