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DrogueNeuchâtel durement touché par le trafic de cocaïne

Explosion du deal depuis le début de l'année 2012.

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Communiqué
Des dealers du quartier de Chauderon, à Lausanne. Le canton de Neuchâtel est également très touché depuis un peu plus d'une année.

Des dealers du quartier de Chauderon, à Lausanne. Le canton de Neuchâtel est également très touché depuis un peu plus d'une année.

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A l'instar de ce qui se passe dans les métropoles de Suisse romande, le canton de Neuchâtel n'est pas épargné par le phénomène du trafic de cocaïne de rue lié à l'arrivée massive de dealers provenant de l'Afrique de l'Ouest, principalement du Nigéria et de Guinée, bénéficiant pour la plupart du statut de requérants d'asile.

Depuis le début de l'année 2012, les autorités de poursuite pénale neuchâteloises ont ouvert plus de 60 procédures préliminaires impliquant des Africains de l'Ouest pour du trafic de cocaïne, alors qu'auparavant entre 10 et 20 procédures étaient traitées par année en moyenne.

Dans le cadre de ces enquêtes, 38 ressortissants africains ont été incarcérés et d'autres font encore l'objet de signalements et de mandats d'arrêt, n'ayant pu être à ce jour localisés par la police. Ces investigations ont nécessité l'audition et la dénonciation de 160 cocaïnomanes, qui ont admis avoir acheté au total à ces dealers africains non loin de 10 kilos de cocaïne au détail, soit une valeur marchande de CHF 1'200'000.—. Plusieurs dizaines de milliers de francs et plus de 1,5 kilo de cocaïne ont pu être saisis par la brigade des stupéfiants.

Par ailleurs, il a pu être établi que ces trafiquants se servaient de sociétés de transferts de fonds implantées dans la région pour envoyer une partie des bénéfices du trafic dans leur pays.

Le trafic de cocaïne de rue a donc pris une ampleur considérable depuis début 2012 dans le canton de Neuchâtel. Le nombre important de dealers africains et leurs méthodes de vente de plus en plus "offensives" ont rendu le travail de la police ardu. Les témoignages des toxicomanes interrogés laissent apparaître le fait que les trafiquants n'hésitent pas à les harceler à la sortie des boîtes de nuit ou simplement sur rue pour leur proposer de la cocaïne.

Devant l'insistance des vendeurs, passablement de jeunes gens ont succombé à la tentation du produit, se laissant ensuite piéger par la dépendance. La situation économique précaire dans le sud de l'Europe a poussé beaucoup d'Africains de l'Ouest établis préalablement en Espagne, en Italie et au Portugal à s'exiler en Suisse pour déposer une demande d'asile. En effet, passablement de trafiquants arrêtés dans le cadre de ces enquêtes étaient au bénéfice de permis de séjour ou de passeports émis par ces pays.

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