Escalade au Proche-Orient - Inquiétude internationale après la frappe sur les locaux d’AP à Gaza
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Escalade au Proche-OrientInquiétude internationale après la frappe sur les locaux d’AP à Gaza

Le bâtiment de l’agence américaine AP et d’Al-Jazeera a été pulvérisé par l’armée israélienne samedi. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit.

Le Conseil de sécurité de l’ONU discute dimanche des tensions entre Israël et le Hamas, au lendemain de bombardements ayant fauché la vie d’enfants et pulvérisé les locaux de médias internationaux dans la bande de Gaza, d’où les salves de roquettes se multiplient vers des grandes villes israéliennes.

Depuis le début lundi de ce nouveau cycle de violences entre l’État hébreu et des groupes palestiniens de la bande de Gaza, 155 personnes, en majorité des Palestiniens, ont été tuées. À Gaza, l’immeuble de 13 étages qui abritait notamment les équipes de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera et l’agence de presse américaine Associated Press (AP) a été pulvérisé par des frappes de l’armée israélienne qui avait demandé préalablement l’évacuation de l’immeuble.

Les forces israéliennes ont affirmé que l’immeuble abritait «des entités appartenant au renseignement militaire» du mouvement islamiste armé Hamas, qui se sert selon elles des civils comme «boucliers humains» dans la bande de Gaza, territoire palestinien de deux millions d’habitants sous son contrôle.

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Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a dénoncé une «décision honteuse», après l'annonce du Conseil des droits de l’homme de l’ONU de lancer une enquête internationale sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël depuis avril. (Jeudi 27 mai 2021)

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a dénoncé une «décision honteuse», après l'annonce du Conseil des droits de l’homme de l’ONU de lancer une enquête internationale sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël depuis avril. (Jeudi 27 mai 2021)

Reuters
Au centre, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken arrive en Israël pour tenter de consolider la trêve entre Israéliens et Palestiniens. (Mardi 25 mai 2021)

Au centre, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken arrive en Israël pour tenter de consolider la trêve entre Israéliens et Palestiniens. (Mardi 25 mai 2021)

AFP
Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé samedi à un respect «complet» du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, dans sa première déclaration depuis le début du conflit le 10 mai. (Dimanche 23 mai 2021)

Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé samedi à un respect «complet» du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, dans sa première déclaration depuis le début du conflit le 10 mai. (Dimanche 23 mai 2021)

AFP

La direction d’AP s’est dite «choquée et horrifiée» par la frappe israélienne. «Nous avons évité de justesse de terribles pertes humaines», a dit dans un communiqué le patron de l’agence, Gary Pruitt. Le chef du bureau d’Al-Jazeera en Israël et dans les Territoires palestiniens Walid al-Omari a lui estimé qu’Israël avait «décidé non plus de causer des destructions et des morts, mais aussi de faire taire ceux qui montrent ce qu’il se passe», a-t-il déclaré à l’AFP.

Et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s’est entretenu après le président américain après ses frappes, est apparu tard en soirée à la télévision, affirmant avoir le soutien «sans équivoque» de Joe Biden. Ce dernier a quant à lui soutenu le droit d’Israël «à se défendre» contre les attaques du Hamas, tout en faisant part de préoccupation au sujet de «la sécurité des journalistes».

Tard en soirée samedi, un immeuble d’une dizaine d’étages, la tour al-Andalous, a été gravement endommagé par des frappes, ont constaté des journalistes de l’AFP à Gaza. Et sur le coup de minuit, le Hamas a lancé un nouveau barrage de roquettes vers des villes israéliennes dont la métropole Tel-Aviv.

Joe Biden échange avec Mahmoud Abbas

En coulisses, les tractations diplomatiques s’intensifient pour tenter de mettre un terme aux violences avec une réunion virtuelle du Conseil de sécurité prévue dimanche, alors qu’en Amérique du Nord et en Europe, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue en soutien aux Palestiniens.

