22.01.2012 à 07:19

Présidentielle américaineNewt Gingrich bat Romney et relance la campagne républicaine

Le conservateur a remporté une victoire écrasante sur Mitt Romney en Caroline du Sud. Il relance ainsi spectaculairement la campagne des primaires républicaines en vue de la présidentielle américaine.

Newt Gingrich et son épouse ont salué leurs supporters à Columbia, en Caroline du Sud.

Newt Gingrich et son épouse ont salué leurs supporters à Columbia, en Caroline du Sud.

Reuters

Lors d’un discours triomphal, Newt Gingrich a repris l’antienne populiste qui lui a si bien réussi pendant la campagne. L’ancien président de la Chambre des représentants a attaqué tour à tour l’élite, les médias et le président Barack Obama, qu’il a accusé d’avoir infligé «une catastrophe» au pays.

Sa victoire en Caroline du Sud, a-t-il expliqué, est celle des Américains «qui pensent que les élites de Washington et New York ne les comprennent pas, ne se préoccupent pas d’eux, ne sont pas dignes de confiance et, en fin de compte, ne les représentent pas du tout!».

Mitt Romney, qui comptait sur la Caroline du Sud pour laisser définitivement sur place ses rivaux, a reconnu sa défaite, estimant que la course serait «longue» et «encore plus intéressante». L’ex- gouverneur du Massachusetts, qui incarne si bien les élites vouées aux gémonies par Newt Gingrich, s’est cependant dit convaincu de finir par affronter Barack Obama à la présidentielle du 6 novembre.

Sondages, débats et controverse

Selon les résultats quasi complets, Newt Gingrich, l’ex-Speaker de la Chambre des représentants qui avait été le cauchemar du président Bill Clinton dans les années 1990, a remporté 40% des voix contre 28% à Mitt Romney. Les deux hommes sont loin devant les deux autres candidats encore en lice, le catholique ultraconservateur Rick Santorum et l’isolationniste Ron Paul, qui ont recueilli respectivement 17% et 13% des voix.

La déconvenue est rude pour le multimillionnaire Romney, longtemps donné gagnant dans cet Etat conservateur du sud-est du pays: il y a compté jusqu’à près de 20 points d’avance dans les sondages.

Malgré son organisation hors pair et ses moyens financiers, il a été victime dans les derniers jours de la campagne des talents de polémiste démontrés par Newt Gingrich lors des débats télévisés et d’une controverse sur sa déclaration de revenus, qu’il s’est finalement engagée à publier, mais seulement en avril prochain.

«Partie relancée»

John Silvers, un sexagénaire interrogé au quartier général de Newt Gingrich à Columbia, la capitale de l’Etat, a expliqué s’être rallié ce dernier après l’avoir vu dénoncer sans retenue la gauche et les médias à la télévision. «Il s’en est vraiment bien tiré lors des débats et il nous faut quelqu’un qui s’en sorte bien en débattant contre Obama», a-t-il observé.

Tous les regards se tournent désormais vers la Floride où se jouera le 31 janvier la prochaine étape des primaires, dans un parti républicain plus divisé que jamais. «La partie est relancée», a déclaré sur CNN le candidat Rick Santorum, rappelant qu’il avait emporté (d’un cheveu) le premier scrutin organisé au début du mois dans l’Iowa (centre), Mitt Romney le New Hampshire (nord-est) et à présent Newt Gingrich la Caroline du Sud.

Newt Gingrich, 68 ans, espère de son côté rassembler le vote conservateur après avoir obtenu jeudi le ralliement de Rick Perry, le gouverneur du Texas qui a abandonné la course des primaires.

Il a su faire face jeudi à la diffusion d’un entretien télévisé d’une de ses ex-épouses, Marianne, dans lequel cette dernière revenait sur les infidélités passées de Newt Gingrich, des propos embarrassants notamment auprès de l’électorat évangélique. Il a rejeté en bloc ces accusations, fustigeant les «médias élitistes qui protègent Barack Obama en attaquant les républicains».

Gingrich s’en prend aux médias

Newt Gingrich s’est en pris dans son discours de victoire aux "élites de Washington et New York" qui veulent selon lui "empêcher les Américains d’être américains".Il a aussi accusé le président Barack Obama d’avoir provoqué "une catastrophe" pendant son premier mandat et de s’apprêter à être "encore plus à gauche" s’il était réélu à la présidentielle du 6 novembre.

Désireux de consolider son statut de présidentiable, l’ancien président de la Chambre des représentants a également promis de s’attaquer aux questions de l’emploi, de la croissance économique et de l’équilibre budgétaire --autant de thèmes centraux de la prochaine présidentielle.

Evoquant la récente décision d'Obama de rejeter le projet de construction de l’oléoduc géant controversé Keystone XL entre les Etats-Unis et le Canada, il a raillé une administration "coupée des réalités". "Oh non, on ne veut pas construire un oléoduc depuis le Canada jusqu’à nos plus grands complexes pétrochimiques et gagner de l’argent grâce à l’oléoduc, au raffinage et à l’exportation du pétrole. Oh, non, on ne veut pas, parce que Barack Obama prend soin de ses amis extrémistes de gauche de San Francisco", s’est-il moqué.

Evoquant ses trois adversaires de Caroline du Sud, qu’il retrouvera pour le prochain scrutin en Floride le 31 janvier, Newt Gingrich a tenu un discours plutôt rassembleur, saluant "l’immense courage" du chrétien ultraconservateur Rick Santorum qui a remporté l’Iowa "alors qu’il n’avait pas d’argent et aucune couverture médiatique" ou la "constance" de l’isolationniste Ron Paul.

"Quant au gouverneur Mitt Romney, avec qui je suis en désaccord sur de nombreux points, il est lui aussi un bon exemple de ce qu’est l’Amérique: il travaille dur, il a très bien réussi", a-t-il poursuivi dans une salle bondée où ses partisans l’ont attendu près de deux heures au son de tubes de rock des années 1980. Dans un clin d’oeil appuyé aux électeurs de Rick Santorum, M. Gingrich a aussi promis de s’attaquer au "sectarisme anti-religieux croissant" selon lui dans le pays.

(ATS/AFP)

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