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Assemblée de l'ONUNetanyahu prêt à en découdre «seul» avec Téhéran

Au dernier jour de l'Assemblée générale de l'ONU, le Premier ministre israélien a prononcé un discours sans concessions sur l'Iran.

Benjamin Netanyahu: «J'aimerais croire Hassan Rohani, mais je ne le peux pas.»

Benjamin Netanyahu: «J'aimerais croire Hassan Rohani, mais je ne le peux pas.»

AFP

Benjamin Netanyahu a affirmé solennellement que son pays était prêt à agir seul pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire, prenant ainsi le contre-pied de Washington, qui a renoué avec l'Iran.

«Israël ne laissera pas l'Iran obtenir des armes nucléaires. Si Israël est obligé d'agir seul, il agira seul», a-t-il martelé devant l'assemblée réunie en plénière.

L'Iran n'a pas encore franchi la ligne rouge, a-t-il expliqué, mais il «veut être en position de pouvoir accélérer et construire des bombes atomiques» quand il le voudra «avant que la communauté internationale ne puisse le détecter et l'empêcher».

L'an dernier à la même tribune, Benjamin Netanyahu avait tracé une ligne rouge sur un croquis de bombe atomique iranienne pour montrer la nécessité d'agir vite avant que l'Iran ne devienne une puissance nucléaire.

«Cinquante Corées du Nord»

Mardi, il était le dernier orateur à monter, sous les applaudissements, à cette tribune qui a accueilli depuis une semaine des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement, dont le président américain Barack Obama et le nouveau président iranien Hassan Rohani.

Il a estimé qu'un Iran nucléaire serait aussi dangereux que «cinquante Corées du Nord». «Face à une telle menace, Israël n'aura d'autre choix que de se défendre», a-t-il souligné. «Je n'accepterai jamais qu'un régime qui a juré à plusieurs reprises de nous rayer de la carte ait des armes nucléaires (..), je ne ferai jamais de compromis sur la sécurité de mon peuple et de mon pays».

«Maintenir la pression»

Benjamin Netanyahu a tenu des propos très durs à propos de Hassan Rohani, qui a donné des signes d'ouverture ces derniers jours en direction des dirigeants occidentaux.

«J'aimerais croire Hassan Rohani, mais je ne le peux pas», a-t-il encore déclaré en référence aux déclarations conciliantes du président iranien. Celui-ci a juré que l'Iran ne cherchait pas à se doter de la bombe.

Pour le Premier ministre israélien, Hassan Rohani est «un loyal serviteur du régime», pas plus fiable que son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, qui se livrait à de violentes diatribes anti-israéliennes à la tribune de l'ONU. Il faut «se concentrer sur les actions de l'Iran», a-t-il estimé.

En attendant, il faut «maintenir la pression» et les sanctions contre Téhéran, de façon à s'assurer que le programme nucléaire iranien soit «démantelé complètement et de façon vérifiable». On ne doit «lever les sanctions que quand l'Iran aura totalement démantelé son programme de fabrication d'armes nucléaires», a encore affirmé M. Netanyahu.

«Provocateur et belliqueux»

Le chef du gouvernement israélien a rejeté l'idée d'un «accord partiel» qui relâcherait l'étau en échange de «concessions surperficielles» de la part de Téhéran. Il a énuméré une série de mesures que les Iraniens devraient prendre, à commencer par «cesser tout enrichissement de leur uranium» et transférer en dehors d'Iran les stocks d'uranium enrichi.

L'uranium peut faire marcher une centrale nucléaire civile mais, à un plus haut dégré d'enrichissement, il peut aussi servir à fabriquer une bombe.

Un diplomate iranien a immédiatement réagi en séance au discours de Benjamin Netanyahu en le qualifiant d'«extrêmement provocateur» et de «belliqueux». Selon Khodadad Seifi, conseiller à la mission iranienne auprès de l'ONU, «toutes les activités nucléaires iraniennes ont, et ont toujours eu, un objectif exclusivement pacifique».

Coup de fil historique

La semaine dernière, les Iraniens ont accepté de reprendre les négociations sur le nucléaire avec les pays membres du groupe 5 1 (les cinq grandes puissances et l'Allemagne) à la mi-octobre à Genève.

Les chefs de la diplomatie américain et iranien, John Kerry et Mohammad Javad Zarif, se sont rencontrés jeudi à New York et vendredi, un coup de téléphone historique a eu lieu entre Barack Obama et Hassan Rohani.

(ats/afp)

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