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RéchauffementNew York englouti par les flots?

La Grande Pomme pourrait en partie disparaître sous l'océan d'ici 200 ans. Une conséquence de la fonte de glaces, désormais jugée irréversible.

par
Pascale Bieri
Istockphoto

Un quart de la ville de New York engloutie sous les eaux. Non, ce n'est pas un remake du «Jour d'après», le film catastrophe de Roland Emmerich sorti sur grand écran en 2004, mais un scénario bel et bien réaliste. Pire, incontournable, à en croire deux récentes études. Signées par des chercheurs de la NASA et de l'Université de Washington, elles montrent, en effet, que la fonte des glaciers dans la partie occidentale de l'Antarctique est désormais irréversible. Ce qui devrait avoir pour conséquence une montée du niveau des mers de 4 mètres dans les prochains siècles.

Des conclusions qui ont de quoi glacer. D'autant qu'elles ne sont pas issues de modélisations informatiques, mais bien d'observations effectuées sur place, dans la région de la mer d'Amundsen. Ainsi, le Pr Eric Rignot, glaciologue au Jet Propulsion Laboratory (NASA) assure: «Ces glaciers contiennent suffisamment de glace pour faire augmenter le niveau des mers de 1,2 mètre.» Et ce n'est pas tout. Ces prévisions peuvent être largement augmentées par l'influence des glaciers étudiés sur trois autres bassins. Et porter, du coup, la fourchette de montée globale des eaux à 3 voire 4,5 mètres.

Des blocs à la dérive

Toutefois, le scénario catastrophe n'est pas pour demain. Au pire, on parle de 200 ans, au mieux de 1000 ans pour voir monter les flots de 3 mètres. Reste que les conséquences de la fonte des glaces risquent de se faire sentir avant déjà. Ainsi, toujours selon l'étude, en 2070, 5 milliards de personnes seraient menacées. En première ligne, à Miami, à la Nouvelle-Orléans, à Boston et à Los Angeles.

A l'origine du mal, la calotte glaciaire de l'Antarctique devenue instable. A tel point que les scientifiques américains ne voient pas ce qui pourrait la restabiliser un jour. Avis partagé par Martin Beniston, climatologue à l'Université de Genève, qui explique notamment: «On assiste à une désintégration de ces glaciers. Des grandes parties deviennent flottantes, puis remontent les océans où elles commencent à fondre. Par ailleurs, plus ces blocs à la dérive perdent en profondeur et plus leur fonte s'accélère. C'est comme la neige au printemps, lorsque la couche de fond diminue.»

Reste que la fonte des glaces n'est pas une première sur la planète. Comme le rappelle Marc Beniston. «A la fin de la dernière période de glaciation, les mers ont monté de 100 à 120 mètres. Imaginez, jusque-là, on aurait, par exemple, pu rejoindre à pied, la France à l'Angleterre.»

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