Football: NE Xamax: déjà, remettre tout le monde sur un pied d’égalité
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FootballNE Xamax: déjà, remettre tout le monde sur un pied d’égalité

Martin Rueda a inauguré sa première sur le banc de Xamax par des choix forts. Notamment celui de se passer de Laurent Walthert et d'Igor Djuric.

par
Florian Vaney, Neuchâtel
Les choix forts de Martin Rueda n’ont finalement pas payé contre Thoune.

Les choix forts de Martin Rueda n’ont finalement pas payé contre Thoune.

keystone-sda.ch


Raphaël Nuzzolo a été le premier à pénétrer dans l’antre de la Maladière. Il était environ 19h20 et un bruit puissant venait de réveiller les quelques têtes posées dans la tribune. Un encouragement nourri venant droit du tunnel qui relie les vestiaires au terrain. Derrière leur chef de file, les Xamaxiens en sortaient un à un, la tête haute. Comme pour mieux symboliser l’avant et l’après. L’image est claire: à quarante minutes d’affronter Thoune, les Neuchâtelois se sentaient prêts pour vivre leur renouveau.

Une simple attitude au moment de traverser un tout aussi simple tunnel peut-elle suffire à balayer des semaines, des mois de doutes? Non. Le résultat final achèvera de le prouver (une défaite 1-2). Mais il y avait là une idée de départ. Celle de s’affranchir des maux du passé, à commencer par une motivation en berne. Xamax a besoin de confiance, de plaisir, alors tout part d’action comme celle-ci.

Une vérité à regarder en face

Bien avant ça, c’est Martin Rueda qui avait pris les devants. Et qu’importe si le successeur de Stéphane Henchoz n’est là que pour trois matches. Le Zurichois n’a pas eu peur d’effectuer des choix forts. Le premier: laisser Laurent Walthert en tribunes. Ou «le mettre au repos», comme cela a plus poliment été annoncé.

Ce que le gardien neuchâtelois a apporté à son club depuis le début du siècle est impossible à mesurer tant il a accompli. Beaucoup le pointaient du doigt lors des dernières saisons en Super League? Des remarques impertinentes, presque à chaque fois. Sauf que depuis le début de l’exercice, difficile de ne pas le voir, Laurent Walthert se trouve à côté de ses baskets. Il n’est pas seul, pris dans l’engrenage négatif qui mine Xamax actuellement, reste qu’il s’agit d’une vérité qu’il vaut mieux regarder en face.

Martin Rueda ne s’en est pas détourné. Il a choisi de lancer le très méritant Anthony Mossi devant la cage, ce que Stéphane Henchoz s’était toujours refusé à faire. Il se murmure que derrière ses airs autoritaires, le Fribourgeois n’en menait pas toujours large face aux cadres de l’équipe. D’ailleurs, pépins physiques ou suspensions mises à part, Raphaël Nuzzolo, Mike Gomes, Igor Djuric et Laurent Walthert avaient disputé l’entier des matches avant mardi soir.

Il n’est évidemment pas question de remettre en cause leur place et leur statut dans l’équipe. Le projet de rajeunissement de NE Xamax est aussi bâti autour d’eux et leur présence est nécessaire. Seulement, il n’y a qu’onze places sur le terrain et des remplaçants qui poussent. Alors, il paraît évident que ces cadres-là ont aussi le droit de connaître des passages à vide, ressentir le besoin de souffler et laisser leur place, le temps d’un soir ou plus. Avec Martin Rueda, en tout cas, ça l’est.

Le «body language» de Nuzzolo

On peut y voir un signe: la volonté de remettre tout le monde sur un pied d’égalité. Parce qu’Igor Djuric, lui aussi, a été mis au repos mardi soir. «J’ai vu qu’il n’était pas à 100%. J’ai besoin de gars à 100%, a dit Martin Rueda. Alors c’est logique qu’il n’ait pas été convoqué ce soir (mardi).» L’aurait-il été il y a une semaine?

Le «cas» Raphaël Nuzzolo est également intéressant. Disons-le sans détours, le «body language» du buteur maison rouge et noir est assez désastreux depuis quelques semaines. On en est parfois à se dire que les jambes de «Nuzz» vont finir par s’écrouler sous le poids de son corps. Est-ce que cela a changé avec l’arrivée de Martin Rueda? Il y a sans doute eu un léger mieux. Mais surtout, le numéro 14 était encore pleinement dans son match à dix minutes de la fin, lorsqu’il a parfaitement décalé Endrit Morina pour le seul but des siens.

On l’a vu s’illustrer à plusieurs reprises, tandis que son entraîneur n’a pas hésité à le recadrer, à l’encourager, toujours de manière positive. Parce que Martin Rueda l’a bien vu. Que ce soit celle de Raphaël Nuzzolo, de Freddy Mveng ou d’Yves Kaiser, toutes les têtes étaient à relever avant mardi soir et continueront de l’être jusqu’aux prochains résultats positifs. La trace de huit défaites d'affilée.

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