Football: Ne surtout rien renier
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FootballNe surtout rien renier

Servette s’est incliné à Bâle, mais a impressionné dans le jeu. C’est la voie à suivre.

par
Florian Müller
Bâle

Il est des défaites fondatrices. L’histoire dira si ce match que Servette a dominé mais perdu face au FC Bâle est de celles-ci. Pour s’être obstinés à jouer envers et contre tout, à l’instar de ces sorties de balles lumineuses au plus fort du pressing bâlois, les Genevois ont été sanctionnés. La vérité du totomat est implacable - 3-1, c’est presque une raclée -, et pourtant il s’agit de ne rien renier à la manière. Surtout pas.

Car quand Servette est embêté, c’est encore et toujours en jouant qu’il s’en sort. Ainsi, lorsque le créateur en chef Miroslav Stevanovic était muselé sur son flanc droit par une paire Petretta-Balanta assurément bien briefée par Marcel Koller, le collectif grenat a naturellement trouvé son salut sur le flanc gauche en la personne de Varol Tasar, impeccable d’activité.

Le transfuge d’Aarau a amené le but de l’égalisation à Sébastien Wüthrich (19e 1-1) avant de servir parfaitement Koro Koné cinq minutes plus tard. L’Ivoirien échouera à doubler la mise, mais le mouvement est paradigmatique d’une expression pure d’un football fait de solutions, là où d’autres ne voient que des problèmes.

Bâlois surpris

Et quand Tasar cédait sa place à la mi-temps, Alain Geiger réussissait à introduire une seconde pointe en la personne d’Alex Schalk pour passer du 4-2-3-1 au 4-4-2. Si le nouveau système mettra quelques minutes à se roder, il a surpris les Bâlois par son audace – dont on ne saurait que prier Marcel Koller de s’inspirer si son FC Bâle entend encore croire à la qualification pour le tour final de la Ligue des champions mardi soir face à Linz. Moins présents sur les ailes, les grenat étaient alors derechef assidus sur les seconds ballons, dans une intensité de chaque instant.

Des problèmes, Servette en a aussi, assurément. Comme ces deux buts pris par naïveté, ou par malchance, c’est selon. Le premier sur un bien malheureux but contre son camp de Rouiller (5e 1-0), le deuxième sur un rebond malheureux qui trouvait la tête d’Ademi depuis le poteau (41e 2-1). Dans le deux cas, les mésaventures genevoises, même si elles tombaient au pire des moments, n’auront su dérouter l’avion de la Praille de son plan de vol. Et c’est à saluer.

Un vent de fraîcheur

«Je n’ai rien à reprocher à mes hommes, confiera Alain Geiger au terme de la rencontre. On prend deux buts qui font mal, mais les gars n’ont jamais baissé la tête.» S’il est des défaites fondatrices, il faudra désormais que face à des adversaires plus largement à sa portée – si ça ne s’est pas vu, la qualité individuelle du FC Bâle reste intrinsèquement supérieure, notamment sur le banc, avec les entrées de Kevin Bua et Luca Zuffi –, le Servette FC ne rechigne jamais à s’obstiner.

Et à encore faire souffler ce vent de fraîcheur sur une Super League bien souvent terne à mourir. Samedi soir à Saint-Jacques, personne n’a eu le temps de s’ennuyer. Pour un néo-promu, c’est déjà un premier exploit.

Bâle - Servette 3-1 (2-1)

Parc Saint-Jacques, 21 532 spectateurs.

Arbitre: M. Dudic Buts: 4e Rouiller 1-0 (csc), 19e Wüthrich 1-1, 41e Ademi 2-1, 81e Bua 3-1. FC Bâle: Omlin; Widmer, Cömert, Alderete, Petretta (77e Zuffi); Xhaka (46e Frei), Balanta; Stocker, Campo, Okafor (70e Bua); Ademi. Entraîneur: M. Koller

Servette FC: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Séverin; Cespedes, Cognat; Stevanovic, Wüthrich (76e Imeri), Tasar (46e Schalk); Koné (66e Chagas). Entraîneur: A. Geiger Avertissements: 31e Ademi (jeu dur), 43e Tasar (tirage de maillot), 87e Imeri (jeu dur). Notes: Bâle sans Kuzmanovic, Tushi et van Wolfswinkel (blessés). Servette sans Busset, Iapichino, Lang, Mfuyi, Ondoua et Lang (blessés).

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