Asie: Nancy Pelosi a atterri à Taïwan malgré les menaces de Pékin

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AsieNancy Pelosi a atterri à Taïwan malgré les menaces de Pékin

L’arrivée d’une personnalité américaine de premier rang sur l’île est considérée comme une «grave» provocation par la Chine, qui estime que les États-Unis «devront en payer le prix».

Nancy Pelosi a été accueillie à son arrivée par Joseph (ici, à sa droite), le ministre taïwanais des Affaires étrangères.

Nancy Pelosi a été accueillie à son arrivée par Joseph (ici, à sa droite), le ministre taïwanais des Affaires étrangères.

AFP/Ministry of Foreign Affairs

Un affront à la Chine: la présidente américaine de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a atterri mardi à Taïwan. Et ce, malgré les avertissements de Pékin qui considère cette visite comme une grave provocation risquant d’enflammer des relations sino-américaines déjà tendues. Le Ministère chinois de la défense a d’ores et déjà promis des «actions militaires ciblées» de la part de l’armée. Le ministère taïwanais de la Défense a du reste rapidement indiqué sur Twitter que «21 avions de l’armée chinoise (…) sont entrés dans l’ADIZ (ndlr: Zone d’identification de défense aérienne, un périmètre plus large que l’espace aérien) du sud-ouest de Taïwan le 2 août 2022».

Actuellement en tournée en Asie, la démocrate, âgée de 82 ans, est la plus haute responsable américaine élue à se rendre sur l’île en vingt-cinq ans. Une initiative controversée qui crée déjà de fortes tensions dans la région. Arrivée dans la soirée à bord d’un avion militaire américain, la dirigeante a été accueillie à son arrivée par Joseph Wu, le ministre taïwanais des Affaires étrangères.

Soutien inconditionnel à une «vibrante démocratie»

«La visite de notre délégation parlementaire à Taïwan démontre le soutien inconditionnel de l’Amérique à la vibrante démocratie de Taïwan», a-t-elle déclaré dans un communiqué publié peu après son arrivée. Elle a par ailleurs estimé que sa venue ne contrevenait «d’aucune façon» à la politique de longue date des États-Unis vis-à-vis de la Chine.

Sa visite n’avait pas été confirmée à l’avance mais plusieurs médias américains et taïwanais évoquaient depuis de nombreux jours sa venue, entraînant de fermes condamnations de Pékin. Dès l’arrivée de Nancy Pelosi à Taïwan, le Ministère chinois des affaires étrangères a dénoncé «une grave violation» des engagements américains vis-à-vis de la Chine, qui «porte gravement atteinte à la paix et à la stabilité» régionales. Il a critiqué les multiples actions «extrêmement dangereuses» ces dernières années des responsables politiques américains, qui «utilisent Taïwan pour contenir la Chine», notamment avec cette visite.

Considérée comme une province chinoise par Pékin

La Chine estime que Taïwan, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, est l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949). Opposé à toute initiative donnant aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres pays.

Des responsables et parlementaires américains se rendent régulièrement sur l’île. Mais la Chine juge qu’une visite de Nancy Pelosi, l’un des plus hauts personnages de l’État américain, est une provocation majeure. La semaine dernière, lors d’un entretien téléphonique avec le président américain Joe Biden, le président chinois Xi Jinping avait déjà appelé les Américains à ne «pas jouer avec le feu».

La plupart des observateurs jugent faible la probabilité d’un conflit armé. Mais des responsables américains ont dit se préparer à des démonstrations de force de l’armée chinoise, comme des tirs de missiles dans le détroit de Taïwan ou des incursions aériennes autour de l’île. 

L’avion de Pelosi explose les scores de Flightradar24

Le vol qui a emmené Nancy Pelosi à Taïwan mardi a été le plus suivi de l’histoire de Flightradar24, d’après ce site de pistage des vols. «Au moment où il a atterri à Taïpei, (le vol) SPAR19 était observé par plus de 708’000 personnes dans le monde», a indiqué le service en ligne dans un communiqué. «Malheureusement, étant donné le volume d’utilisateurs, il a été nécessaire de mettre en place notre salle d’attente, qui limite le temps d’accès pour les non-abonnés», explique le site. La version normale a été réinstallée peu après l’atterrissage de la femme politique américaine. AFP

(AFP)

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