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SONDAGE«NO BILLAG»? C’EST NON, NON ET NON!

En un mois, les Suisses ont changé d’avis sur l’initiative antiredevance. Le non triomphe dans toutes les régions et tranches d’âge. Seul l’électorat de l’UDC dit toujours oui.

par
Michel Pralong
Aujourd’hui, et même si les Romands sont toujours les plus opposés à la suppression de la redevance (63%), Alémaniques (57%) et Tessinois (58%) ont rejoint le clan du non.

Aujourd’hui, et même si les Romands sont toujours les plus opposés à la suppression de la redevance (63%), Alémaniques (57%) et Tessinois (58%) ont rejoint le clan du non.

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Alors que le dernier sondage du 24 décembre paru dans «Le Matin Dimanche» et la SonntagsZeitung plaçait le camp du oui à «No Billag» en tête, c’est le non qui triompherait si la votation avait lieu aujourd’hui. Et pas qu’un peu! Alors qu’on comptait 56,6% de oui et plutôt oui et 38% de non et plutôt non en décembre, on est passé à 39% de oui et plutôt oui contre 59% de non et plutôt non selon un nouveau sondage Tamedia. «C’est un retournement spectaculaire, observe René Knüsel, politologue à l’Université de Lausanne. Même s’il faut toujours prendre les sondages avec prudence, car davantage que mesurer l’état de l’opinion, ils mesurent celui de l’émotion.»

Les gens ont réfléchi

Les premiers coups de sonde fin 2017 faisaient ainsi état d’une réaction impulsive de la population. «C’est souvent ainsi avec les initiatives. Ceux qui les lancent profitent d’un premier effet de surprise.» Aujourd’hui, et même si les Romands sont toujours les plus opposés à la suppression de la redevance (63%), Alémaniques (57%) et Tessinois (58%) ont rejoint le clan du non. «Chez eux, la première réaction a été davantage de se positionner face à la SSR qu’à la redevance. Dans ces régions plus conservatrices, on comprend plus difficilement certaines démarches critiques des journalistes. La SSR a un travail de fond à faire pour montrer qu’elle n’est pas ancrée à gauche. Si aujourd’hui le non est passé devant, c’est parce qu’une réflexion plus rationnelle a pris le pas sur l‘émotion. Les gens s’interrogent, car si l’on supprime la redevance, on ne sait pas où l’on va.»

Ce que note également René Knüsel, c’est que l’un des arguments du camp du non, soit une redevance qui profite aux Romands et Tessinois, semble paradoxalement mieux compris et mis en avant en Suisse alémanique que dans les deux autres régions. Gare à la riposte

Aujourd’hui, tout le monde dirait donc non à «No Billag»: femmes (64%) et hommes (55%); 18-34 ans (61%), 35-49 ans (56%), 50-64 ans (60%) et les plus de 65 ans (62%). Seuls les sympathisants de l’UDC s’accrochent toujours au oui (73%). «La proportion de oui reste toutefois importante dans les autres partis et est tout de même de 17% chez les socialistes et Verts. L’erreur à ne pas commettre chez les opposants à l’initiative serait de croire que, à un mois et demi de la votation (le 4 mars), c’est gagné. En voyant ce sondage, les pro «No Billag» vont remonter aux barricades.»

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