Béa Johnson: «Nous menons une vie plus riche»
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Béa Johnson«Nous menons une vie plus riche»

Consommer différemment pour ne pas produire de déchets. Un mode de vie qui séduit. Son initiatrice parcourt le monde pour en parler. Elle s'arrêtera à Pully (VD).

par
Sandra Imsand
Incroyable, les déchets produits par la famille de Béa Johnson sur une année sont contenus dans un bocal de 1 litre!

Incroyable, les déchets produits par la famille de Béa Johnson sur une année sont contenus dans un bocal de 1 litre!

Sebastien Micke/Paris Match/Gettyimages

La veille de l'interview, une chaîne télévisée visitait son intérieur. Un événement habituel pour Béa Johnson et sa famille. En effet, depuis 2010, ce ne sont pas moins de quarante équipes de tournage du monde entier qui sont venues la filmer. C'est que le mode de vie de la Française installée dans la région de San Francisco intrigue. Béa Johnson pratique le zéro déchet, philosophie qui consiste à ne plus générer (et donc jeter) de déchets grâce à cinq règles: refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter.

«Nouveau messie de l'écologie»

Depuis qu'elle s'est lancée dans cette aventure, la mère de deux ados détaille sa démarche à travers un blog et des réseaux sociaux. Véritable phénomène, elle a également écrit un best-seller mondial. Le «New York Times» l'a surnommée «prêtresse de la vie sans déchet», «Paris Match» l'a baptisée «nouveau messie de l'écologie».

Pourtant, Béa Johnson ne se considère pas comme une fervente défenseuse de l'environnement. «Nous n'essayons pas d'être la famille la plus écologique du monde. Nous nous sommes lancés pour des raisons environnementales, certes, mais si nous restons sur ce chemin, c'est parce que nous nous sentons mieux, nous vivons mieux. Une vie plus riche basée sur les expériences plutôt que les choses.» Une simplicité volontaire que Béa Johnson a rendue enviable. Pour faire passer son message, Béa Johnson donne des conférences dans le monde entier. Cet automne, elle s'exprimera au Brésil, en Martinique, au Québec, en Allemagne, en France, en Belgique… et en Suisse romande. Elle viendra le 3 décembre à Pully (VD).

Des économies conséquentes

Dans ses interventions, elle encourage le public à intervenir. «Je n'ai rien à cacher, aucune question ne me fait peur!» Une ouverture totale et un discours sans tabou qui expliquent sa popularité. Que retiennent les gens de son style de vie? «Le fait que nous ne produisons qu'un bocal d'un litre de déchets par an avec ma famille.» Autre aspect qui attire l'attention: les économies. Conséquentes, puisqu'elles s'élèvent à 40%. Selon la Française, s'il ne fallait retenir qu'une leçon de la démarche zéro déchet: acheter est un acte politique. «Nos choix renforcent une pratique, durable ou non. Quand on achète un produit emballé, on dit au fabricant qu'on adore le plastique.» Chaque personne compte. «Avant notre aventure, mon mari pensait qu'on ne pourrait rien changer. J'ai pu lui prouver le contraire. C'est le consommateur qui dirige la fabrication.»

Béa Johnson en conférence le 3 décembre à Pully. Infos et inscriptions

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Ses déchets dans un bocal d'un litre

Quels déchets ont donc bien pu être jetés par la famille Johnson en 2015? C'est le 15 octobre que le bocal en verre de 1 litre dédié à cet usage a été fermé. «Notre année dure du 16 octobre au 15 octobre de l'année suivante», explique la Française. On y trouve notamment des restes de réparation électrique, les vieux joints de derrière l'évier de la cuisine, des étiquettes de fruits et légumes, un sparadrap suite à une vaccination d'un des fils – «Nous n'avons pas eu le temps de réagir que le médecin l'avait déjà collé» – et la coque cassée d'un téléphone portable, «c'était du silicone et je n'avais malheureusement pas fait attention». Une bonne année, puisque le bocal n'est qu'à moitié plein. «Je suis contente, il reste pas mal de place. Bien plus que l'an dernier.» Ce bocal, Béa Johnson le prendra avec elle durant ses prochaines conférences pour renforcer son message.

Le nouveau bocal pour 2016 a déjà accueilli ses premiers déchets: le dos de l'autocollant de la plaque de voiture des Johnson (en Californie, les plaques d'immatriculation se changent régulièrement) ainsi que des étiquettes de fruits et légumes.

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