Berne: «Nous n'avions pas encore assez conscience de la situation»
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Berne«Nous n'avions pas encore assez conscience de la situation»

Vendredi, Sidney Kamerzin (PDC/VS) avait annoncé qu'il renonçait à siéger la troisième semaine à Berne. Il est désormais soulagé: ses collègues ont fini par abandonner aussi.

par
lematin.ch
Pour Sidney Kamerzin (PDC/VS), continuer de siéger à Berne était devenu totalement contradictoire avec les mesures prises pour protéger la population. A commencer par son entourage.

Pour Sidney Kamerzin (PDC/VS), continuer de siéger à Berne était devenu totalement contradictoire avec les mesures prises pour protéger la population. A commencer par son entourage.

Gaetan Bally, Keystone

Vendredi, le conseiller national Sidney Kamerzin (PDC/VS) avait pris la décision de ne pas retourner à Berne pour la troisième semaine de la session de printemps du Parlement, quoi qu'il arrive: «Avec ce que l'on demande à la population, il n'était plus défendable d'aller au Conseil national, où les gens viennent de toute la Suisse et où l'on siège les uns à côté des autres durant toute la journée.»

Tant de monde sur les terrasses...

Les uns à côté des autres, un peu comme sur les terrasses, en ce dimanche ensoleillé: «En passant à Sion et à Sierre cet après-midi, relate le Valaisan, j'ai été très surpris et inquiet de voir autant de monde sur les terrasses. Beaucoup de gens semblent encore inconscients de ce qui se passe.»

Préserver son entourage

Après l'annonce des mesures par le Conseil fédéral, les instances du Parlement avaient cependant décidé de continuer coûte que coûte. Lundi 9 mars, le plénum avait balayé la motion d'ordre de Thomas Aeschi (UDC/ZG), qui demandait d'interrompre la session. Seuls 13 parlementaires l'avaient soutenue. «Finalement, il était un peu précurseur, admet aujourd'hui Sidyey Kamerzin, mais nous n'avions pas encore assez conscience de la situation. Vendredi, j'étais seul à défendre la position de renoncer à siéger, ce n'était pas évident vis-à-vis de mes collègues. Mais je l'ai fait aussi pour préserver mon entourage et pour que le virus ne circule plus.»

Une leçon d'humilité

A Berne, beaucoup de parlementaires espéraient pouvoir finir la loi sur la rente-pont avant la votation du 17 mai sur la libre circulation des personnes. La dégradation de la situation en Suisse durant le week-end a fait sortir le Parlement de sa bulle. L'évolution de l'épidémie a fini par avoir raison des chefs de groupe qui s'accrochaient à cette idée que le Parlement était «comme un capitaine qui n'abandonne pas le navire».

Le coronavirus finit par ramener tout le monde au même degré d'humilité.

Eric Felley

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