Régimes: Ne pas manger de viande accroît le risque de fractures
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RégimesNe pas manger de viande accroît le risque de fractures

Selon une vaste étude britannique, les végétariens, véganes et mangeurs de poissons peuvent davantage craindre de se briser les os, surtout ceux de la hanche.

par
Michel Pralong
Fractures de la hanche, mais aussi de la jambe et des vertèbres sont les plus fréquentes chez les véganes.

Fractures de la hanche, mais aussi de la jambe et des vertèbres sont les plus fréquentes chez les véganes.

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Ce que l’on mange influe naturellement sur notre corps. Des études ont ainsi montré que les végétariens avaient une densité minérale des os inférieure à celle des non-végétariens. On pouvait alors raisonnablement penser que cela avait un effet sur le risque de fractures, sans que cela soit pour autant démontré. Mais ce rapport est désormais clairement défini dans une vaste étude publiée dans «BMC Medicine».

Des chercheurs de l’Université d’Oxford collectent depuis 1993 des données sur les régimes alimentaires auprès de dizaines de milliers de personnes. Epic-Oxford avait été prévue à la base pour étudier les effets de ces régimes sur les risques de cancer. Mais on peut également y recenser les fractures survenues chez les participants et ainsi les lier à ce que chacun mange.

Au total, et jusqu’à la fin du suivi dans les années 2010, les participants ont pu être regroupés en quatre groupes distincts: 29 380 mangeurs de viande, 8037 mangeurs de poisson, 15 499 végétariens et 1982 végétaliens (ou véganes). Les résultats ont clairement montré des différences. Surtout en ce qui concerne les fractures de la hanche.

Véganes: 2 fois plus de risques de jambe cassée

Durant la période d’analyse, on a relevé 2,3 fois plus de fractures de la hanche chez des véganes que chez les mangeurs de viande. Des chiffres qui descendent à 1,26 fois pour les mangeurs de poisson et 1,25 fois chez les végétariens. Une augmentation du risque de 25%, en somme, chez ces derniers. En revanche, si ces deux derniers régimes ne semblent pas présenter de différences majeures de risques de fractures d’autres os comparés aux mangeurs de viande, ce n’est pas le cas des véganes. Ils ont 1,43 fois plus de risques d’avoir une fracture que les autres, dont 2,05 fois en ce qui concerne une fracture de la jambe.

Pourquoi ces différences? Évidemment, il y a le fait que les non-mangeurs de viande ont un apport moins élevé de calcium et de protéines. Et encore, puisque depuis plusieurs années et davantage que lors de la période de l’étude, l’apport notamment en calcium via des laits végétaux s’est considérablement accru dans les régimes sans viande.

Le rôle de l’indice de masse corporel

Mais les chercheurs attribuent plus probablement les écarts à l’IMC, soit l’indice de masse corporel. Ceux qui ne mangent pas de viande et ont généralement un IMC plus bas. Or, si un IMC haut favorise par exemple les fractures de la cheville, un IMC bas est plus propice aux fractures de la hanche, ce qui expliquerait donc en partie les constatations de cette étude. Les chercheurs en tirent surtout comme conclusion que la santé des os des véganes nécessite des études supplémentaires. C’est ainsi que l’on pourrait mieux savoir si des régimes complémentaires, et lesquels, sont conseillés aux non-mangeurs de viande.

Si les différences de risques de fractures semblent conséquentes, dans la réalité, cela ne représente pas un nombre de cas énorme. Ainsi, chez les véganes, il n’y a eu parmi les participants à cette étude que 14,9 cas supplémentaires de fractures de la hanche pour 1000 personnes et sur 10 ans. Le «New Scientist», qui fait écho de cette étude, rappelle toutefois que l’âge moyen des sujets observés était au démarrage de 45 ans et que les fractures de la hanche arrivent plus fréquemment chez les personnes âgées.

Moins de cancers chez les végétariens

Enfin, donnée non négligeable, cette même recherche Epic-Oxford avait montré auparavant qu’être végétarien entraîne une diminution de 10% du risque d’avoir un cancer après 15 ans et un taux de maladie cardiaque plus bas de 20% environ. En revanche, le risque d’accident vasculaire cérébral est 20% plus élevé chez les végétariens.

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