Un haut responsable du département d’Etat américain, Hady Amr, doit par ailleurs rencontrer des dirigeants israéliens à Jérusalem dimanche et se rendre en Cisjordanie occupée pour des discussions avec des responsables palestiniens. Le président américain Joe Biden a d’ailleurs discuté samedi au téléphone avec le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu et, pour la première fois depuis son arrivée à la Maison-Blanche, avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

Le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres s’est dit «consterné» par le «nombre croissant de victimes civiles» et «profondément perturbé» par l’attaque israélienne contre un bâtiment abritant des médias internationaux à Gaza, a déclaré samedi un porte-parole. Il a été «profondément perturbé par la destruction par une frappe aérienne israélienne aujourd’hui (samedi) d’un immeuble de grande taille dans la ville de Gaza qui abritait les bureaux de plusieurs organisations internationales de médias ainsi que des appartements résidentiels», a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans un communiqué.

Le Canada a insisté samedi sur «l’importance fondamentale de protéger les journalistes» après l’attaque israélienne contre un bâtiment abritant des médias internationaux à Gaza, et appelé à des «mesures immédiates» pour mettre fin à la violence.

Indiquant dans un tweet que le Canada suit «avec une grande inquiétude» la situation en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, le chef de la diplomatie canadienne Marc Garneau a appelé «toutes les parties» à prendre des «mesures immédiates pour mettre fin à la violence, désamorcer les tensions et protéger les civils, réfugiés, journalistes et médias». Il a réitéré «l’importance fondamentale» pour le Canada de protéger les journalistes, soulignant que ceux-ci «doivent être libres de faire leur travail» et que leur «sûreté et sécurité doivent toujours être assurées».

Au moins 145 morts

Malgré ces efforts diplomatiques visant à mettre fin à plus de cinq jours de combats, près de 300 roquettes ont à nouveau été lancées dans la nuit de vendredi à samedi depuis la bande de Gaza en direction d’Israël, selon l’armée israélienne. Un Israélien de 50 ans, au volant de sa voiture, a été tué dans la banlieue de Tel-Aviv par des tirs du Hamas qui a dit avoir frappé le centre d’Israël pour venger la frappe «contre des femmes et des enfants» à Gaza.

Dix Palestiniens, parmi lesquels deux femmes et huit enfants, membres de deux familles cousines, ont en effet péri à l’aube dans une frappe israélienne dans le camp de réfugiés d’Al-Shati, dans la ville de Gaza. «Les enfants continuent d’être victimes de cette escalade meurtrière», a déploré Tor Wennesland, émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, se disant «atterré».

Alors que la flambée de violence entre Israël et le Hamas à Gaza ne montre aucun signe d’accalmie, le dernier bilan des autorités palestiniennes fait état de 145 morts, parmi lesquels 41 enfants et 1100 blessés dans les bombardements sur l’enclave palestinienne depuis lundi.

Cette opération israélienne, la plus importante depuis la guerre de 2014 avec le Hamas a commencé en réponse à un barrage de roquettes du Hamas sur Israël, tirées en «solidarité» avec les centaines de Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël.

«Nakba»

Les autorités israéliennes étaient par ailleurs en état d’alerte samedi, alors que de nouvelles manifestations de colère ont eu lieu à travers la Cisjordanie occupée. Les Palestiniens commémorent chaque 15 mai la Nakba, la «catastrophe» qu’a représentée à leurs yeux la création d’Israël en 1948, et synonyme d’exode pour des centaines de milliers d’entre eux.

Et samedi soir, deux Palestiniens ont été tués dans des confrontations avec les forces israéliennes en Cisjordanie, au lendemain des affrontements parmi les plus violents depuis des années dans ce territoire (11 morts), selon les services de santé palestiniens. Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a pour sa part menacé, en cas de troubles dans ce territoire occupé par Israël, «d’annuler les mesures d’aide à l’économie et à la société palestinienne après l’année de (crise du) corona».

Sur son territoire, Israël est également confronté à une escalade inédite d’une violence inter-communautaire et de menaces de lynchages dans ses villes «mixtes», où vivent Juifs et Arabes, notamment à Lod (centre), Jaffa près de Tel-Aviv ou encore Acre, dans le nord du pays. Enfin, plusieurs incidents ont été recensés à la frontière avec le Liban, dont une tentative d’infiltration de militants libanais en Israël, selon l’armée.

(AFPE)

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