Coronavirus - New York: les habitants prudents avant de retrouver la vie d’avant
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CoronavirusNew York: les habitants prudents avant de retrouver la vie d’avant

La mégapole américaine a pratiquement tout rouvert, mais la prudence reste de mise face au virus, notamment quand il est question de faire la fête à l’intérieur.

A Central Park, New York, le 22 mai. Malgré la levée de nombreuses restrictions, les New Yorkais préfèrent encore se retrouver à l’extérieur ou en petit comité.

A Central Park, New York, le 22 mai. Malgré la levée de nombreuses restrictions, les New Yorkais préfèrent encore se retrouver à l’extérieur ou en petit comité.

AFP

Après 14 mois de restrictions, les New-Yorkais peuvent désormais profiter d’une ville où l’essentiel des restrictions ont été levées. Mais fidèles à leur prudence depuis le début de la pandémie, beaucoup hésitent encore à faire la fête et à renouer avec leur vie sociale «d’avant». Yesenia Herra, 33 ans, organisatrice de dîners et soirées pour touristes et qui «adore sortir», a fait le week-end dernier sa première fête depuis mars 2020, en invitant une vingtaine de membres de sa famille et amis pour célébrer le premier anniversaire de sa fille.

Pour la «sécurité» de ses invités, «presque tous» pleinement vaccinés, elle a organisé ça dehors, à Central Park, avec tables et chaises pliantes, ballons accrochés aux arbres, et de quoi nourrir un régiment. «Je n’avais pas fait de baby shower (fête de remise des cadeaux destinés au futur bébé), ni fêté notre retour de la maternité», a-t-elle expliqué. «C’est ma première célébration pour elle, elle ne s’en souviendra peut-être pas, mais je voulais qu’elle sache que ça avait eu lieu».

Si ses invités semblaient ravis de se retrouver, beaucoup soulignaient ne pas vouloir encore inviter des gens chez eux – exceptés des très proches dont ils seraient sûrs qu’ils ont été immunisés. «Je ne sais pas si on sera jamais à nouveau complètement à l’aise avec ça (…), pas dans l’immédiat, en tout cas», dit Merry Mathes, 58 ans.

Plus loin dans le parc, Marcus, 25 ans, juriste vacciné, faisait la fête avec une douzaine d’amis, avec synthé et DJ attitré. Il n’a été qu’à deux fêtes depuis mars 2020, en extérieur: l’une, limitée à 10 personnes, pour le mariage de son meilleur ami, l’autre à Central Park, début mai. «Je ne suis pas prêt pour les fêtes en intérieur, peut-être à l’automne?» dit-il.

«Et si l’épidémie repartait?»

«Les affaires commencent juste à reprendre», dit Lemuel Rodrigues, gérant d’un magasin de cadeaux et d’articles de fêtes à Manhattan. «La plupart des gens (qui font une fête) l’organisent chez eux, en tout petit comité, ou dans un parc». Même si sa boutique tourne au ralenti, il salue la prudence persistante de sa clientèle: nombre de New-Yorkais vaccinés – 60% de la population adulte a reçu au moins une dose de vaccin – continuent à porter un masque dans la rue, même si l’obligation a été levée fin avril.

«Beaucoup de gens veulent revenir à la normale très vite. Mais ici, on est plus réticent. Vous imaginez, si l’épidémie repartait? New York est une trop grande ville, on ne peut pas laisser ça se produire». Une telle prudence – alors que bars et restaurants peuvent tourner à plein régime depuis mercredi – fait les affaires d’Amanda Orso, qui organise des soirées à taille humaine, généralement à domicile.

Ces dernières semaines, elle a été sollicitée pour organiser plusieurs petites fêtes, par des gens désireux de célébrer «juste le fait d’être vaccinés», avec quelques clins d’œil à la pandémie, comme des boissons servies dans des seringues. Laurence Anthony, 36 ans, conférencier, a été l’un des premiers, dès avril, à solliciter ses services: après plus d’un an d’abstinence, il a invité 10 personnes, toutes immunisées, à bruncher dans son appartement de Harlem, pour fêter la vaccination et son récent emménagement.

Soirée de gala dès septembre

«Ça a été l’occasion de méditer» sur la pandémie et «l’importance des contacts» humains, dit-il. Mi-mai, il s’est rendu à une soirée en intérieur rassemblant une cinquantaine de personnes, «premier événement (depuis la pandémie) où j’allais sans connaître la majorité des gens». L’événement était si proche d’une soirée «normale», pré-pandémie, qu’une semaine après, «tout le monde en parlait encore», dit-il.

Alors, à quand le retour des grandes soirées de gala, qui font de New York l’un des hauts lieux de la jet-set? Selon Marcy Blum, qui organise soirées et mariages pour une riche clientèle, si les grands lieux de réception ne rouvriront pas avant septembre, les carnets de réservation sont déjà pleins jusqu’en avril 2022. Le téléphone a commencé à sonner il y a un mois, «quand il est devenu clair que tout le monde aurait accès au vaccin», dit-elle.

«Tout le monde sort du bois en même temps (…) Mais les gens restent prudents (…), pour juin, juillet, tout le monde veut encore être dehors ou sous tente, personne ne veut aller dans une salle de réception». Le gala du Met, un des rendez-vous mondains les plus courus au monde, devrait symboliser cette reprise: traditionnellement en mai, annulé en 2020, il est prévu le 13 septembre 2021.

(AFP)

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