22.12.2017 à 14:35

SuisseNo Billag «trop radicale», selon les cantons

La Conférence des gouvernements cantonaux défend l'offre d'information diversifiée et indépendante, garante du processus démocratique.

Un succès de l'initiative No Billag pénaliserait à coup sûr les Romands, les Tessinois et les Romanches.

Un succès de l'initiative No Billag pénaliserait à coup sûr les Romands, les Tessinois et les Romanches.

Keystone

Les cantons rejettent l'initiative No Billag. Ce texte vise un financement des médias purement commercial. Il pénaliserait à coup sûr les Romands, les Tessinois et les Romanches ainsi que les régions périphériques, estime la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC) dans un communiqué vendredi.

«Les médias de service public tels que nous les connaissons aujourd’hui n'existeraient plus», selon la CdC. L'offre d'information diversifiée et indépendante serait menacée. Or c'est précisément cette indépendance qui est garante du processus démocratique et à la base de la formation de l'opinion.

L'initiative ne remettrait pas seulement en cause l'existence de la SSR, mais également celle de 21 radios locales et 13 télévisions régionales qui ont droit à une quote-part de la redevance. Pour les cantons, elle est «trop radicale».

Un financement fondé sur la publicité amènerait les prestataires à se concentrer sur les régions économiquement fortes, avec pour conséquence de grandes disparités régionales en termes de qualité. Au pire, il n’est pas exclu que certains prestataires privés désertent intégralement certaines régions. Les minorités linguistiques et les régions périphériques seraient les plus touchées.

Impossible pour les cantons

Les cantons ne pourraient pas prendre le relais, que ce soit sur le plan juridique, politique ou financier. La législation sur la radio et la télévision est de la compétence de la Confédération, ce que l'initiative n'entend pas changer non plus. Par ailleurs, toute subvention éventuelle des cantons serait également contraire à l'esprit de l’initiative.

L'initiative «Oui à la suppression des redevances radio et télévision (suppression des redevances Billag)» est soumise au peuple le 4 mars. Elle interdirait à la Confédération de subventionner toute chaîne de télévision ou de radio et de prélever une redevance de réception. Cette dernière fonction ne pourrait pas non plus être déléguée à un tiers.

(ats)

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