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CyclismeNils Politt plus fort que Stefan Küng

Le coureur de la Bora a été le plus malin jeudi sur les routes du Tour de France. Il s’est imposé en solitaire. Dans la bonne échappée, Stefan Küng a sauté à 14,5 km de l’arrivée.

Nils Politt vainqueur jeudi à Nîmes

Nils Politt vainqueur jeudi à Nîmes

AFP

L’Allemand Nils Politt (Bora) a remporté la douzième étape du Tour de France jeudi, entre St-Paul-3-Châteaux et Nîmes (159,4 km) après avoir faussé compagnie à ses compagnons d’échappée à 12 kilomètres de l’arrivée.

Le porteur du maillot jaune, le Slovène Tadej Pogacar (UAE), a terminé l’étape au sein du peloton, avec ses adversaires directs, à plus d’un quart d’heure.

Politt s’est imposé pour la première fois dans le Tour, le jour de l’abandon du leader de son équipe Bora, le Slovaque Peter Sagan. L’Allemand, un solide rouleur qui s’est classé deuxième de la dernière édition de Paris-Roubaix (en 2019), a enlevé le deuxième succès de sa carrière, après une étape du Tour d’Allemagne 2018.

Pour le gain de l’étape, Politt a devancé d’une trentaine de secondes l’Espagnol Imanol Erviti et l’Australien Harry Sweeny. Le Suisse Stefan Küng a pris la 4e place à 1’ 58”, avant que le Slovène Luka Mezgec devance l’Allemand André Greipel en tête d’un petit groupe.

Küng dans la bonne échappée

Dans un début d’étape ultrarapide et mouvementé, en raison du vent soufflant avec force, l’échappée a pris forme après une quinzaine de kilomètres avec notamment le champion du monde Julian Alaphilippe, très vigilant.

Le groupe de 13 coureurs, composé de gros rouleurs (Bissegger, Küng, Politt, Van Moer, Erviti et Boasson Hagen entre autres), a creusé l’écart d’autant plus vite que douze équipes étaient représentées. Derrière, aucune des 11 autres formations n’a cherché à assumer la poursuite et l’équipe du maillot jaune s’est contentée de gérer l’écart.

À 40 kilomètres de l’arrivée, Politt a provoqué la décision et a emmené avec lui Sweeny, Erviti et Küng. Le quatuor a longtemps maintenu une avance d’une trentaine de secondes sur les autres membres de l’échappée qui ont fini par céder aux 20 kilomètres de l’arrivée.

Küng a lâché prise ensuite sur une accélération de Sweeny peu avant que Politt se détache, en puissance, sur un faux plat montant, à 12 kilomètres de la ligne.

Il s’en est expliqué dans un tweet une heure après l’arrivée de cette étape: «Vide. J'ai senti très vite que mes batteries n'étaient pas complètement chargées. Après ces journées très dures depuis le début du tour. J'ai tout donné. J'ai cru, je me suis battu, j'ai tout donné mais je n'avais pas assez de puissance aujourd'hui. Je vais réessayer.»

Le Saint-Gallois a tout de même réussi à conserver sa 4e place, avec seulement huit secondes d’avance sur un groupe de poursuivants composé de huit hommes. Un deuxième Suisse a joué placé, puisque Stefan Bissegger est parvenu à se hisser au 13e rang à 5’ 22”.

Sagan a abandonné

Forfait avant le départ de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), Sagan, qui se rétablissait de sa chute de la 3e étape à Pontivy quand il avait été entraîné au sol par l’Australien Caleb Ewan, a expliqué avoir un genou enflé suite à un nouveau choc. «Je suis incapable de plier la jambe», a déclaré le septuple maillot vert du Tour, détenteur du record des victoires dans le classement par points.

Vendredi, la 13e étape traverse le Midi, de Nîmes à Carcassonne, sur un parcours de plaine de 219,9 kilomètres. Pour le Britannique Mark Cavendish, qui a passé l’étape dans le peloton, c’est une nouvelle chance d’égaler le record des (34) victoires d’étape d’Eddy Merckx.

Les crampes de Stefan Küng

Voilà ce qu’a dit Stefan Küng (Groupama-FDJ) au terme de l’étape: «Dès le début, j’ai senti qu’après un Tour aussi difficile, je n’avais pas assez de réserves pour jouer la gagne. Je me suis accroché, j’ai tout donné, je me suis très bien alimenté pendant l’étape. Mais si les réserves sont déjà vides au départ...»

«Après j’ai commencé à avoir des crampes. Mon corps était à bout, je ne pouvais pas faire plus. On est au douzième jour d’un Tour particulier comme je n’en ai jamais vécu lors de mes quatre premiers. Il y a de la course tous les jours. Je savais qu’aujourd’hui cela pouvait être une bonne étape pour l’échappée.»

«Là, je suis juste mort, j’essaye de récupérer. Dans l’équipe, on a perdu nos espoirs pour le classement général mais le Tour n’est pas fini. J’aimerais bien aller chercher une victoire d’étape. Mais il me faut quelques jours pour récupérer.»

(AFP)

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