Football: Nagelsmann: «Tuchel n’a jamais été mon père adoptif»

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FootballNagelsmann: «Tuchel n’a jamais été mon père adoptif»

Julian Nagelsmann, le coach de Leipzig, s'est retrouvé à 21 ans adjoint de Thomas Tuchel, à l'époque en charge de l'équipe réserve d'Augsbourg, en Allemagne. Depuis, la presse a beaucoup brodé sur leur relation, mais la réalité est plus pragmatique.

Thomas Tuchel (à g.) et Julian Nagelsmann ont un passé commun avant cette demi-finale de Champions League.

Thomas Tuchel (à g.) et Julian Nagelsmann ont un passé commun avant cette demi-finale de Champions League.

KEYSTONE

Nagelsmann, jeune joueur qui nourrissait le rêve d'une carrière professionnelle, a été stoppé brutalement en 2007 à l'âge de 20 ans par une très grave blessure à un genou. Il évoluait à l'époque dans l'équipe B d'Augsbourg, coachée par Tuchel, l'actuel entraîneur du PSG qu'il retrouvera mardi en demi-finale de la Ligue des champions à Lisbonne.

Le Parisien a raconté la suite lundi: «Julian était malheureusement toujours blessé, et en équipe réserve nous n'avions pas les moyens d'embaucher du staff, donc nous lui avons proposé d'aller observer nos adversaires. Il l'a fait avec beaucoup d'attention, en détails (...) et ensuite il a commencé comme entraîneur à Munich 1860».

«Après ma blessure, raconte de son côté Nagelsmann, je ne voulais plus entendre parler de football. Mais j'avais encore un contrat valide avec Augsbourg. C'est aussi pour cette raison que mon entraîneur Thomas Tuchel est venu vers moi. Il ne m'a pas dit: ’Tu vas devenir entraîneur’, c'était plutôt une décision pragmatique. Puisque le club continuait à me payer, j'allais espionner les équipes adverses pour lui.» Nagelsmann a fait du bon travail, et a commencé à s'intéresser à la gestion d'une équipe.

«Pas une relation intime»

«Tuchel n'a jamais été mon père adoptif, comme certains aiment le raconter», a-t-il lâché un jour dans une interview. «Mais je lui suis évidemment très reconnaissant, parce que c'est lui pour ainsi dire qui m'a donné l'idée de devenir entraîneur. Grâce à lui j'ai pu devenir assistant de mon ancien entraîneur chez les jeunes, à Munich 1860.»

A l'idée de retrouver Tuchel d'égal à égal au plus haut niveau, Nagelsmann s'est réjoui, mais il a tenu une nouvelle fois à remettre les choses en place: «Depuis qu'il est au PSG, notre relation est normale. Nous n'avons jamais eu une relation très intime, mais nous avons de temps à autre échangé par SMS, ou discuté de joueurs, comme par exemple Christopher Nkunku lors de son transfert, du PSG à Leipzig en 2019», dévoile-t-il.

«Nous n'avons pas d'échanges réguliers. Je sais que les médias voudraient que ce soit le cas, mais ça n'existe pas dans le monde réel du football», poursuit ce talent précoce, qui a dirigé sa première équipe de Bundesliga, Hoffenheim, à l'âge de 28 ans.

Tuchel jamais vaincu

Sur les bancs à Lisbonne, l'affrontement sera donc sans émotion particulière mais cordial, entre ces hommes que treize années séparent (33 et 46 ans).

Face à l'armada de stars parisiennes, Nagelsmann comptera de nouveau sur l'esprit d'équipe qu'il a su insuffler à sa jeune troupe. Sans rien déroger à ses principes: un football offensif et vertical, une alternance intelligente de possession et de jeu de transition ultra-rapide, selon l'adversaire et le moment du match. Et toujours une grosse intensité dans le tempo et dans les duels.

Une philosophie pas très éloignée, en fait, du football cher à Tuchel et de son «contre-pressing», cette expression allemande qui décrit la façon de récupérer le ballon immédiatement après l'avoir perdu, pour profiter des secondes où l'adversaire n'est pas encore replacé.

Jusqu'ici, en trois confrontations directes en Bundesliga sur les bancs de Hoffenheim et Dortmund entre 2016 et 2017, Tuchel n'a jamais été vaincu (deux victoires pour le Borussia, un nul). Il sera de nouveau favori mardi mais, des deux coachs allemands, Nagelsmann est celui qui n'a rien à perdre!

(AFP)

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