Venezuela: Nicolás Maduro veut «tourner la page» avec les États-Unis
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VenezuelaNicolás Maduro veut «tourner la page» avec les États-Unis

Le président Nicolás Maduro s’est dit prêt à ouvrir «une nouvelle voie» dans les relations diplomatiques rompues entre Caracas et Washington.

Nicolás Maduro avait déjà félicité Joe Biden et s’était dit «prêt au dialogue et à la bonne entente avec le peuple et le gouvernement des États-Unis» en novembre.

Nicolás Maduro avait déjà félicité Joe Biden et s’était dit «prêt au dialogue et à la bonne entente avec le peuple et le gouvernement des États-Unis» en novembre.

AFP

Le président vénézuélien Nicolás Maduro a appelé samedi son nouvel homologue américain Joe Biden à «tourner la page», se déclarant prêt à ouvrir «une nouvelle voie» dans les relations diplomatiques rompues il y a deux ans entre Caracas et Washington.

«Nous sommes prêts à suivre une nouvelle voie dans nos relations avec le gouvernement de Joe Biden, sur la base du respect mutuel, du dialogue, de la communication et de la compréhension», a déclaré Nicolás Maduro dans un discours adressé à ses partisans.

«Le Venezuela, ce Venezuela du XXIe siècle, bolivarien et révolutionnaire, est prêt à tourner la page» des querelles diplomatiques avec l’administration de Donald Trump qui a imposé de multiples sanctions économiques au Venezuela, dont un embargo sur le pétrole depuis 2019, première ressource du pays, afin de renverser le régime socialiste de Nicolás Maduro qualifié de «dictateur».

Félicitations de Nicolás Maduro à Joe Biden

Les États-Unis avaient également reconnu, comme plus de 50 pays dans le monde, l’opposant Juan Guaido qui s’est autoproclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019 et avait accusé Nicolás Maduro d’avoir «frauduleusement» remporté l’élection présidentielle de 2018, boycottée par l’opposition.

«Il y a deux ans, j’ai dû réagir avec force et dignité et, d’ici même, j’ai procédé en tant que chef de l’État à la rupture de toutes les relations politiques et diplomatiques avec le gouvernement américain de l’époque», a poursuivi Nicolás Maduro depuis le balcon du palais présidentiel de Miraflores. «Trump est parti!» s’est-il félicité.

Dès la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine en novembre, Nicolás Maduro l’avait félicité et s’était dit «prêt au dialogue et à la bonne entente avec le peuple et le gouvernement des États-Unis». Des appels réitérés en décembre.

Soutien américain à Juan Guaido

Antony Blinken, désigné par Joe Biden pour être son secrétaire d’État, a toutefois déclaré que la Maison-Blanche continuerait à reconnaître Juan Guaido. Le futur chef de la diplomatie américaine a par ailleurs qualifié Nicolás Maduro de «dictateur brutal».

Ce soutien renouvelé au chef de l’opposition vénézuélienne est intervenu malgré la nouvelle majorité chaviste au Parlement, issue des élections du 6 décembre boycottées par l’opposition, qui les dit frauduleuses. Elles n’ont pas été reconnues par les États-Unis, l’Union européenne ni plusieurs pays d’Amérique latine.

Même si un allègement des sanctions ne semble pas à l’ordre du jour, les analystes estiment que l’administration Biden se montrera sans doute plus modérée que la précédente et qu’elle plaidera en faveur d’une médiation internationale en vue d’une transition progressive du pouvoir au Venezuela. Juan Guaido, de son côté, défend la continuité de l’ancien Parlement d’opposition et, avec elle, de sa position de chef du congrès, dont il a revendiqué la présidence par intérim.

Le président de la nouvelle Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a répété samedi les accusations de corruption à l’encontre de Juan Guaido, sur la base de plaintes publiées par le quotidien américain Washington Post concernant des irrégularités présumées liées à des fonds et des actifs du Venezuela d’un total de 40 milliards de dollars bloqués à l’étranger. Selon l’ONU, plus de cinq millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015 pour fuir la grave crise politique et économique que traverse le pays avec une inflation incontrôlée de +4000% sur un an.

Dispute territoriale Guyana-Venezuela: la CIJ reporte son audience

La Cour internationale de justice (CIJ) a reporté au 26 février une audience qui était prévue ce lundi concernant le différend frontalier entre Guyana et Venezuela, sur lequel le tribunal des Nations Unies s’est récemment déclaré compétent, a annoncé samedi Caracas. Le conflit frontalier concerne le territoire Esequibo, dans l’ouest du Guyana, qui représente plus de la moitié du territoire de ce pays. Riche en minerais et en bois, il comprend aussi une zone maritime pétrolifère.

Le Guyana, ancienne colonie britannique, affirme que l’actuelle délimitation entre les deux pays est valide et se base sur une décision d’une cour d’arbitrage de Paris datant de 1899, un verdict jamais accepté par son voisin vénézuélien. Ce dernier revendique l’accord de Genève, signé en 1966 avec le Royaume-Uni avant l’indépendance du Guyana, qui a établi la base d’une solution négociée et a annulé le précédent traité.

(AFP)

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