Paris: Notre-Dame: un expert s'inquiète des tempêtes

Publié

ParisNotre-Dame: un expert s'inquiète des tempêtes

Un professeur spécialiste de mécanique craint pour la résistance de la structure de la cathédrale incendiée face à des vents violents.

1 / 44
Un office sera célébré le 16 avril 2024 à Notre-Dame de Paris, soit cinq ans après l'incendie, promettent les autorités. (Lundi 16 décembre 2019)

Un office sera célébré le 16 avril 2024 à Notre-Dame de Paris, soit cinq ans après l'incendie, promettent les autorités. (Lundi 16 décembre 2019)

AFP
Une cinquantaine d'ouvriers ont repris lundi les travaux de sécurisation de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée en partie par un incendie. Le chantier était interrompu depuis le 25 juillet en raison des risques de contamination au plomb. (19 août 2019)

Une cinquantaine d'ouvriers ont repris lundi les travaux de sécurisation de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée en partie par un incendie. Le chantier était interrompu depuis le 25 juillet en raison des risques de contamination au plomb. (19 août 2019)

AFP
En raison de l'exposition au plomb, le chantier est suspendu. (vendredi 26 juillet 2019)

En raison de l'exposition au plomb, le chantier est suspendu. (vendredi 26 juillet 2019)

AFP

La résistance de la structure de la cathédrale Notre-Dame de Paris à des vents violents a nettement diminué depuis l'incendie qui l'a ravagée il y dix jours, s'est inquiété jeudi le professeur Paolo Vannucci, spécialiste de mécanique et bon connaisseur du bâtiment.

«On a mesuré une diminution de 60% de la résistance au vent. La structure a changé. Une partie de cette structure n'existe plus, la toiture a disparu, ainsi qu'une partie de la voûte. Cet effondrement d'une partie de la voûte a causé les dommages les plus importants» pour l'équilibre du bâtiment gothique, a souligné à l'AFP M. Vannucci, qui est professeur de mécanique à l'Université de Versailles et explique avoir utilisé un modèle numérique pour procéder à des simulations.

Vent critique dès 90 km/h

L'ingénieur, qui avait réalisé en 2016 un rapport sur les risques d'incendie à Notre-Dame, calcule dans le magazine spécialisé «Batiactu» qu'avant l'incendie, «la vitesse des vents critiques que pouvait supporter la cathédrale était de 222 km/heure» et qu'elle «n'est plus que 90 km/heure aujourd'hui».

Il n'a pas exclu qu'«une violente tempête puisse, en l'état actuel, entraîner l'effondrement d'une partie du clair-étage», c'est-à-dire la rangée supérieure des murs de la nef ornée de vitraux, tout en soulignant qu'il s'agit de simples hypothèses tant que les données précises ne sont pas précisément connues sur l'état de la structure.

Cathédrale très fragilisée

«Notre-Dame a réellement perdu de sa capacité de résistance. Les voûtes ont été exposées à des hautes températures, et les pierres et mortiers ont subi des dommages», ce qui fait que «la résistance en compression a été amoindrie», affirme cet expert.

La fragilisation du monument doit être évaluée sous toutes les coutures par les experts avant tous travaux. Le feu et l'eau ont eu des effets fragilisants et corrosifs qui peuvent perdurer ou se manifester à long terme. Une des priorités absolues est la mise hors d'eau et le séchage. Le bâchage intérieur et extérieur a débuté mardi.

(AFP)

Ton opinion