Football: NE Xamax a trop longtemps joué comme un relégué

Publié

FootballNE Xamax a trop longtemps joué comme un relégué

Battu 3-2 par GC après avoir été mené 3-0, le néo-promu a perdu un nouveau match couperet devant son public. Après cette cassure, les interrogations sur ses capacités sont nombreuses.

par
Nicolas Jacquier

En retrouvant la Super League le printemps passé, NE Xamax savait ce qui l'attendait, avec une ambition limitée au seul maintien. Mais la lutte pour ne pas descendre suppose un combat permanent, la nécessité de ne jamais connaître de «coups de mou», ou le moins possible lorsque l'on traverse des zones de turbulence, inévitables sur la durée d'un championnat. Mais cette bataille impose aussi quelques règles, comme celle, vitale, de profiter des opportunités quand celles-ci se présentent devant vous. Et la venue de Grasshopper en était une, constituant l'occasion rêvée pour Xamax de montrer qu'il possédait réellement le niveau pour s'installer dans sa nouvelle catégorie de jeu.

Hélas pour eux, ses joueurs n'ont pas su en profiter comme cela s'était déjà produit à trois reprises cette saison à la Maladière. Quatre échecs dans autant de matches charnière, tous ratés et perdus à domicile, ce n'est plus une question de hasard, c'est un problème de manque de qualités pour une équipe qui ne parvient pas honorer ses rendez-vous avec son pourtant maigre public. Un syndrome (l'incapacité de s'imposer à domicile) qui renvoie aujourd'hui à un blocage mental.

Une absence incompréhensible

Une semaine après avoir pourtant réussi une deuxième mi-temps de grande qualité à Thoune, là même où le «grand» FC Bâle a ramassé quatre buts en 45 minutes samedi soir, Xamax a évolué comme une équipe de Challenge League qu'il est redevenu l'espace d'une première période durant laquelle ses joueurs furent simplement inexistants. Une absence incompréhensible qui allait se prolonger jusqu'au but de Pinga (0-3), soit durant plus d'une heure. Porté par Nuzzolo, Xamax aurait certes pu finir par égaliser, y compris lors d'interminables arrêts de jeu marqués par plusieurs occasions pour les rouge et noir, mais cela aurait alors masqué son manque d'implication et tout ce qu'il a fait de faux dimanche après-midi. Où les joueurs de GC ont tous paru très concerné par l'enjeu, luttant sur chaque ballon comme si leur survie en dépendait, comment se fait-il que les trop «gentils» Neuchâtelois n'aient pas réussi à se faire davantage violence? D'ailleurs, où étaient-ils lorsque GC pouvait se royaumer si aisément?

Se battre pour le maintien implique une autre attitude que celle de l'euphorie tardive créé par les deux buts inutiles de Nuzzolo tombés lorsque Xamax jouait son va-tout. C'est un conditionnement dans les tronches, c'est une volonté exacerbée d'en imposer, dictée par l'obligation de ne rien lâcher dès le coup d'envoi. Faute de caractère, on ne peut pas évoluer et se comporter comme un relégué pendant plus d'une heure pour s'offrir ensuite un final de folie en pensant que cela suffira. Le néo-promu a estimé, à tort, qu'il pourrait s'en sortir en développant les mêmes arguments que ceux qu'il utilisait la saison dernière et qui fonctionnaient alors.

Victime de la Nuzzolo-dépendance

Pour ne pas avoir pris conscience suffisamment tôt de l'importance d'un rendez-vous pourtant préparé avec minutie durant toute la semaine, Xamax s'est donc à nouveau royalement planté. Quand tous les indices sont au vert, Michel Decastel réussit à probablement tirer le maximum de joueurs qui, n'ayant pas tous le niveau de la Super League, parviennent parfois à compenser leurs lacunes par un supplément d'engagement collectif. Quand chacun réussit à jouer sa partition, on a déjà dit et écrit que Xamax ressemble alors à une belle petite équipe n'ayant pas volé sa place parmi l'élite. Mais quand les fausses notes s'enchaînent et que la Nuzzolo-dépendance s'accroît, Xamax redevient une équipe limitée n'ayant sans doute rien à faire chez les grands. Avec trop de faiblesses et pas assez de leaders.

Personne n'a certes triché mais personne, en raison d'un manque de personnalité, n'est parvenu à secouer le cocotier avant qu'il ne soit trop tard. Voici Xamax ainsi recalé, à nouveau cancre de la Super League et en vacances. La pause internationale ne pouvait pas plus mal tomber pour celui qui épouse plus que jamais les traits du candidat No 1 à la culbute, incapable de donner tort à ceux qui, toujours plus nombreux, estiment qu'il n'a pas le niveau pour échapper au destin que beaucoup lui prédisent.

Après cette véritable cassure, autant dans les têtes qu'au niveau du classement, il faudra plus qu'un examen de conscience pour repartir d'un meilleur pied dans quinze jours contre le FC Zurich. Un match, fichtre, qui se jouera à nouveau à la Maladière, ce stade dans lequel Xamax paraît de plus en plus perdu. Comme étranger, ou spectateur d'un jeu qui ne lui ressemble plus.

Ton opinion