Hockey sur glace - «Notre effort était suffisant pour battre d’autres équipes»

Publié

Hockey sur glace«Notre effort était suffisant pour battre d’autres équipes»

Face à l’EV Zoug, le HC Ajoie a fait ce qu’il a pu vendredi soir, ça n’a pas été suffisant pour autant. Ça le sera peut-être contre Genève-Servette ce samedi.

par
Julien Boegli
Gary Sheehan espère voir son équipe rebondir contre Genève-Servette.

Gary Sheehan espère voir son équipe rebondir contre Genève-Servette.

Martin Meienberger/freshfocus

«Notre effort était suffisant pour battre d’autres équipes.» La phrase lâchée par Gary Sheehan au sortir de ce 16e échec de l’automne dit tout. Son HC Ajoie a produit un match solide qui lui aurait certainement permis de l’emporter contre une autre opposition. Pas ce Zoug là. «Après lui avoir pris deux points fin septembre chez elle, on s’attendait à ce que cette équipe vienne fort», poursuit l’entraîneur québécois.

Ça n’a pas manqué. Les Zougois, qui en sont à huit victoires de suite, ont abordé ce duel avec tout le sérieux qui s’impose. Ce qui n’a évidemment pas arrangé les affaires jurassiennes. «Ils ne nous ont pas pris à la légère, avec Genoni dans les goals et cinq étrangers sur la glace, des gars confirmés.» C’est un adversaire au format champion de Suisse qui s’est présenté à Porrentruy. Pas en mode cool et décontracté.

Ajoie n’a pas à rougir de ce revers. «Il était important de tenir le début de match. On n’a pas eu énormément de possibilités (17 à 38 au niveau des tirs), on a vu la différence dans l’exécution. Néanmoins, on n’a pas été débordés défensivement. On a plus été embêtés avec leurs contre-attaques rapides. Mais, dans notre zone, on a tenu. Au final, on concède deux buts sur des offensives menées depuis la zone neutre.» Soit un régal de goal concocté par Marco Müller à la demi-heure et une réussite un peu plus heureuse de Samuel Kreis à un quart d’heure du terme.

Sheehan relève simplement les petites différences qui ont parlé en défaveur de son collectif. Pas de critique ni d’agacement dans sa voix. L’effort fourni aurait pu permettre de remporter un cinquième succès cette saison. Contre d’autres peut-être, mais pas le champion en titre.

Faire douter Genève

Le vice-champion, alors? S’il parvient à rééditer pareille performance samedi soir, cela pourrait suffire aux Vernets. Gary y croit: «Cette équipe n’a pas la stabilité qu’elle devrait avoir. Il faudra y aller, la faire douter. On n’a rien à perdre.» Un onzième match en douze sorties, si. Mais au point où en est le néo-promu…

Ajoie a disputé vendredi sa deuxième rencontre de championnat avec quatre renforts étrangers à la faveur du prêt de François Beauchemin des Ticino Rockets. Pour sa deuxième pige en National League, l’attaquant québécois a fait ce qu’il a pu, comme ses partenaires d’un soir. Sans résultat concret en bout de ligne.

A Genève, Ajoie retrouvera un alignement plus habituel, à trois «importés» (Devos-Fortier-Wännström). Initialement espéré cette fin de semaine, le retour au jeu du défenseur Jérôme Leduc ne se fera toujours pas. Tout comme celui de Guillaume Asselin. «On pensait récupérer Jérôme, c’est vrai», confirme le coach de Porrentruy. Alors? «On a déjà assez souffert à deux ou trois étrangers. Vaut mieux attendre qu’il ait une bonne semaine d’entraînements dans les jambes. On le retrouvera le 16 après la pause, c’est certain.»

On le croira quand on le verra. «On parle d’une blessure qui n’était pas loin d’une hernie discale. Quand le terme est sorti, on a décidé qu’on l’alignerait seulement après une totale guérison.» Guillaume Asselin est lui également remis de ses adducteurs douloureux. Là aussi, pas de retour au jeu avant le 16 novembre. «On verra d’ici là comment ils auront supporté une semaine de pratique.»

«Il faut en tirer les leçons pour la saison prochaine»

Gary Sheehan

Si les plans se concrétisent, alors Gary Sheehan aurait cinq étrangers à disposition pour le déplacement d’Ambri dans dix jours. «Ce sera le luxe. Il s’agira simplement de trouver les bons éléments à placer le bon soir.» Pendant qu’on y est, si les dirigeants bruntrutains pouvaient profiter de cette coupure pour offrir une prolongation de contrat jusqu’au terme de la saison à Maxime Fortier (son entente porte pour l’heure jusqu’à la fin de l’année). Non pas seulement en prévention de nouveaux pépins, mais simplement parce que l’impact offensif et l’engagement incessant du Montréalais est un élément bienfaisant dans le jeu ajoulot.

Durant les dix jours sans compétition, le coaching staff de Porrentruy travaillera à remettre de l’ordre dans un puzzle «qui a été complètement chamboulé dès le départ», convient Sheehan. «Quand ton Top 10 se retrouve touché comme cela a été le cas chez nous, c’est compliqué. On a été totalement déstabilisés. On ne refera pas le monde, évidemment, cela fait partie de notre apprentissage. Il faut en tirer les leçons pour la saison prochaine.» Comme chercher à renforcer son secteur «joueurs helvétiques». «Avec cette promotion intervenue fin avril, on n’a pas eu le temps de tout prévoir», rappelle à juste titre le technicien de 57 ans.

Alors que les prolongations de contrat et les engagements commencent à fleurir un peu partout dans les organisations de National League depuis deux semaines, la direction jurassienne reste pour l’heure silencieuse. Dix jours sans compétition, n’est-ce pas là la bonne occasion de sonder avec attention le marché?

Ton opinion