Football: NE Xamax va dire adieu au Stade de Suisse
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FootballNE Xamax va dire adieu au Stade de Suisse

Dès le 1er juillet, l'enceinte bernoise, où le club neuchâtelois évoluera ce samedi, retrouvera son appellation originelle, Wankdorf. Histoire d'un rétropédalage historique.

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Sport-Center
Les joueurs d'YB évolueront à compter du 1er juillet prochain dans leur «nouveau» Wankdorf.

Les joueurs d'YB évolueront à compter du 1er juillet prochain dans leur «nouveau» Wankdorf.

Keystone

NE Xamax s’apprête à retrouver samedi soir le Stade de Suisse pour la dernière fois. Non parce que les Neuchâtelois n’évolueront plus en Super League la saison prochaine, quand bien même on ne peut bien sûr pas exclure cette hypothèse. La véritable raison en est que l’enceinte bernoise va retrouver dès le 1er juillet son nom d’origine: Wankdorf.

Un retour aux sources qu’une très large majorité de Bernois a régulièrement plébiscité au cours de multiples sondages. Construit en 1925, le vénérable Wankdorf, qui avait notamment accueilli la finale de la Coupe du monde 1954 entre l'Allemagne et la Hongrie (3-2 devant 56'000 spectateurs), avait été détruit en 2001 pour céder la place au Stade de Suisse, inauguré quatre ans plus tard.

1954: Finale de la Coupe du monde au Wankdorf. Image: Keystone.

1954: Finale de la Coupe du monde au Wankdorf. Image: Keystone.

Le fait qu’YB puisse à nouveau évoluer dans «son» Wankdorf n’est pas né de la seule volonté de ses fans attachés à l’histoire du lieu. A l’origine de ce rétropédalage historique, on trouve un partenariat avec une entreprise de biotechnologie, CSL Behring, implantée depuis 70 ans dans ce même quartier du Wankdorf. Mais au lieu de rebaptiser le stade à son nom, celui qui est l’un des leader mondiaux de son secteur a préféré faire renaître l’appellation originelle.

Le partenariat est valable jusqu’en 2025 au moins et personne ne sait combien il en a coûté à CSL Behring, certainement plusieurs millions de francs. Dans le cas présent, c’est une opération de «naming» à l’envers, le partenaire commercial s'offrant en quelque sorte la marque Wankdorf (très forte au niveau du contenu émotionnel qu'elle contient) pour la faire rayonner. Lors de la venue du FC Zurich voici une semaine, le nouveau nom figurait même déjà à l'intérieur du stade.

Depuis la reprise du championnat, il y a déjà des airs de «Wankdorf» au «Stade de Suisse». Image: Keystone.

Depuis la reprise du championnat, il y a déjà des airs de «Wankdorf» au «Stade de Suisse». Image: Keystone.

Une pratique peu répandue en Suisse

La pratique du naming demeure peu répandue dans le football suisse. En Super League, seuls trois clubs s’y sont mis: Lucerne (Swissporarena), Thoune (Stockhorn Arena) et Saint-Gall (Kybunpark depuis 2016, anciennement AFG Arena). A l’échelon inférieur, les deux stades de Challenge League dont le nom a été commercialisé sont aussi situés outre-Sarine : l’IGP Arena à Wil et le Lipo Park à Schaffhouse.

En Suisse Romande, pareille pratique commerciale n’existe pas pour ce qui est du football (on la retrouve en revanche dans quelques patinoires). Ainsi La Maladière, qui appartient à la ville de Neuchâtel, restera La Maladière, Jean-François Collet n’ayant pas l’intention de vouloir en changer le nom. «Ce n’est en tout cas pas un dossier qui est sur la table, précise le nouveau propriétaire du club. Je ne suis d’ailleurs pas persuadé que le monde politique soit très enclin à vouloir rebaptiser le nom du stade.»

«L'histoire de Tourbillon appartient aux Valaisans»

Pareil en Valais où Tourbillon (construit en 1968 et régulièrement rénové depuis) s’est inscrit dans l’histoire du canton. «A la rigueur, estime Christian Constantin, le patron du FC Sion, on pourrait imaginer un nom commercial pour un nouveau stade. Dans le cas de Tourbillon, son histoire appartient aux Valaisans. C’est un peu comme si au milieu de la croissance d’un enfant, on voulait lui changer soudain son prénom. Je ne suis pas certain qu’il aurait envie de changer d’identité.»

Au bout du lac, l’idée de changer le nom du Stade de Genève (souvent communément appelé La Praille) n’est pas la priorité des responsables de la Fondation. «Mais c’est une chose à laquelle on a pensé et qu’on ne peut exclure, précise Jean-Marc Guinchard, son président. Cela ne figure toutefois pas dans nos objectifs dans un avenir à court terme. On a d’autres soucis actuellement, notamment la pelouse. Dans le cadre d’un potentiel changement de nom du stade, la recherche d’un sponsor représente aussi un choix délicat.»

En attendant, il appartiendra à NE Xamax de prendre congé du Stade de Suisse, si possible de la meilleure façon qui soit. Quant à Young Boys, il accueillera le 5 juillet le FC Lugano dans son «nouveau Wankdorf», un FC Lugano qui, en son temps, avait été le dernier club visiteur à se produire dans l'antique Wankdorf.

Nicolas Jacquier

La Tuilière ne changera pas de nom

A Lausanne, la nouvelle enceinte des joueurs du LS s’appellera toujours stade de la Tuilière, et pas autrement. Propriétaire du club vaudois, Ineos n’a jamais envisagé une exploitation commerciale, en lui associant par exemple son nom.

Le «naming» du nouveau stade est d’ailleurs propriété de la Ville de Lausanne, qui ne souhaite apparemment pas en changer l’appellation.

«Si la question s’était vraiment posée, explique Vincent Steinmann, directeur administratif du LS, on aurait entrepris les démarches pour tenter de changer le nom du stade. Mais telle n’est pas du tout notre intention... Il n’y aura pas d’Ineos Arena par exemple. On a déjà bien assez de choses à vendre, à commencer par les places business.»

N.JR

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