Crise diplomatique - Nazanin Zaghari-Ratcliffe: les discussions «se poursuivent»
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Crise diplomatiqueNazanin Zaghari-Ratcliffe: les discussions «se poursuivent»

Les autorités anglaises ont assuré dimanche que les discussions pour la libération de Nazanin Zaghari-Ratcliffe se poursuivaient.

Richard Ratcliffe (à droite), le mari de Nazanin Zaghari-Ratcliffe emprisonnée à Téhéran depuis 2016, tient une photo de sa femme devant l’ambassade d’Iran à Londres, le 8 mars dernier.

Richard Ratcliffe (à droite), le mari de Nazanin Zaghari-Ratcliffe emprisonnée à Téhéran depuis 2016, tient une photo de sa femme devant l’ambassade d’Iran à Londres, le 8 mars dernier.

AFP

Le ministère britannique des Affaires étrangères a indiqué dimanche que «les discussions légales se poursuivent» pour parvenir à la libération de l’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, condamnée récemment à une nouvelle peine de prison en Iran, contredisant des informations de la télévision iranienne sur un accord. «Nous n’avons reçu aucune indication selon laquelle un accord est proche», a déclaré son époux Richard Ratcliffe, après que la télévision iranienne a affirmé qu’un accord pour la libération de Nazanin Zaghari-Ratcliffe contre 400 millions de livres sterling avait été trouvé.

Cette somme correspond à une vieille dette britannique relative à un contrat d’armement. «Nous reconnaissons» que cette dette «doit être remboursée et nous examinons les modalités pour y procéder», a déclaré dimanche matin le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab sur Times Radio. «On me dit que les informations sur un accord sont fausses», a tweeté le président de la commission des Affaires étrangères de la chambre des communes, Tom Tugendhat, «la situation n’a pas changé».

La Maison-Banche a de son côté démenti les informations de la télévision iranienne au sujet d’un échange de prisonniers entre Washington et Téhéran. Poursuivie pour «propagande» contre la République islamique, Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 42 ans, a été condamnée le 26 avril à un an de prison et à un an d’interdiction de quitter l’Iran, un mois après avoir fini de purger une peine de cinq ans de prison. Dimanche matin, le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab a estimé que le traitement qui lui est infligé équivaut à de la «torture», déclaration saluée par Richard Ratcliffe.

«Les Iraniens ont une obligation très claire et sans équivoque de la libérer», a déclaré sur la BBC le chef de la diplomatie britannique. À la question de savoir si Londres considère qu’elle est retenue en «otage», le chef de la diplomatie a répondu qu’il est «difficile d’argumenter contre cette caractérisation, je l’ai déjà dit».

«Levier»

«Il est clair qu’elle est l’objet d’un jeu du chat et de la souris» et que Téhéran l’utilise comme un «levier sur le Royaume-Uni», comme d’autres binationaux détenus ou en prise avec la justice iranienne, dont Londres exige la libération «immédiate et sans condition», a-t-il ajouté. Cheffe de projet pour la Fondation Thomson-Reuters, branche philanthropique de l’agence de presse du même nom, l’Irano-Britannique avait été arrêtée en 2016 à Téhéran, où elle venait de rendre visite à sa famille.

Accusée d’avoir comploté pour renverser la République islamique, ce qu’elle nie farouchement, elle avait été condamnée à cinq ans d’emprisonnement. Elle a été assignée à résidence chez ses parents à Téhéran après avoir été autorisée en mars 2020 à sortir de prison en raison de la pandémie de Covid-19. Elle ne porte plus de bracelet électronique depuis le 7 mars 2021.

Son époux Richard Ratcliffe a estimé par le passé que sa femme était l’«otage» d’un jeu politique portant sur une vieille dette contractée par le Royaume-Uni lorsque le chah d’Iran lui avait acheté pour 400 millions de livres (467 millions d’euros) de chars. Londres avait ensuite refusé de les livrer lorsque le monarque avait été évincé en 1979, conservant cependant l’argent.

Le dossier de Mme Zaghari-Ratcliffe alimente les tensions entre les deux pays, qui ont nié tout lien entre son affaire et leur litige sur cette dette. La difficulté provient davantage, selon lui, du contexte actuel, entre prochaine élection présidentielle iranienne et négociations pour essayer de relancer l’accord sur le nucléaire iranien.

L’ONG britannique Redress a jugé dans un rapport mi-mars qu’elle souffrait d’un stress post-traumatique grave après avoir subi des «mauvais traitements» et qu’elle devait donc être reconnue par Londres comme «victime de torture». Les autorités iraniennes ont toujours nié qu’elle ait été maltraitée. Dans une tribune publiée samedi sur le site Declassified UK, Richard Ratcliffe estime que Londres doit mieux protéger ses ressortissants et a raconté qu’il n’avait pas encore discuté avec sa fille Gabriella de «ce que deux ans supplémentaires sans maman signifient».

(AFP)

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