Football - NE Xamax reste en Challenge League
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FootballNE Xamax reste en Challenge League

Le scénario catastrophe était en marche, mais les Neuchâtelois sont parvenus à l’inverser. Après une saison tellement compliquée, ils ont sauvé leur peau à Chiasso malgré la défaite (2-1).

par
Florian Vaney
(Chiasso)
La fin d’une saison compliquée pour Neuchâtel Xamax.

La fin d’une saison compliquée pour Neuchâtel Xamax.

Urs Lindt/freshfocus

Très exactement sept Tessinois se sont alignés sur la ligne médiane au coup d’envoi. Sept morts de faim prêts à dévorer Neuchâtel Xamax. Sept hommes préparés comme si leur vie en dépendait. L’atmosphère avant la rencontre avait un peu déçu: peu de bruit, aucun mot plus haut que l’autre, bien loin de l’enfer qu’on prédisait. Tout, littéralement tout a changé lorsque les sept sprinteurs ont dévalé en direction de Laurent Walthert. À ce moment précis, les Neuchâtelois ont compris ce qui les attendait.

Eux avaient fait le déplacement la veille pour entrer dans leur bulle, pour prendre conscience de la mission qu’ils devaient accomplir. Mais comble du malheur, ils ont été retenus avant le match dans un bouchon entre leur logement de Bellinzone et le stade Riva IV de Chiasso. Premier élément déstabilisateur. À moins, peut-être, que le premier ne se situe dans la donnée même du match: ne pas perdre par plus de deux buts d’écart. Trompeur et perturbant, n’est-ce pas?

Xamax ne savait pas trop sur quel pied danser, Chiasso était convaincu du moindre de ses mouvements. Alors, fatalement, la situation s’est dégradée pour les visiteurs. Et au fur et à mesure, l’atmosphère devenait toujours plus hostile. Les Tessinois sont habitués à ce genre de match et cela s’est vu.

But frustrant

Telle une mauvaise blague, il n’a pas fallu 15 minutes aux hommes de Baldo Raineri pour ouvrir le score. Sur un but tout ce qu’il y a de plus frustrant: une frappe lente, passée entre les jambes de Freddy Mveng, qui est venue mourir sur le poteau intérieur de Laurent Walthert avant de filer dans ses filets. Xamax se retrouvait placé face au scénario catastrophe. Celui auquel il ne voulait pas penser.

Il faut le dire, cette réussite a complètement paniqué la troupe d’Andrea Binotto. Et, corollaire, a complètement désinhibé ce qu’il restait à désinhiber parmi la centaine de supporters présents en tribune et les dizaines d’ultras coincés derrière le grillage. Chiasso pénétrait à peine dans la moitié de terrain adverse que le stade se levait systématiquement comme un seul homme.

Et donc? Fabio Dixon a doublé la mise. À la 22e minute. Vraiment, les événements ne pouvaient plus mal s’emmancher pour les Rouge et Noir. Et lorsque Raphäel Nuzzolo a frappé sur le poteau deux minutes plus tard, il a même semblé que le destin avait choisi son camp. Comme lorsque le poteau - déjà - avait sauvé Chiasso à la dernière minute six jours plus tôt à Schaffhouse.

Le soulagement

Au-delà de l’impression que les Xamaxiens étaient déboussolés sur la pelouse du Riva IV, ceux-ci étaient également en train d’être trahis par leur gentillesse. La déstabilisation de Chiasso fonctionnait et les visiteurs (mis à part peut-être le malin Raphaël Nuzzolo) semblaient n’avoir aucune carte à faire valoir dans ce domaine-là.

Autant dire que la réduction du score de Juan Manuel Parapar a été accueillie comme un immense soulagement. Xamax s’était redressé après le 2-0, mais la menace comptable n’avait jamais été aussi palpable. Si bien que l’Espagnol a apporté à ses couleurs une bouffée d’air frais comme on en fait peu. C’était déjà lui qui avait montré la voie contre Wil il y a deux semaines, c’est encore lui qui n’a pas tremblé dans la surface pour tromper Alexandros Safarikas (32e, 2-1).

On peut appeler ça un but, on peut aussi le considérer comme un coup de baguette magique. L’ogre Chiasso s’est d’un seul coup transformé en créature fragile et inoffensive. Le voile avait disparu, les Tessinois étaient redevenus l’équipe moyenne, inconstante et désorganisée qu’ils ont été depuis le début de la saison.

Mise au vert bénéfique

Après la pure folie de la première mi-temps, ce duel à la vie à la mort est tombé dans un faux rythme assez étonnant. À vrai dire, il ne s’est vraiment pas passé grand-chose après la pause, Chiasso gâchant les maigres chances qu’il parvenait encore à se procurer. NE Xamax a eu l’intelligence d’en profiter. Sa saison aura été un calvaire inimaginable, sa soirée avait commencé de la pire des manières, mais il convient de ne pas minimiser le mérite d’Igor Djuric et de ses camarades pour s’en être tirés. Malgré quelques ultimes sueurs froides dans les toutes dernières minutes.

Beaucoup de questions ont dû tourner ces derniers jours dans les esprits neuchâtelois. À commencer par se demander à quoi pourrait vraiment ressembler NE Xamax en Promotion League. Et en se mettant au vert dès mercredi, Andrea Binotto et ses protégés ont eu le temps de cogiter. Personne ne parlera d’exercice réussi. Et écrire qu’avoir évité le pire résout tous les problèmes serait très éloigné de la vérité. Mais après avoir tant transpiré, les Xamaxiens ont bien mérité de profiter de leur soulagement. Dès cet été, ils auront rendez-vous avec Yverdon, Stade-Lausanne et, peut-être, Sion dans une Challenge League des plus attrayantes pour les Romands.

Chiasso - Neuchâtel Xamax 2-1 (2-1)

Stadio Riva IV, 100 spectateurs. Arbitre: Lukas Fähndrich.

Buts: 15e Hadzi 1-0; 22e Dixon 2-0; 32e Parapar 2-1.

Chiasso: Safarikas; Dixon (74e Pasquarelli), Affolter, Pavlovic; Malinovski (81e Lujic), Silva, Maccoppi, Hadzi; Bahloul, Marzouk; Cortesi (66e Manicone). Entraîneur: Baldo Raineri.

Xamax: Walthert; Gomes, Basha, Djuric (50e Morgado); Mveng, Dominguez, Beloko (63e Corbaz), Kempter; Parapar (63e Mutombo), Mafouta (91e Dugourd), Nuzzolo. Entraîneur: Andrea Binotto.

Avertissements: Bahloul (23e, jeu dur), Djuric (44e, jeu dur), Affolter (69e, jeu dur), Mutombo (79e, antijeu), Maccoppi (94e, jeu dur).

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