4 mars: «No Billag»: c’est toujours non à 60%
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4 mars«No Billag»: c’est toujours non à 60%

La tendance du refus se précise pour l'initiative sur la fin de la redevance.

par
Éric Felley
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Le deuxième sondage Tamedia au sujet de l’initiative «No Billag» confirme celui du 19 janvier dernier: le peuple refuserait à 61% le texte, contre 38% et 1% d’indécis. Environ 17 000 personnes ont participé à ce sondage, début février. C’est donc deux points de plus dans le camp du non par rapport au mois passé.

Les différents paramètres ne montrent pas d’évolution notoire, les sympathisants de l’UDC restant les plus favorables à «No Billag» (72%). La proportion est quasi inverse dans les autres partis. Les Romands sont plus enclins à refuser la disparition de la redevance (66% de non), ainsi que les femmes (65%) et les personnes de plus de 65 ans (66%).

Pour Nicolas Jutzet, le président du comité romand en faveur de «No Billag», ces résultats ne remettent pas en cause la poursuite de la campagne. «Le sujet reste très émotionnel. Les sondages sont ce qu’ils sont et je pense que beaucoup de gens n’osent pas dire ouvertement qu’ils vont voter oui. Dorénavant, on doit mobiliser ces 40% qui croient en notre initiative.»

«Aucune volonté de réforme»

Selon lui, depuis que les sondages ont tourné en défaveur de leur texte, les défenseurs de la SSR montrent une certaine suffisance. «On voit déjà que se développe dans le débat une absence de volonté de réformer quoi que ce soit en cas de non. Le clientélisme est énorme autour de la SSR; ses acteurs ne vont pas se remettre en question.»

Ne croit-il pas qu’un bon résultat de l’initiative va obliger les élus à reprendre ce dossier pour réformer la SSR? «Les politiciens disent beaucoup de choses, mais ils sont très liés aux médias. Dès 2019, la SSR aura un budget de 1,2 milliard de francs et la redevance sera de 365 francs. À partir de là, il ne se passera rien. Le conseiller national PDC Martin Candinas (ndlr: GR) le dit lui-même, tout va très bien comme ça.»

«No Billag» à l’heure de l’effet secondaire

Les opposants à la redevance ont du souci à se faire. Sauf énorme surprise, leur initiative, «No Billag», essuiera un refus en votation populaire le 4 mars prochain. Le dernier sondage Tamedia les donne perdants, avec un rejet de 61%.

Dans l’autre camp, la mobilisation semble avoir porté ses fruits. En particulier dans les milieux culturels, où plus de 10 000 personnes ont signé l’appel «No Billag, No Culture.» depuis janvier. Il est bon pour notre démocratie que les artistes et les intellectuels donnent de la voix dans les débats. À ceci près que leur participation massive, cette fois-ci, n’est pas désintéressée.

C’est que la SSR alloue chaque année près de la moitié de son budget à la culture au sens large. Soit pas loin de 750 millions de francs. Dans un monde où chaque centime compte, il n’est pas étonnant que les bénéficiaires défendent leur part du gâteau.

Tout le monde veut une Suisse qui puisse être fière de ses artistes. N’en déplaise aux ultralibéraux, la qualité et le rayonnement se passent difficilement d’une aide publique conséquente. Et donc de l’argent du contribuable. Mais faire de la redevance une subvention culturelle qui ne dit pas son nom n’est pas la solution. Autant pour les artistes, à qui l’on promet quelques minutes d’audience, que pour les collectivités publiques, qui font ainsi l’économie d’une politique culturelle plus ambitieuse. Il est à espérer que la votation sur «No Billag» fasse souffler un vent de réforme non seulement à la SSR, mais aussi dans le financement de la culture. Pas pour avoir moins de soutien, mais autrement.

Simon Koch, Rédacteur en chef adjoint

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