Interview: Natalie Dormer: «J’aime surprendre à l'écran»
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InterviewNatalie Dormer: «J’aime surprendre à l'écran»

L’actrice de «Game of Thrones» s’est confiée sur son personnage, l’égalité homme-femme et ses futurs projets.

par
Henry Arnaud
«Au fil des saisons, Margaery est devenue une femme tellement complexe qu’elle est imprévisible aux yeux des téléspectateurs.»

«Au fil des saisons, Margaery est devenue une femme tellement complexe qu’elle est imprévisible aux yeux des téléspectateurs.»

Visual Press Agency

Natalie Dormer, 34 ans, aime les contrastes et les challenges. Douce et presque timide dans la vie, elle adore les femmes fortes, que cela soit au cinéma dans «Hunger Games» ou dans la série «Game of Thrones», campant le rôle de Margaery Tyrell.

Vous avez un tatouage sur le bras gauche, «Fear is the Mind Killer». Quelle est sa signification?

C’est une citation de «Dune» que j’ai lue pour la première fois à 16 ans et qui est restée gravée dans ma mémoire, et à présent sur ma peau. Je me suis appropriée cette référence qui dit que la peur peut paralyser alors que la force de l’esprit peut donner des ailes. Je crois en la puissance de la pensée positive qui permet d’effacer la souffrance physique ou mentale. J’ai décidé de m’offrir ce tatouage pour marquer mes 30 ans, mais j’ai mis du temps à me décider à cause des tournages. Les maquilleuses détestent avoir à recouvrir des tatouages: cela demande beaucoup de temps avant d’être prête pour les caméras.

Vous incarnez des jumelles dans «The Forest» qui sort en DVD Blu-ray en Suisse. Faut-il une force mentale pour jouer ces deux sœurs dans un film d’horreur?

J’ai été fascinée par l’histoire de ces jumelles, Sara et Jess, qui ont vécu une enfance traumatisante. Chacune d’elles a grandi différemment. L’une n’a jamais réussi à oublier ce qui s’est produit, alors que l’autre a opté pour une nouvelle vie. Nous avons tous des démons en nous et chacun réagit à sa façon. Comme dans «Game of Thrones», je m’amuse davantage lorsque je peux être une femme qui surprend à l’écran.

Justement, Margaery est devenue l’un des personnages féminins les plus importants de cette série. Qu’est-ce qui vous plaît en elle?

Son ambiguïté. On ne sait jamais si elle est sérieuse ou si elle plaisante. Au fil des saisons, Margaery est devenue une femme tellement complexe qu’elle est imprévisible aux yeux des téléspectateurs.

Que ressentez-vous lors des scènes d’action ou de sexe?

Il n’y a rien de plus embarrassant que de simuler un acte sexuel devant des caméras. Si une actrice vous dit le contraire, c’est qu’elle ment! Avec les années, on sait à quoi s’attendre, mais la gêne ne passe jamais. Côté action, c’est plus simple car j’essaie tout le temps de rester en forme. J’aime me donner des challenges physiques, comme courir un marathon (ndlr: elle a fait celui de Londres en avril dernier), juste pour me prouver que j’en suis capable.

La saison 6 que diffuse actuellement la RTS passionne les fans. Que pensez-vous de l’évolution de Margaery?

Elle semble toujours trouver une solution pour se sortir des pires situations, non? Même si l’on sait que n’importe quel personnage peut mourir par surprise dans «Game of Thrones», j’adore voir Margaery passer du pouvoir à la prison car elle ne perd jamais de vue son objectif. Elle est beaucoup plus forte qu’on ne peut le penser.

Vos amies Lady Gaga et Jennifer Lawrence se battent pour l’égalité homme femme à Hollywood. Et vous?

La parité entre les sexes dépasse largement Hollywood. Dans mon pays, au Royaume-Uni, la plupart des femmes n’avaient pas le droit de voter il y a un siècle. Imaginez les progrès qui ont été faits en 100 ans. Est-ce qu’il faut davantage de femmes à la tête de Hollywood? Bien sûr. Mais il faut aussi davantage de femmes dans tous les métiers qui semblent réservés aux hommes. Je suis fière lorsque le commandant de bord d’un avion dans lequel je vais voyager est une femme! Jennifer Lawrence a bien raison de se battre pour avoir le même salaire que ses partenaires masculins. «Hunger Games» a rapporté des milliards au box-office.

Vous êtes amoureuse depuis cinq ans du réalisateur irlandais Anthony Byrne. A quand mariage et bébé?

Nous allons donner naissance cette année à notre premier bébé: un film! Cela faisait longtemps qu’Anthony m’entendait me plaindre du manque de projets forts pour les femmes. Un jour, il m’a dit: «Si les scripts que tu lis ne te conviennent pas, écris en un toi-même». Je me suis donc lancée dans la rédaction d’un thriller psychologique.

Allez-vous tourner sous sa direction?

Absolument. Nous avons cosigné le scénario de «In Darkness», sur l’histoire d’une musicienne aveugle qui entend un meurtre dans l’appartement au-dessus du sien et va se retrouver mêler à ce drame.

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