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AménagementNeuchâtel va rediscuter le dallage contesté du cloître de la Collégiale

Un vif émoi populaire a suivi l’interpellation déposée au Conseil général. La commune va organiser une large consultation populaire et se dit prête à modifier le projet, voire à revenir en arrière.

par
Christophe Passer
Le jardin situé dans le cloître de la Collégiale a été supprimé et remplacé par des dalles.

Le jardin situé dans le cloître de la Collégiale a été supprimé et remplacé par des dalles.

David Marchon / LMD

Sans doute le choc des photos, dira-t-on. Celles publiées par L’Express de Neuchâtel, dans son édition de mercredi (voir ci-contre), ont provoqué une forte vague d’étonnement, ou carrément d’indignation, sur les réseaux sociaux. Sur la page Facebook d’Arcinfo, le nouveau dallage du cloître de la merveilleuse collégiale de Neuchâtel est ainsi comparé à une «salle de bains», une «horreur» ou carrément à un «crime contre le patrimoine». Que s’est-il passé pour que cet espace, qui n’avait pas été retouché depuis les années 1960, où on lui avait donné un aspect entre square et jardinet, suscite soudain un tel tollé, au point d’imaginer peut-être revenir en arrière?

Les images parues dans le quotidien régional accompagnaient la recension de l’interpellation urgente déposée cette semaine au Conseil général de la ville par le jeune conseiller général PLR Jules Aubert: «On m’a transmis une photo prise en hauteur du préau, cela m’a sidéré. Je me suis aussitôt plongé dans les dossiers et rapports qui avaient été transmis par le Conseil communal au Conseil général, j’ai vraiment cherché à comprendre si j’avais raté quelque chose. Mais rien, dans ces communications, ne disait qu’on allait ainsi poser un simple dallage de ciment. Alors j’ai rédigé mon interpellation urgente.» Pour lui, attaché qu’il est à la fonction historique et donc cultuelle des lieux (il est aussi moniteur de catéchisme protestant), il est évident que les principes de rénovation d’un pareil bâtiment «ont été bafoués».

Dans son texte, il évoque notamment la Charte de Venise de 1964, demeurant la référence internationale en ces affaires, et qui souligne que «la conservation des monuments est toujours favorisée par l’affectation de ceux-ci à une fonction utile à la société; une telle affectation est donc souhaitable, mais elle ne peut altérer l’ordonnance ou le décor des édifices. C’est dans ces limites qu’il faut concevoir et que l’on peut autoriser les aménagements exigés par l’évolution des usages et des coutumes.»

Pour en savoir plus, consultez le site du Matin Dimanche, www.lematindimanche.ch, sur votre ordinateur personnel, votre tablette ou votre smartphone. L’application Le Matin Dimanche est toujours disponible sur iPad.

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