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BerneNapolitano évoque le «temps d'arrêt» du vote du 9 février

La votation contre l'immigration de masse a marqué «un temps d'arrêt» pour la Suisse, a estimé mardi à Berne le président italien Giorgio Napolitano au premier jour de sa visite d'Etat.

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Le président italien Giorgio Napolitano à son arrivée à Lugano en compagnie du président de la Confédération Didier Burkhalter. (21 mai 2014)

Le président italien Giorgio Napolitano à son arrivée à Lugano en compagnie du président de la Confédération Didier Burkhalter. (21 mai 2014)

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Le président italien Giorgio Napolitano à son arrivée à Lugano. (21 mai 2014)

Le président italien Giorgio Napolitano à son arrivée à Lugano. (21 mai 2014)

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Le dîner de gala à Berne en l'honneur du président italien  Giorgio Napolitano, en présence des membres du Conseil fédéral. (20 mai 2014).

Le dîner de gala à Berne en l'honneur du président italien Giorgio Napolitano, en présence des membres du Conseil fédéral. (20 mai 2014).

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Giorgio Napolitano, 88 ans, a pris acte du résultat du 9 février mais il n'a pas caché dans son discours que ce vote avait provoqué «du trouble» en Italie. Il s'est toutefois dit certain qu'il ne remettra pas en cause l'ouverture de la Suisse ancrée dans son histoire multiculturelle.

Côté fiscalité, Didier Burkhalter a lui demandé la fin des «listes noires» contre les entreprises et les particuliers suisses.

En revenant sur le vote du 9 février, le président italien n'a pas manqué de citer la présence de nombreux travailleurs italiens en Suisse et l'accueil accordé aux pères de l'Unité italienne, puis aux juifs et aux antifascistes italiens pendant la Seconde Guerre Mondiale, époque où lui-même était dans la Résistance.

Le chef de l'Etat italien a salué le «signal positif» du mandat de négociation pour un accord institutionnel entre l'UE et la Suisse. La présidence italienne de l'UE dès juillet contribuera peut-être à «faciliter la compréhension» entre ces deux acteurs, a-t-il espéré, reconnaissant en outre qu'un «débat âpre» avait également lieu dans son pays avant les élections européennes de dimanche.

L'UE et la Suisse partagent des valeurs de paix, de démocratie, d'Etat de droit, de respect des minorités et de dignité humaine qui sont mises au défi en Ukraine, a dit de son côté le président de la Confédération.

Différend fiscal

L'Italie suit avec «attention et confiance» les efforts en Ukraine de la présidence suisse de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a répondu Giorgio Napolitano.

Sujet de discorde entre Rome et Berne, le différend fiscal est au centre des discussions «depuis trop longtemps», selon le président de la Confédération. Les relations entre deux pays amis «ne méritent pas d'être freinées par des listes noires», a-t-il insisté. Il a appelé à des «solutions constructives».

Le précédent gouvernement italien avait exclu fin janvier un scénario d'imposition à la source, souhaité par la Suisse. Berne jugeait alors discriminatoire le programme d'amnistie partielle envisagé par l'Italie pour les évadés fiscaux. Mardi, durant les discussions entre les deux délégations, Eveline Widmer-Schlumpf s'est réjouie de progrès notamment sur les questions fiscales.

Dans son discours, Giorgio Napolitano a salué les efforts de la conseillère fédérale en matière d'argent propre. Et le «pas en avant» avec l'engagement récent de la Suisse sur l'échange automatique d'information.

Exposition et milliers de frontaliers

Pour l'autre défi à gérer, celui des près de 70'000 frontaliers italiens au Tessin, des solutions «sont sur la table», selon Didier Burkhalter. Les discussions devront notamment porter sur une hausse de l'imposition des Italiens, avait dit début mai Mme Widmer-Schlumpf.

L'Exposition universelle de Milan en 2015 sera aussi l'occasion de renforcer la coopération dans toute la région transfrontalière, selon Didier Burkhalter.

A plusieurs reprises, les deux présidents ont souligné les liens culturels profonds entre leurs deux pays. La Suisse et l'Italie, son troisième partenaire commercial, sont «plus que des amis», a encore résumé le président de la Confédération. En Suisse, les Italiens se sentent «à la maison», a répondu son invité.

Attendu au Tessin

Lors des discussions entre les deux délégations, le partenariat stratégique en matière de transports et d'énergie a été évoqué par Doris Leuthard. Et Johann-Schneider-Ammann lui a parlé de coopération scientifique et de formation professionnelle. Côté italien, la ministre des Affaires étrangères Federica Mogherini était présente.

Arrivé en milieu de matinée avec son épouse, le président italien devait rencontrer dans l'après-midi des représentants de la communauté italienne de Suisse, avant un banquet d'Etat en soirée. Il doit participer mercredi à une conférence à Lugano (TI), avant de regagner l'Italie.

(ats)

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