06.02.2020 à 10:48

Patinage artistiqueNelson Monfort: «Il faut que la peur change de camp»

L'emblématique commentateur de France Télévisions s'est exprimé sur les affaires de viol qui secouent le monde du patinage.

par
Sport-Center
Nelson Monfort (ici aux Européens de Moscou, en janvier 2018, aux côtés des médaillés d'or français de danse Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron): «Une prise de conscience est maintenant plus que nécessaire.»

Nelson Monfort (ici aux Européens de Moscou, en janvier 2018, aux côtés des médaillés d'or français de danse Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron): «Une prise de conscience est maintenant plus que nécessaire.»

AFP

Commentateur vedette de patinage artistique sur France Télévisions depuis 1992, Nelson Monfort (66 ans) a choisi les colonnes du «Parisien» pour s'exprimer sur les accusations de viols qui secouent le milieu de la glace depuis les révélations du journal «L’Équipe» et la parution du livre-confession de l'ancienne patineuse Sarah Abitbol (aujourd'hui 44 ans), «Un si long silence».

Le journaliste commence par expliquer pourquoi il ne s'est pas exprimé plus tôt. Et la réponse est très simple: «Parce qu'on ne m'a pas demandé mon avis avant.»

Il met ensuite les choses au point, affirmant ne pas avoir «été au courant des viols». «Comment penser que j'aurais pu être au courant de telles horreurs sans les dénoncer? Je suis journaliste, pas porte-parole d'une Fédération ou d'une autre. Si je l'avais su, je l'aurais dit. C'est pire que tout. Mais, même avec Philippe (ndlr: Candeloro, son consultant à l'antenne depuis 2005), on n'en a jamais parlé. Je pense qu'une prise de conscience est maintenant plus que nécessaire. Et celle-là va être vraiment salutaire. Il faut que la peur change de camp.»

Nelson Monfort est évidemment revenu sur la conférence de presse que Didier Gailhaguet, président de la Fédération française des sports de glace, a tenue mercredi après-midi: «Dans un premier temps, j’ai trouvé Didier Gailhaguet très combatif, a expliqué Monfort. Et puis, moi qui le connais bien depuis des années, je l’ai trouvé très ému. Je ne l’ai jamais vu comme ça. Il a employé deux mots: «faute» et «erreur». Il avait sûrement un troisième mot en tête, c’est le mot «regret». Je suis sûr qu’il regrette très profondément toute cette histoire et de ne pas en avoir pris la mesure plus tôt. Il était au bord des larmes.»

R. Ty

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