Tennis - Naomi Osaka: «Il est normal de ne pas aller bien»
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TennisNaomi Osaka: «Il est normal de ne pas aller bien»

La Japonaise s’est exprimée dans le magazine Time. Elle s’est dite très «impatiente de jouer à Tokyo». Mais finalement, ce ne sera pas devant son public, privé de Jeux olympiques.

par
Claude-Alain Zufferey
Naomi Osaka en conférence de presse en Australie. Elle est revenue sur le rôle que peut jouer la presse et le rapport avec la presse dans une carrière sportive.

Naomi Osaka en conférence de presse en Australie. Elle est revenue sur le rôle que peut jouer la presse et le rapport avec la presse dans une carrière sportive.

AFP

Naomi Osaka a écrit une tribune dans le magazine Time. Elle est revenue sur les problèmes qu’elle a rencontrés durant cette année 2020 et sur son envie de participer aux Jeux olympiques, à domicile.

L’ancienne numéro 1 mondiale a commencé son texte de la sorte: «La vie est un voyage. Ces dernières semaines, mon voyage a pris un chemin inattendu, mais qui m’a beaucoup appris et m’a aidé à grandir.»

La Japonaise a poursuivi: «On ne peut jamais plaire à tout le monde. Le monde est aussi divisé aujourd’hui qu’il l’a été durant mes 23 premières années d’existence. Des questions qui me paraissent évidentes à première vue, comme le port d’un masque en cas de pandémie ou le fait de s’agenouiller pour soutenir la lutte contre le racisme, sont férocement contestées. Wow… Alors, quand j’ai dit que j’allais manquer les conférences de presse de Roland-Garros pour prendre soin de moi mentalement, j’aurais dû me préparer à ce qui s’est passé.»

«Il m’est apparu que tout le monde souffre de problèmes liés à sa santé mentale ou connaît quelqu’un qui en souffre»

Naomi Osaka

Naomi Osaka a également tiré plusieurs leçons de cette période de turbulences: «Il m’est apparu que tout le monde souffre de problèmes liés à sa santé mentale ou connaît quelqu’un qui en souffre. Le nombre de messages que j’ai reçus d’un vaste échantillon de personnes le confirme. Je pense que nous pouvons presque tous convenir que chacun d’entre nous est un être humain et qu’il est sujet à des sentiments et à des émotions.»

Ne pas devoir divulguer ses maux

Ses rapports avec la presse ont, selon elle, toujours été très courtois et surtout ses apparitions nombreuses. Elle ne comprend pas pourquoi elle a été sanctionnée au premier manquement à une conférence de presse à Roland-Garros: «Peut-être devrions-nous donner aux athlètes le droit de faire une pause mentale pour échapper à l’attention des médias en de rares occasions, sans être soumis à des sanctions strictes. Dans n’importe quel autre secteur d’activité, on vous pardonnerait de prendre un jour de congé ici et là. Vous ne seriez pas obligés de divulguer vos symptômes les plus personnels à votre employeur.»

Un rendez-vous manqué avec son public

Osaka a également écrit qu’elle ne pourrait pas être plus enthousiaste à l’idée de jouer à Tokyo, après avoir pris plusieurs semaines pour se ressourcer et passer du temps avec ses proches. «J’ai eu le temps de réfléchir, mais aussi de regarder vers l’avenir. Les Jeux olympiques en eux-mêmes sont spéciaux, mais avoir l’occasion de jouer devant les supporters japonais est un rêve qui se réalise. J’espère que je pourrai les rendre fiers.»

Elle va certainement rendre fiers ses compatriotes, mais à distance. Jeudi, les autorités et les organisateurs ont décidé de mettre sur pied les Jeux olympiques, mais presque entièrement à huis clos en raison de la situation sanitaire qui s’aggrave.

«J’essaie toujours de me pousser à défendre ce que je crois être juste, mais cela se fait souvent au prix d’une grande anxiété»

Naomi Osaka

La joueuse japonaise a conclu sa tribune en parlant plus précisément de la santé mentale: «Croyez-le ou non, je suis naturellement introvertie et je ne courtise pas les projecteurs. J’essaie toujours de me pousser à défendre ce que je crois être juste, mais cela se fait souvent au prix d’une grande anxiété. Je me sens mal à l’aise d’être le porte-parole ou le visage de la santé mentale des athlètes, car c’est encore très nouveau pour moi et je n’ai pas toutes les réponses.»

Et de poursuivre: «J’espère que les gens peuvent s’identifier et comprendre qu’il est normal de ne pas aller bien, et qu’il est normal d’en parler. Il y a des gens qui peuvent aider, et il y a généralement de la lumière au bout du tunnel.»

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