Euro 20 - Nos cinq jugements sur le groupe F de l’Euro 2020
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Euro 20Nos cinq jugements sur le groupe F de l’Euro 2020

Qu’est-ce qu’on attend de cette poule? Quel joueur va impressionner ou décevoir? Décryptage du groupe de la mort à la sauce lematin.ch, avant le début du Championnat d’Europe.

par
Florian Vaney
Antoine Griezmann, Kylian Mbappé, Karim Benzema: la force de frappe française est impressionnante.

Antoine Griezmann, Kylian Mbappé, Karim Benzema: la force de frappe française est impressionnante.

AFP

La composition du groupe

France, Allemagne, Hongrie, Portugal.

Ce qu’on attend de ce groupe

Le retour des parias. Ce groupe de la mort n’en avait pas besoin, mais les choix de Didier Deschamps et de Joachim Löw lui ont donné une toute nouvelle dimension, encore plus savoureuse. Le storytelling du groupe est assez dingue. D’un côté, cette Allemagne qui dira au revoir au mythique Jogi Löw à la fin de la compétition. Sélectionneur de tous les succès, de toutes les critiques aussi depuis 2018 et l’échec bien difficilement avalé de la Coupe du monde, qui a décidé de rappeler les bannis Thomas Müller et Mats Hummels pour son dernier tour de piste. Quinze ans après en avoir repris les rênes, l’Allemand pourrait disputer son… 200e match avec la Mannschaft si finale il devait y avoir pour elle. Le clin d’œil du destin serait magistral.

Thomas Müller est de retour sous le maillot de la «Mannschaft».

Thomas Müller est de retour sous le maillot de la «Mannschaft».

Getty Images

Peut-être autant que si l’équipe de France parvenait à réaliser le même doublé Coupe du monde – Euro qu’il y a vingt ans. Pour forcer la providence, quoi de mieux que de relancer l’un des meilleurs attaquants au monde, au sein de la meilleure offensive du monde? Rien, d’accord. Didier Deschamps et Karim Benzema ont chacun effectué en pas en direction de l’autre et voilà «KB(1)9» prêt à oublier un trou noir de plus de cinq ans pour offrir aux Bleus la chance de tirer un trait définitif sur l’improbable défaite en finale de l’Euro 2016. Ça risque de faire des étincelles.

Ce qu’on n’attend pas de ce groupe

On entend ici que les Français se voient déjà champions d’Europe. Là qu’ils possèdent le même ego démesuré qui les avait menés au fiasco de 2002. Franchement, c’est aberrant.

Déjà parce que, sérieusement, dans quel pays les médias locaux n’encenseraient-ils pas une armada pareille? En Suisse, ailleurs, notre réaction et nos attentes seraient les mêmes. Et puis, surtout, parce que les deux matches que viennent de disputer les Bleus laissent transparaître beaucoup de choses, mais certainement pas de l’arrogance.

Aucun conflit apparent au sein du trio Mbappé – Benzema – Griezmann, aucune guerre visible entre ces trois-là et le reste de l’équipe. Des sourires, de la bonne humeur, le job largement fait sur le terrain: ce qu’on n’attend pas de ce groupe, c’est de l’hostilité et des clashes à l’interne qui mèneraient les champions du monde à leur perte.

Le joueur qu’on attend

Péter Gulacsi. Et c’est peu dire que l’ensemble du peuple hongrois aussi, sachant que le gardien du RB Leipzig devra forcément faire face aux déferlantes de Kylian Mbappé, Cristiano Ronaldo, Leroy Sané, Karim Benzema et autre Timo Werner, pour ne citer que cinq des attaquants de top niveau présents dans ce groupe F. Donner la Hongrie perdante d’avance serait une erreur, reste qu’elle part évidemment avec plusieurs longueurs de retard sur ses adversaires. Dès lors, un exploit des Magyars passera quasi nécessairement par des prestations éblouissantes de leur dernier rempart.

Péter Gulacsi aura de lourdes responsabilités dans les buts de la Hongrie.

Péter Gulacsi aura de lourdes responsabilités dans les buts de la Hongrie.

Getty Images

Ça tombe bien, Péter Gulacsi est ce qu’on appelle un gardien qui donne confiance. Posé dans le discours, exemplaire sur le terrain. Ses talents de portier moderne, impliqué dans le jeu, sont loués à Leipzig. Même si, on en convient, ils sont sans doute plus utiles pour emmener une formation dominante à la 2e place de Bundesliga plutôt qu’une équipe dominée vers une prouesse face aux meilleures sélections du continent. Quoi qu’il en soit, l’intérêt de ce groupe de la mort ne réside pas uniquement dans ses trois équipes les plus glamours.

Le joueur qu’on n’attend pas

Cristiano Ronaldo. On a beau l’envoyer chaque été vers de nouveaux cieux, «CR7» est un habitué à la stabilité. Six ans à Manchester, neuf saisons au Real. Sauf que sa situation à la Juve est loin de se trouver au beau fixe. Il parle (sérieusement) de se casser, après un exercice individuellement bon mais collectivement raté. Cela l’affectera-t-il avec le maillot de la Seleçao sur les épaules? Pas sûr.

Mais il y a autre chose: l’addition des talents dans les rangs lusitaniens. On connaît la propension de Ronaldo à vampiriser le jeu. Et si les très talentueux Joao Felix ou Diogo Jota disaient non? Voulaient eux aussi leur coin de la couverture et leur part de gloire? Il y aura là un équilibre à trouver, ce qui n’a pas forcément été le cas lors des dernières sorties des Portugais. Ce serait une surprise, mais on mise que la déception de ce groupe proviendra de là.

Quel Cristiano Ronaldo verra-t-on?

Quel Cristiano Ronaldo verra-t-on?

AFP

La surprise

Il est à peu près parfait dans son discours depuis trois semaines. Aucune rancœur, aucune colère apparentes, rien. On dit même qu’il aurait appuyé le retour de Karim Benzema en Bleu, s’envoyant ainsi directement sur le banc. Alors Olivier Giroud sera récompensé de son humilité et de son calme. Habitué à ne pas être le chouchou, le buteur de Chelsea passe encore plus inaperçu depuis que l’équipe de France s’est rassemblée, la planète football n’ayant d’yeux que pour la triplette Mbappé – Benzema – Griezmann et l’adoré N’Golo Kanté. Son heure viendra, à l’homme qui chasse le record de buts avec les Tricolores. Pour combler une défaillance du trio magique, pour donner de sa personne en fin de match, pour inscrire une réussite salvatrice dans les dernières secondes, qu’importe. Olivier Giroud ne sera pas qu’un joueur de banc à l’Euro.

Il l’a prouvé mardi contre la Bulgarie, en inscrivant en frappant à deux reprises lors des 7 dernières minutes du match, ses buts numéros 45 et 46 avec la sélection tricolore. Il est devenu à cette occasion le plus vieux joueur de l'histoire (34 ans et 251 jours) à inscrire un doublé lors d'une rencontre avec l'équipe de France.

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