Euro féminin: Nils Nielsen: «Vous pouvez nous envoyer du papier toilette»

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Euro fémininNils Nielsen: «Vous pouvez nous envoyer du papier toilette»

En raison d’une épidémie de gastro, le sélectionneur de l’équipe de Suisse ne sait pas quand sa troupe pourra voyager vers Sheffield, où elle doit rencontrer la Suède mercredi pour son 2e match de l’Euro 2022.

par
Robin Carrel
(Sheffield)
Le sélectionneur essaie de garder le sourire.

Le sélectionneur essaie de garder le sourire.

AFP

Il est comme ça, Nils Nielsen. Ce n'est pas parce que son Championnat d'Europe est en train de lui filer entre les doigts qu'il va laisser sur le banc son humour. À la première question qui lui a été posée lors d’une conférence de presse un peu improvisée lundi après-midi, la plus simple et la plus urbaine de toutes («Comment ça va?»), il ne s'est pas démonté. «Moi je vais bien, merci. Par contre, si vous voulez nous aider, vous pouvez nous envoyer du papier toilette», a-t-il grincé dans un humour que ne renieraient pas les hôtes anglais du tournoi.

Une vingtaine de personnes, staff et joueuses comprises, sont malades depuis la nuit de dimanche à lundi et, forcément, ça n'augure rien de bon pour la suite d'un tournoi déjà compliqué. Si sept footballeuses parmi les 23 appelées sous les drapeaux sont valides, la Suisse devra s'aligner face à la Suède mercredi à 18 heures à Sheffield. Autrement, ce sera une défaite par forfait. Le Covid n'a rien à voir là-dedans et c'est assez rare pour être souligné actuellement. La fautive, c'est la gastro-entérite qui a décimé l'équipe de Suisse.

«Notre médecin m'a appelé au milieu de la nuit. Il m'a expliqué que l'UEFA et les organisateurs ne voulaient pas qu'on s'entraîne aujourd'hui (ndlr: lundi), a pesté Nielsen. On ne sait pas ce que c'est précisément, je ne sais toujours pas exactement, maintenant. Je sais juste que beaucoup de monde ne se sent pas bien. Elles ne peuvent même pas aller dehors et je ne sais pas si c'est une bonne règle, mais je la respecte. Tout le monde est isolé depuis 24 heures. Les quinze qui ne sont pas malades ont le droit de sortir, de se balader, mais avec un masque et sans se parler entre elles.»

Alors le sélectionneur a occupé le temps de ses joueuses confinées comme il l'a pu. Il a fait une séance vidéo, mais celle-ci n'a pas le même impact quand il n'a pas son escouade sous la main. Pire, le WiFi, comme souvent dans le coin, est un peu capricieux. Alors Nielsen n'est pas bien sûr que tout le monde a reçu le message. Les Suissesses ont donc travaillé tactiquement en chambre, mais à 48 heures d'un match crucial d'un Euro, ne pas pouvoir poser les crampons sur le pré semble rédhibitoire. Encore plus quand il s'agit de défier les vice-championnes olympiques.

«Il y a une meilleure manière de se préparer pour un match que d'être assis sur les toilettes tout le temps ou d'être devant la cuvette»

Nils Nielsen, sélectionneur de l’équipe de Suisse féminine

«Mais je reste positif, on devrait être à peu près prêts, je pense... Mais vous avouerez qu'il y a une meilleure manière de se préparer pour un match que d'être assis sur les toilettes tout le temps ou d'être scotché devant la cuvette des WC. Ce n'est pas idéal du tout, mais on travaille tout ce qu'on peut travailler afin que les joueuses soient prêtes théoriquement pour la rencontre. On verra plus tard si elles auront les jambes pour exécuter le plan!»

«Le problème c'est qu'on ne peut pas être ensemble, manger ensemble, travailler ensemble, a enchaîné le Danois. Comment voulez-vous être une équipe? S’il y a des orages et que les terrains ne sont pas praticables, on peut quand même faire des trucs, travailler en salle ensemble par exemple. Là on ne peut pas. Le souci, c'est que nous ne sommes pas une sélection qui peut dépendre de ses individualités pour un gagner un match. On a plus besoin du collectif que la Suède. Le mot «équipe» veut tout dire pour nous. C'est les athlètes, le staff, moi…»

Ce qui est bien avec Nielsen, c'est qu'il arrive quand même à y croire un peu. «On a juste une chance de les battre, c'est de pouvoir y aller à fond. Quelles que soient les joueuses que je pourrai aligner. On va voir si on peut les surprendre et marquer. Et pour que ça arrive, on doit être agressifs et aller vers leurs buts, sinon ça n'aura aucune chance de se produire. L'état d'esprit sera le même que d'habitude. Mais d'ici là, il va falloir un peu improviser, si tout le monde ne peut pas jouer…»

Pour terminer, il fallait forcément un dernier bon mot de l'entraîneur groenlandais pour la route, histoire de ne pas sortir de ce point presse complètement déprimé et ça n'a pas manqué. «Ce que j'ai mangé hier? Je crois que j'ai eu droit à des pâtes, a-t-il souri un peu jaune. Autrement, ici en Angleterre vous savez, la nourriture est un peu lourde. Les filles, de leur côté, ont eu du riz et des biscuits, mais pas beaucoup ont réussi à en manger.» Il n'y a donc pas que le nul contre le Portugal (2-2, après avoir mené 2-0 après 5 minutes) qui n'a pas été digéré.

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