Paris: Notre-Dame: les théories fumeuses pullulent
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ParisNotre-Dame: les théories fumeuses pullulent

Des complotistes attribuent l'incendie à Emmanuel Macron ou à l'islamisme radical. Pourtant la thèse accidentelle est privilégiée.

par
R.M.
Quoi d'autre qu'une conspiration pour expliquer le ravage de Notre-Dame?...

Quoi d'autre qu'une conspiration pour expliquer le ravage de Notre-Dame?...

AFP

Qu'est-ce qui a provoqué l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris? Ou, question plus séduisante encore, qui a causé le sinistre? Comme pour chaque événement majeur, les théories complotistes s'étalent sur les réseaux sociaux. Certains pointent les juifs, les francs-maçons ou un mystérieux «déséquilibré» – qui s'est avéré être une statue… Mais cette fois ce sont surtout deux «thèses» qui sont massivement répandues.

Un coup de Macron

Le président français Emmanuel Macron devait s'exprimer lundi soir et annoncer des mesures en réponse aux manifestations de Gilets jaunes. Notre-Dame en flammes, il y a renoncé. De là à penser que l'État français est responsable de l'incendie pour permettre à Macron de se dérober, il n'y a qu'un pas que certains n'hésitent pas à effectuer.

Sur les réseaux sociaux on pointe ce «hasard qui fait décidément bien les choses». Ou des circonstances «bien commodes» pour le chef de l'État. D'autres posent directement la question: «Un complot de Macron pour éviter de faire son allocution?» Ou avancent d'étonnants arguments. Exemple: les tours du World Trade Center, «en acier, se sont écroulés en cinq minutes». Tandis que Notre-Dame, «tout en bois» a brûlé durant des heures.

Cette thèse complotiste connaît un certain succès chez une minorité de Gilets jaunes. «Le Parisien» rapporte que des pages Facebook liées au mouvement ont même bloqué les commentaires, «fatigués de lire autant de bêtises».

Une attaque djihadiste

Et s'il s'agissait d'une attaque terroriste liée à l'islam radical? Beaucoup ont tenté d'instiller le doute, entre théorie du complot et pure manipulation. Notant par exemple que l'incendie tombe «en début de semaine sainte». Ou pointant une longue liste «attaque antichrétienne».

Des personnalités s'en sont aussi mêlées, avec des amalgames douteux. «C'est un peu le 11 septembre français», a osé Philippe Karsenty, élu de Neuilly, sur Fox News. «L'Église catholique est la cible aujourd'hui d'un choc des cultures, des civilisations, plus singulièrement la cible de l'islam politique», a glissé Ivan Rioufol, éditorialiste au «Figaro». Quant à l'ancien secrétaire d'État belge à l'Asile et aux Migrations Theo Francken il a fait un parallèle entre l'incendie de Notre-Dame et les destructions «des plus anciens monastères et sanctuaires du christianisme en Syrie» par Daech.

Dans les milieux identitaires, de l'extrême droite ou sur la fachosphère, certains ne s'embarrassent pas de beaucoup de précautions. «Notre-Dame de Paris en feu: pourquoi un attentat musulman est fort possible» titre par exemple Riposte Laïque.

La réalité?

En fait on ne connaît pas l'origine de l'incendie. Et peut-être ne la connaîtra-t-on jamais car le brasier est manifestement parti des combles, qui «ont été largement détruits, ce qui laisse peu d'espoir d'y retrouver des preuves matérielles», note «Le Monde». Reste que la piste de l'accident est privilégiée. Le parquet de Paris a d'ailleurs ouvert une enquête pour «destruction involontaire par incendie».

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