Actualisé 17.10.2018 à 08:48

Nidecker redevient numéro 2 mondial

Snowboard

Le groupe vaudois talonne le géant américain du secteur après avoir acheté plusieurs marques.

Nidecker retrouve la deuxième place du marché mondial du snowboard. L'entreprise familiale, dirigée par trois frères, a repris deux sociétés en Europe et aux Etats-Unis. Avec neuf marques, elle talonne désormais le géant américain Burton.

Nidecker a réalisé récemment deux nouvelles acquisitions après une première en 2016, le californien Flow. Le groupe rollois s'est emparé de Rome SDS, basée dans l'Etat du Vermont, et du néerlandais Low Pressure Studio (LPS), maison-mère des marques Bataleon, Lobster, des fixations Switchback et propriétaire de technologies brevetées. Le montant des transactions est confidentiel.

«Avant la progression du chiffre d'affaires et les avancées technologiques, ces acquisitions servent à nous positionner stratégiquement sur le marché international», indique à AWP Thierry Kunz, directeur du marketing.

L'arrivée de ces marques permettra néanmoins aux recettes de culminer à un nouveau pic, selon Henry Nidecker, aîné des frères et directeur général du groupe. «L'acquisition représente 30% du chiffre d'affaires global.» Après le rachat, Rome a été fusionné dans LPS.

Détenue entièrement par la famille, la société ne publie pas ses résultats mais revendique une hausse de 400% des revenus au cours des dernières années, dont la moitié en croissance organique. «La marque Nidecker représente 12% du chiffre d'affaires. Le reste est couvert par des marques que nous avons créées ou rachetées depuis 2006», affirme Henry Nidecker, 32 ans.

Des hauts, des bas

Ce développement a permis au groupe de gravir de nouveaux sommets après ceux atteints durant l'âge d'or du snowboard, dans les années 90. «Même si à l'époque Nidecker était déjà numéro deux mondial, le groupe ne vendait pas autant de produits qu'actuellement», précise le directeur général.

Lorsque le phénomène snowboard connait son envol au milieu des années 80, l'entreprise - conduite alors par Henri, le père - prend le téléphérique en marche et rencontre un succès phénoménal. La tendance s'essouffle peu à peu au tournant du nouveau millénaire. Le ski revient à la mode, dopé par l'invention du carving.

Nidecker manque alors de s'enliser dans la poudreuse. «Il y avait un problème stratégique. L'entreprise faisait du développement, de la production et de la distribution. Nous avions plein de métiers différents ce qui nous empêchait d'exceller dans un domaine précis», explique le directeur général.

Sous l'impulsion de Henry, Xavier (30 ans) et Cédric Nidecker (26 ans), le groupe familial va négocier ce virage difficile, dès 2006, principalement en abandonnant la production. «C'était un crève-coeur pour le père. Du temps d'Henri, le groupe Nidecker était un fabricant avant d'être une marque. Aujourd'hui, c'est l'inverse», raconte Thierry Kunz.

Bien qu'il n'ait plus de fonction dirigeante, Henri Nidecker, le père, reste impliqué dans les affaires du groupe.

Production à l'étranger

L'approche multimarques va changer la donne. La ligne Yes, créée en 2009, va rencontrer un succès immédiat. Elle sera suivie par d'autres, notamment Jones, spécialiste des «splitboard» (planches séparables). «Chaque marque correspond à un type d'utilisateur, ce qui nous permet de couvrir l'ensemble du marché», selon M. Kunz.

Les acquisitions constituent l'étape suivante. Par ailleurs, Nidecker a externalisé la production de ses planches, fixations, chaussures et autres accessoires dans 17 pays, principalement la Tunisie, Dubaï, la Chine et Taïwan. Le domaine recherche et développement est resté dans le canton de Vaud.

Le groupe emploie environ 100 employés, dont une trentaine à Rolle, un quart à Amsterdam et le reste aux Etats-Unis.

Selon le directeur général, le groupe est en mesure de disputer la place de numéro un mondial à Burton, sans toutefois en faire une priorité. «Dans les snowboards haut de gamme, nous sommes déjà les premiers.»

Fondé en 1887, Nidecker s'est transformé en exploitant des marques de snowboards après avoir fabriqué tout au long de son histoire des traîneaux, des skis de fond et nautiques puis des snowboards, à partir de 1984. Le groupe vend plus de 500'000 produits par an.

(ats)

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