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GlaceNHL - Dallas: Antoine Roussel bouscule les idées reçues (MAGAZINE)

Par Jérôme RASETTI Los Angeles, 18 nov 2014 (AFP) - On peut être Français et réussir dans la prestigieuse Ligue nord-américaine de hockey sur glace (NHL): avec sa fougue et son adresse, Antoine Roussel bouscule les idées reçues et ses adversaires depuis son arrivée à Dallas.

Recruté à l'origine pour une pige de cinq... jours au cours de la saison 2012-2013 par Dallas, Roussel a paraphé cet été à 24 ans un beau contrat de quatre ans avec les Stars lui assurant huit millions de dollars. "J'ai moins le stress du contrat, je suis plus en confiance, j'ai le sentiment d'être plus établi", confie-t-il à l'AFP avec des intonations québecoises bien marquées. S'il est né à Roubaix, Roussel a quitté la France à l'âge de quinze ans à l'instigation de ses parents, séduits par le Canada à chaque fois qu'ils accompagnaient leur fils lorsqu'il y participait à des stages. La famille Roussel s'est établie dans les Laurentides où elle a ouvert un gîte et Antoine a rapidement été repéré par les Saguénéens de Chicoutimi, une référence du championnat junior québécois (LHJMQ). Mais aucune équipe NHL ne le "drafte" ou ne le retient après des stages d'entraînement: il s'exile dans les championnats secondaires nord-américains, AHL et ECHL, où il finit par passer en force et taper dans l'oeil des recruteurs de Dallas. En moins de deux ans, avec 138 matches, 26 buts et 27 passes à son actif, le N.24 des Stars s'est fait un nom sur toutes les patinoires nord-américaines. Une réputation aussi... Pas tant pour son physique (1,83 m, 88 kg) que par son style de jeu spectaculaire et très engagé qui lui vaut d'être l'un des joueurs les plus pénalisés du Championnat (342 minutes depuis ses débuts, dont 48 cette saison). "Mon jeu, c'est d'être physique, de ne rien lâcher. En anglais, on parle d' agitator , agitateur , cela me correspond bien, j'apporte l'étincelle", détaille-il. Et parfois la situation explose comme lors du match perdu 5 à 3 contre les San Jose Sharks le 9 novembre: Roussel a bousculé le gardien des Sharks Alex Stalock, puis pris à partie par les joueurs de San Jose, il a frappé l'un d'eux au visage. Résultats, 12 minutes de pénalités, une amende de 5376 dollars (4327 euros) et le retour de son image de "goon", du nom de ces joueurs spécialisés dans la castagne et la provocation. "Les gens qui connaissent le hockey savent que je ne suis pas un goon , un goon ne joue 17 minutes par match", balaye-t-il, calmement. Signe qu'il est bien plus qu'un "goon", son entraîneur vient de l'intégrer dans sa ligne de supériorité numérique, celle chargée d'exploiter l'infériorité numérique de l'adversaire en cas de pénalité. Une ligne habituellement réservée aux joueurs démontrant de belles habiletés offensives. "Il est très rapide et très adroit avec sa crosse, c'est un buteur et un bosseur", apprécie Lindy Ruff dont les Stars se traînent en 13e et avant-dernière position de la conférence Ouest malgré une victoire sur la glace du champion en titre, Los Angeles. "On est loin de notre objectif qui est d'aller en play-offs", rappelle Roussel. Il espère aussi inspirer et décomplexer les jeunes talents français avec Pierre-Edouard Bellemare, l'autre "Frenchie" de la NHL sous contrat avec Philadelphie. "Pour le basket français (en NBA), cela ne s'est pas fait du jour en lendemain. Plus on aura de l'impact, plus les jeunes vont penser que c'est accessible", prédit-il. jr/mam

(AFP)

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