Actualisé 19.12.2012 à 18:19

SyrieNégociations pour faire sortir les rebelles du camp palestinien

Quelque 100'000 personnes ont fui le camp palestinien de Yarmouk à Damas à la suite des récents affrontements entre partisans du régime et opposants.

Près de 100'000 Palestiniens auraient fuit le camp de Yarmouk.

Près de 100'000 Palestiniens auraient fuit le camp de Yarmouk.

AFP

De violents combats entre partisans et opposants du régime ont lieu depuis plusieurs jours.

Des négociations visant à éloigner le conflit du camp se poursuivent.

«Les gens fuient toujours en masse», a ainsi déclaré Lisa Gillian, responsable adjointe du personnel de l'agence onusienne, qui participait à une conférence de presse sur les besoins de l'ONU pour la Syrie en 2013.

Le camp de Yarmouk abritait auparavant 150'000 Palestiniens. Mais, avec «les évènements à Yarmouk», les «deux tiers pourraient avoir fui», a expliqué Lisa Gillian. Elle a souligné que le chiffre de 100'000 était une estimation.

Environ 3000 d'entre eux ont traversé ou sont en train de franchir la frontière libanaise et près de 2000 personnes supplémentaires pourraient les rejoindre, a-t-elle par ailleurs précisé.

Les négociations se poursuivent

Des négociations étaient en cours mercredi pour faire sortir les rebelles syriens du camp palestinien de Yarmouk à Damas et le tenir à l'écart du conflit après de violents combats entre partisans et opposants du régime, selon une organisation de secours palestinienne.

«Le camp Yarmouk est un asile, un refuge pour les Palestiniens et aucune des parties en conflit (en Syrie) ne devrait y pénétrer», a ajouté un des négociateurs, sous couvert de l'anonymat. Il a ajouté que par «organisations neutres» il entendait des militants n'étant ni pour le régime ni engagés avec la rébellion.

Appel de Mahmoud Abbas

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé mercredi l'ONU et la communauté internationale à laisser les réfugiés palestiniens fuyant les combats en Syrie entrer dans les Territoires palestiniens.

Mahmoud Abbas a «demandé au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et à la communauté internationale de permettre à notre peuple en Syrie d'entrer en territoire palestinien, en raison de l'exposition des camps palestiniens au conflit sanglant en Syrie», selon l'agence officielle Wafa. Il a réitéré «la position palestinienne de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays arabes».

Israël, qui contrôle la totalité des frontières extérieures des Territoires palestiniens, à l'exception du terminal de Rafah, entre la bande de Gaza et l'Egypte, n'a pas réagi dans l'immédiat.

Véritable catastrophe

Mardi, plusieurs raids avaient visé le camp de Yarmouk tandis que des combats et des bombardements se déroulaient dans le quartier proche de Tadamoun, ainsi que dans d'autres secteurs pauvres du sud de la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Un premier raid dimanche avait fait huit morts dans le camp, suivi de violents combats lundi.

Les rebelles, appuyés par des combattants palestiniens qui leur sont acquis, avaient réussi plus tôt à chasser d'une grande partie du camp des miliciens palestiniens favorables au régime, selon l'OSDH.

«C'est une véritable catastrophe humanitaire, c'est une deuxième Nakba pour les Palestiniens», a assuré un habitant du camp. Le mot «nakba», qui signifie catastrophe en arabe, fait référence à l'exode massif en 1948, lorsque les Palestiniens ont perdu leurs biens et leur terre après la création de l'Etat d'Israël.

Des dizaines de milliers de Palestiniens ont fui les violences dans le camp et se sont installés dans des jardins publics et des places à Damas, ne trouvant pas où loger et ne pouvant louer des maisons à cause des prix élevés. Selon la Sûreté générale libanaise, 2200 d'entre eux ont franchi la frontière entre samedi et mercredi pour y trouver un abri.

(ats/afp)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!