Football - Nos cinq jugements sur le groupe A de l’Euro 2020
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FootballNos cinq jugements sur le groupe A de l’Euro 2020

Qu’est-ce qu’on attend de cette poule? Quel joueur va impressionner ou décevoir? Décryptage du groupe de la Suisse à la sauce lematin.ch, avant le début du Championnat d’Europe.

par
Robin Carrel
La génération de Xherdan Shaqiri arrive à son «prime».

La génération de Xherdan Shaqiri arrive à son «prime».

Urs Lindt/freshfocus

Composition du groupe

Turquie, Italie, Pays de Galles, Suisse.

Ce qu'on attend de ce groupe

Que la Suisse se qualifie pardi! D'ailleurs, les joueurs de la «Nati» ne toucheront pas le moindre centime de prime de la part de l'ASF s'ils ne remplissent pas l'objectif minimal imposé par leur Fédération. Sortir d'entrée serait une sacrée désillusion, dans une compétition qui qualifie les deux premiers de chaque groupe, mais aussi quatre des six meilleurs troisièmes. On avait déjà connu tel format lors des Coupes du monde entre 1986 et 1994 et ça n'avait pas forcément été les plus excitantes. Potentiellement, une formation peut passer la rampe avec trois nuls ou une victoire. Voire même moins!

Des Suisses dans la fleur de l’âge.

Des Suisses dans la fleur de l’âge.

AFP

Les Helvètes sont dans la fenêtre de tir idéale d'une génération Shaqiri-Xhaka arrivée à maturité. Ne pas passer la phase de poules serait donc un échec majeur. Ensuite, tout sera possible, comme d'habitude. Mais les Suisses ont passé les dernières éditions à se faire sortir par des sélections pas forcément supérieures et au terme de prestations extrêmement frustrantes. Vont-ils enfin réussir à passer le cap d'un match à élimination directe, pour la première fois depuis 87 ans? Moi je dis que oui.

Ce qu'on n'attend pas de ce groupe

On n'attend pas de cette poule A que l'équipe d'Italie prenne la porte. Car même en étant rapides et enthousiasmants, ils ne prennent pas de buts! La Squadra reste sur deux victoires 7-0 et 4-0, contre St-Marin et la République tchèque. Mieux, malgré son style offensif, elle n'a plus encaissé le moindre but depuis 8 matches (1-1 face aux Pays-Bas) et plus perdu depuis octobre 2018. Elle n'est allée chercher le cuir au fond de ses filets qu'une fois en dix rencontres... Qui a dit que la meilleure défense, c'était l'attaque?

Roberto Mancini et sa troupe semblent invincibles.

Roberto Mancini et sa troupe semblent invincibles.

AFP

La sélection italienne, quatre fois championne du monde et deux fois finaliste malheureuse en Coupe du monde, n'a gagné qu'un Euro: en 1968, à domicile. Le tournoi ne comptait alors que quatre rencontres. L'Italie a passé en finale grâce au tirage au sort, puisqu'elle n'avait pas réussi à battre l'URSS (0-0 ap). En finale, après un premier nul après prolongations (1-1 le 8 juin), il a fallu rejouer la rencontre deux jours plus tard. Cette fois, Riva et Anastasi (2-0) ont donné le titre au pays organisateur. Le dernier «replay» de l'histoire des Euros et la seule finale internationale disputée de cette façon.

Le joueur qu'on attend

Gareth Bale! A force, on a failli croire qu'il n'était plus un joueur de foot, après avoir été borduré au Real Madrid, puis par José Mourinho à Tottenham. Mais le joueur gallois a prouvé lors de la fin de la saison de Premier League, qu'il en avait encore sous le capot. Enfin en santé, le natif de Cardiff a inscrit trois doublés et un triplé entre fin février et fin mai avec son club. Il a terminé sa saison anglaise en ayant marqué un but toutes les 84 minutes en championnat. Une moyenne messiesque!

Gareth Bale lorgne le trou 18.

Gareth Bale lorgne le trou 18.

AFP

L'ancien latéral gauche de Southampton doit encore une année de contrat à son employeur. Enfin, c'est plutôt l'inverse qui est vrai, vu le revenu annuel de l'attaquant: 20'674'466,00 francs suisses annuels. Il ne sera pas retenu dans la capitale espagnole et pas sûr qu'on le revoie sur un terrain de football tout court, après ce championnat d'Europe. Au Pays de Galles, le bruit court qu'il se voit bien bifurquer directement sur une carrière de golfeur professionnel. On dit aussi que son handicap actuel est 3 ou 4. Les connaisseurs apprécieront.

Le joueur qu'on n'attend pas

On n'attend pas Marco Verratti. Mais alors pas du tout. Déjà, comme d'habitude, il a plus fait parler de lui avant cet Euro en étant blessé, puis plus, puis de nouveau... Un jour il ne sera pas disponible pour le début du tournoi à cause d'une blessure au genou droit subie au mois de mai, le lendemain, son sélectionneur Roberto Mancini affirme qu'il «fait des pas de géants». Fatiguant! Il est toujours compliqué de parler de football quand on évoque le milieu du Paris St-Germain. Et il semble tout faire pour ne pas jouer lui non plus.

Verra-t-on Verratti avant le début du tournoi?

Verra-t-on Verratti avant le début du tournoi?

AFP

Son hygiène de vie est régulièrement remise en cause par les suiveurs du club français. Et quand il est enfin sur le pré, il passe son temps à agacer tout le monde, parlant aux arbitres plus qu'il ne fait de tacles et, quand il tacle, prend souvent des cartons jaunes (ou pire) pour antijeu. Non, s'il déclarait forfait, on ne lui en voudrait pas. Aussi parce qu'il peut faire mal à tout le monde dans un bon jour, y compris à la Suisse, si finalement il venait à être miraculeusement rétabli le 16 juin.

La surprise

La Turquie va jouer les demi-finales de l'Euro 2020. Comme en 2008. Les joueurs de Senol Günes sont prêts et mûrs pour l'exploit. Surtout, ils peuvent compter devant sur leur capitaine Burak Yilmaz, qui portera son pays sur ses épaules comme il a emmené son club de Lille au titre de champion de France 2020/2021, au nez et à la barbe du Paris St-Germain. Le vétéran de 35 ans a été décisif quand ça a compté pour les Dogues, avec sept buts lors des sept derniers matches où les Nordistes n'avaient plus de droit à l'erreur.

Quel beau joueur, ce Burak Yilmaz…

Quel beau joueur, ce Burak Yilmaz

AFP

Après un nul arraché d'entrée à Rome contre l'Italie (2-2), la Turquie va battre tranquillement le Pays de Galles (3-1) et partager l'enjeu face à la Suisse (1-1), dans une ambiance de folie à Bakou. 30'000 Turcs vont faire le déplacement de la capitale azérie et les Suisses vont souffrir le martyre pour garder un point en banque. Senol Günes avait failli emmener son pays sur le toit du monde lors de la Coupe du monde 2002. Cette fois, aux commandes de la sélection la plus jeune du tournoi (moyenne de 25,0 ans), il frôlera le sommet de l'Europe, permettant à tout un pays d'y croire jusqu'au début du mois de juillet.

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