Football - Euro 2020: le retour au premier plan des «Oranje» dans le groupe C?
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FootballEuro 2020: le retour au premier plan des «Oranje» dans le groupe C?

Qu’est-ce qu’on attend de cette poule? Quel joueur va impressionner ou décevoir? Décryptage du groupe des Pays-Bas à la sauce lematin.ch, avant le début du Championnat d’Europe.

par
Florian Vaney
Les supporters des Pays-Bas lors de leur venue à Berne en 2008.

Les supporters des Pays-Bas lors de leur venue à Berne en 2008.

Nadia Schweizer/BZ

La composition du groupe

Autriche, Pays-Bas, Macédoine du Nord, Ukraine.

Ce qu’on attend de ce groupe

Le retour au premier plan des Pays-Bas. Cette fois, c’est bon, Wesley Sneijder, Ruud van Nistelrooy et Robin van Persie ne sont plus qu’un souvenir. Un très beau souvenir. Et non plus une amertume d’avoir vu ces footballeurs exceptionnels vieillir. La reconstruction, clairement, ne pouvait pas être plus douloureuse. Deux non-qualifications pour l’Euro 16 et le Mondial 18, résonnant comme autant d’échecs retentissants pour une sélection habituée à tellement mieux. Sauf qu’à présent, la Hollande s’en est relevée. Pas plus forte que jamais, mais très solide quand même.

Getty Images

Les Oranje peinent encore face aux top équipes du globe et du continent? C’est vrai. Ces douze derniers mois, ils ont cédé face à la Turquie et au Mexique, obtenu un point sur deux matches face à l’Italie et tenu en échec l’Espagne. Et justement, cet Euro constitue l’occasion parfaite de sonner l’heure du retour au premier plan. Une phase de poules accessible et des matches devant leurs supporters pour emmagasiner un maximum de confiance et se mettre à rêver, avec l’Ukraine comme sérieux contradicteur, puis un 8e de finale potentiellement plutôt aisé. À partir de là, tout est possible. Non?

Ce qu’on n’attend pas de ce groupe

D’accord, le Red Bull Salzbourg commence sérieusement à faire parler de lui à l’international. D’accord, David Alaba est une brute. Encore d’accord, cette sélection va vraiment finir par peser en Europe. Mais pas encore. Cet Euro, ce n’est pas celui de l’Autriche. Déjà parce qu’il va falloir composer en groupe avec les Pays-Bas et l’Ukraine. Ensuite parce qu’une somme d’individualités ne suffit pas à faire un bon groupe. Une seule victoire en 2021 (face aux Iles Féroé…), une claque reçue il y a deux mois en éliminatoires pour le Mondial au Qatar contre le Danemark (4-0): si les Autrichiens devaient se tirer de ce groupe C, l’obstacle des 8es sera bien trop imposant pour eux.

Le joueur qu’on attend

Parce qu’il n’y a pas que Fabio Celestini qui peut le faire briller, Louis Schaub! Lancé par Marcel Koller en sélection à l’époque, le milieu de terrain (26 ans/20 sélections) n’a jamais été un rouage essentiel, un pion capital de l’équipe d’Autriche. De là à penser que ce Championnat d’Europe va lui permettre de le devenir, il y a un pas risqué à franchir. Mais pourquoi pas? Le Lucernois, en tout cas, devrait avoir sa chance. Il part loin derrière Marcel Sabitzer à son poste, mais le voir entrer en cours de match, voire évoluer aux côtés du joueur de Leipzig en étant décalé à droite ou à gauche, n’a rien d’inimaginable.

Reuters

La Super League est un championnat d’un niveau bien modeste à l’échelle européenne, reste qu’il accueille parfois des footballeurs fort talentueux. Louis Schaub a totalement conquis l’Helvétie ces derniers mois, éblouissant les suiveurs par son sens du jeu et son touché de balle. Une coupe (de Suisse) soulevée, huit buts, dix assists, des louanges de toute part: l’homme est prêt à tirer en avant une Autriche qui en aura bien besoin.

Le joueur qu’on n’attend pas

Andriy Shevchenko. Et on a forcément raison puisque, assis sur le banc de l’Ukraine, l’ancien buteur star du Milan AC ne touchera pas un ballon de la compétition. Reste qu’au contraire, il va amener ses hommes loin dans le tableau. On ne sait pas trop quelle résonance leur défaite hors du terrain face au Covid et à la Suisse en Ligue des nations a eu au pays (l’Histoire ne retenant que les vainqueurs, dans le camp des gagnants, on est vite passés à autre chose…). Reste qu’on peut imaginer le sentiment d’injustice et les envies de revanche. Voilà un tournoi qui arrive à point nommé pour eux.

AFP

Avant le «Covidgate» de novembre dernier, leur premier affrontement contre la Nati avait mis en avant une évidence: en Suisse en tout cas, et sans doute ailleurs en Europe, l’Ukraine est largement sous-estimée. Ce qui traduit la méconnaissance du championnat ukrainien, d’où provient la majorité de l’effectif d’Andriy Shevchenko (réparti aux deux tiers entre le Dinamo Kiev et le Shakhtar Donetsk), mais aussi l’oubli des talents qui portent cette équipe (Oleksandr Zinchenko, Ruslan Malinovskyi…). Comme les Pays-Bas, ses derniers résultats n’ont rien de flamboyants. Comme pour mieux surprendre ces prochaines semaines.

La question

À quoi va bien ressembler la marée oranje? Les mesures sanitaires aux Pays-Bas sont sensiblement les mêmes qu’en Suisse, quoique un peu plus strictes. C’est-à-dire que les grands rassemblements en extérieur ne sont toujours pas les bienvenus. Amsterdam a pu obtenir un passe-droit pour accueillir 16’000 spectateurs lors des quatre matches de l’Euro qui se dérouleront à la Johan Cruijff Arena, mais cela ne suffira évidemment pas à contenter l’impressionnante légion de supporters de l’équipe nationale locale. Partout où elle va, elle laisse une trace unique et suscite le plus souvent une immense sympathie. Et voilà que maintenant qu’elle peut accueillir ses héros à domicile pour une grande compétition, les restrictions la divisent. Mais sera-ce vraiment le cas? Ou les fans néerlandais trouveront-ils le moyen de braver les interdits et de déferler sur Amsterdam?

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