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TestNous avons cherché un cerveau… dans une brosse à dents

Dans la série le futur est en marche, il nous a été donné l’occasion de tester une brosse à dents électrique «intelligente». Notre émail en est encore tout attendri.

par
Jean-Charles Canet
Dentifrice, ok. Brosse à dent, ok. Smartphone? ça c’est nouveau.

Dentifrice, ok. Brosse à dent, ok. Smartphone? ça c’est nouveau.

DR

«Seriez-vous intéressés de tester notre nouvelle brosse à dents électrique? Vous verrez, il y a de l’intelligence artificielle dedans». Voici en substance la proposition – pas indécente mais au moins incongrue et indéniablement insolite – qui nous fut faite dans le courant du mois de novembre. L’aimable solliciteur ayant prononcé les deux mots magiques («intelligence» et «artificielle») à même d’appâter tout chroniqueur normalement constitué de nouveautés high-tech, cette proposition, nous n’avons pu la refuser. Nous voilà donc testeur d’un nouvel accessoire d’hygiène buccale que nous avons méthodiquement appliqué sur des surfaces que nous connaissons bien, les nôtres. Ce qui nous a permis de vérifier une fois de plus que nous sommes bien un homme du XXIe siècle.

On déballe

Après avoir déballé l’objet, l’avoir posé sur son support (recharge par induction, comme de bien entendu) et longuement contemplé (car c’est toujours émouvant, une première charge), nous sommes donc partis à la recherche du Saint-Graal soit un cerveau dans une brosse à dents. Une longue quête semée d’embûches qui nous permit au moins de faire connaissance en long, en large et en travers: ce modèle, de marque Oral-B, est affublé du petit nom «iO». Io, en référence à l’une des nombreuses maîtresses de Zeus? À l’une des lunes de Jupiter? Ou à un langage de programmation? La rationalité nous fait pencher vers la programmation, mais nos goûts nous portent vers le satellite de la géante gazeuse. C’est pourquoi on opte pour la compagne d’un dieu grec, par pur esprit de contradiction.

Ali Baba et les 250 brevets

Lors de notre traversée nous avons appris que la mise au point de cette brosse à dents électrique a été accompagnée du dépôt de quelque 250 brevets à travers le monde. Il nous a été aussi donné de savoir que ce qui fait vibrer la brosse est d’origine magnétique (et non plus mécanique) qui garanti que «l’énergie est transférée très précisément jusqu’à l’extrémité des poils» Et ça, il faut bien le dire, on en a toujours rêvé de voir des poils ainsi «énergisés».

Circulez, il y a à voir

On a découvert par la même occasion que l’objet était équipé d’un capteur de pression: si on appuie trop fort, un anneau lumineux passe au rouge, pas assez, il reste violet, juste comme il faut, il s’affiche en vert.

On a pu enfin observer que, sur son petit écran couleur, la brosse nous disait «bonjour» en français, ce qui est bien poli, avant d’afficher le pictogramme du mode présélectionné par défaut, soit «Daily Clean», ce qui manque d’élégance. On ne se battra pas pour ça, cela dit. Surtout parce que le programme de massage de langue – baptisé «Tongue Clean» – nous a mis en joie.

Où sont les neurones?

C’est bien joli tout ça, mais à ce stade de notre exploration, l’IA on la cherchait toujours. On l’a découverte une fois notre brosse couplée à notre smartphone. Oui, oui, on peut, on doit même; sinon ce n’est pas du jeu. L’appairage en Bluetooth se fait une fois pour toutes, guidé par une application (iOS ou Android) que l’on aura préalablement téléchargée. Ensuite, il est conseillé avant tout brossage de poser son smartphone sur une quelconque surface plane de la salle de bains, de lancer l’application, puis d’allumer la brosse. L’app et l’objet se font «coucou», le brossage peut commencer. Cela dit, repasser en mode «geek» à l’heure ou les grands fauves vont dormir (surtout s’ils ont bu) et/ou à leur réveil (surtout s’ils ont la gueule de bois), cela ne va pas forcément de soi. Mais on digresse.

Mission accomplie, toutes les surfaces de notre dentition ont été correctement couvertes nous dit l’IA de la brosse à dents.

Mission accomplie, toutes les surfaces de notre dentition ont été correctement couvertes nous dit l’IA de la brosse à dents.

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Lors du brossage, c’est devant nos yeux ébahis – et la bouche un tantinet baveuse, mais pas pour les mêmes raisons – que nous découvrons le cerveau du bestiau: sa capacité à repérer dans l’espace sur quelle partie de notre dentition la brosse s’applique et d’en faire une représentation en direct dans l’application. Les parties couvertes passent alors du grisé au blanc puis du blanc au blanc éclatant. Et lorsque toutes les zones du schéma se mettent à vous éblouir (métaphoriquement, évidemment), vous pouvez arrêter la session. Chapeau Einstein.

Face à cet exploit, les autres prestations mémorisées dans l’application nous ont paru bien plus attendues, elles ont pourtant le mérite d’exister: historiques, indication de la date de remplacement de la brosse et «gamification» à tous les étages avec attribution de médaille quand on est un bon petit soldat…

Reste une question essentielle, peut-on vraiment affirmer qu’il y a un cerveau dans cette brosse à dents? Pour notre part, afin de nous en persuader définitivement, on a demandé à iO de nous couler un bain et de nous préparer un café. Vous savez quoi? Cette dernière a catégoriquement refusé. Alors soit nous n’avons pas mis les formes, soit le petit personnel n’est plus ce qu’il était, soit notre compagnon de salle de bains à l’intelligence d’une amibe. On ne voit pas d’autres explications.

Modèle testé: Oral-B iO 9N. Prix indicatif: 299 francs.

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